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British Med. Journ

M.-A. Rurrer et M. CRENDIROPOULO.

L. Rogers (!) a pratiqué les injections intrapéritonéales. Malgré quelques . heureux résultats qu’il a eus, surtout chez les enfants, l’auteur a abandonné cette méthode difficile à appliquer. |

Injections intraveineuses. — Employées pour la première fois par Lata et Mackintosh à Edimbourg en 1852, par Duchaussoy en 1855, par Colson . de Beauvais et Lorain en. 1866, par Dujardin-Beaumetz en 1873, les injections intraveineuses ont été reprises systématiquement en 188% par Hayem, qui en a posé les principales indications. Le liquide dont il se servait était le suivant

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D'autres solutions ont élé préconisées ; la plus simple est la solution 1s0tonique du chlorure de sodium à 7 pour 1000. Le liquide, quel qu'il soit, doit être stérilisé à l’autoclave, ou, à son défaut, par une ébullition de 20 minutes. Au moment de l'injection sa température doit être comprise entre 38° et 40. L'appareil dont on se servira sera un bock laveur ou un flacon à tubulures, à l’intérieur desquelles sera adapté un tube de caoutchouc muni d'une aiguille. Le toutsera soigneusement stérilisé. Comme lieu d'injection, on choisira une des veines du pli du coude, la veine saphène interne au-dessus de la malléole ou toute autre veine superficielle et bien apparente. La quantité de liquide injecté sera de 1 à 2 litres et sa vitesse d'écoulement de 1 litre par 15 à 20 minutes.

Les effets des injections intraveineuses sont surprenants. À peine on a injecté trois quarts de litre qu'on croirait assister à une résurrection ; l'œil reprend son expression, le pouls se relève, la respiration devient plus ample et la peau cyanosée prend une teinte rosée ou rose violacée. Malheureusement, ces effets ne sont pas durables et, dans les cas un peu graves, on est. obligé de reprendre les injections au bout d’une à deux heures. Hayem donnait deux injections par jour, à Hambourg on en pratiquait 5 ou 6. Lesageest arrivé jusqu à 12 injections par jour et Le Dantec a administré à 9 malades des injections continues, jusqu'au rétablissement de la diurèse (?). |

Malgré les bons résultats immédiats, ce traitement ne diminue pas la mortalité. Hayem donne dans sa statistique 50 guérisons pour 100 malades. traités, Galliard 29, Lesage 40; à Hambourg, les guérisons ont été de 25 pour 100, aux Indes, entre les mains de Wall, de 30 pour 100 et entre celles de L. Rogers de 49 pour 100; en Russie, Vassiliana compte 58,7 pour 100 de guérisons en 1909, et à Manille, Nichols et Anderson enregistrent 56,8 pour 100; cest le chiffre de guérisons le plus élevé, obtenu jusqu’à aujourd'hui. Pr

L. Rogers, devant ces résultats peu brillants, a serré la question de plus près, et a recherché la cause de la faillite d’un traitement qui paraît logique et dont les effets immédiats sont vraiment merveilleux. Il a cru la trouver dans la raison suivante : la quantité des sels du sang, déjà diminuée par le

F-Locrcit 2. Ann. d'hyg. et de Méd. coloniale, n° 1, 1911.

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flux intestinal, se trouve réduite encore davantage par l'effet des injections isotoniques qui activent l'élimination à travers l'intestin endommagé. Pour empêcher la chute de la teneur en sels du plasma sanguin, il recommande les injections salines hypertoniques. La composition du liquide dont il se sert est la suivante :

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L'addition de deux derniers sels fait que les trois chlorures sont dans la même proportion que dans le liquide de Ringer: Plus tard, en vue d’augmenter l’alcalinité du sang considérablement. diminuée, L. Rogers à ajouté au liquide 2 pour 100 de bicarbonate de soude. La solution doit être filtrée sur coton et bouillie pendant 15 minutes.

La température du liquide à injecter doit être réglée sur la température rectale du malade. Si celle-ci oscille autour de la normale on chauffera le liquide un peu plus que la température du corps, si elle est au dessous, on le chauffera à 38° ou 40°. Mais, par contre, si la température rectale du malade est beaucoup plus élevée que la périphérique, la solution sera administrée sans être chauffée et mème légèrement refroidie. L'observation de la température rectale à une importance capitale, car c’est seulement en se guidant sur celle-ci qu'on pourra éviter une réaction fébrile très forte et dangereuse.

La quantité de la solution à administrer dépend de deux facteurs importants : la densité et la pression du sang. Ordinairement, dans les cas sévères avec collapsus, 2 litres en moyenne suffisent pour un adulte; pour les cas plus graves la quantité doit être augmentée. Si la densité du sang est audessus de 1065, la dose sera poussée jusqu'à 2 litres 1/2 et même davantage jusqu'à ce qu'elle arrive à 1050; toutefois, on interrompra l'injection au moindre symptôme dénotant un œdème commençant des poumons ou une circulation embarrassée.

La vitesse de l'injection doit varier selon les cas. Quand l’algidité est marquée, 1l faut aller vite et injecter environ un litre par 10 minutes, tout en ayant soin de ralentir la vitesse quand le malade se plaint de mal de tête ou d’oppression. Dans les cas plus légers, on procède plus lentement, en injectant un litre par 15 ou 20 minutes. Dans beaucoup de cas, une seule injection est suffisante; mais quand le pouls redevient filiforme et que la pression sanguine tombe au-dessous de 70 millimètres, 1l ne faut pas craindre d’administrer une seconde injection et la répéter toutes les fois que la nécessité le réclame.

Nous avons déjà dit que, depuis quelques années, L. Rogers a adjoint aux injections intraveineuses hypertoniques le traitement interne par le permanganate de potassium. Son but était, non seulement de détruire le vibrion, mais, en même temps, de neutraliser par oxydation les toxines qui, absorbées au moment où la circulation devenait plus active, provoquaient de nouveau tous les symptômes alarmants. Par ce traitement, que le savant professeur n’a cessé de perfectionner, il est arrivé à des résultats très encou-

M.-A. Rurrer et M. CRENDIROPOULO.

rageants puisqu'il a pu réduire la mortalité, de 59 qu'elle était avec les injections isotoniques rectales ou sous-cutanées, à 19,1 pour 100 et même à 14,9 pour une dernière série de 288 cas(!). Plusieurs autres médecins aux Indes ont pu confirmer ces résultats.

Traitement sérothérapique. — Pfeiffer et Isaëff s’appliquèrent à obtenir un sérum actif contre le choléra en traitant les animaux par des injections répétées de cultures tuées par la chaleur ou le chloroforme. Fedorow, Pavlowski et Buchstab, Schurupoff, Macfadyen et autres ont également préparé des sérums semblables. D'un autre côté, Metchnikoff, Roux et Salimbeni, Kraus et dernièrement Pottevin ont produit des sérums en injectant aux animaux des toxines solubles.

Ainsi il y a deux espèces de sérums contre le choléra, les anti-endotoxiques et les antitoxiques. Mais ces nouveaux agents thérapeutiques ne sont presque pas sortis du domaine du laboratoire et les essais entrepris, pendant les dernières épidémies européennes, ne-sont ni nombreux n1 probants.

Le sérum de Macfadyen, essayé sur 9 cholériques, a donné à guérisons. Berdnikoff, sur 20 cholériques traités par le sérum de Schurupoff, a eu 65 pour 100 de guérisons; Galler, qui a traité à Saratow 15 cholériques avec le même sérum, a eu une mortalité de 77 pour 100 :Kusnetzoff, à Rostow, a . eu 85 pour 100 de morts; Slulern, dans une première série, a eu 45 morts sur 100 traités et, dans une seconde, 17 seulement; Hundôgger, qui a essayé le sérum de Krauss sur 38 malades, en l’administrant à la fois par la bouche, sous la peau et dans les veines, n’a remarqué aucune influence sur l'issue de la maladie; les médecins de l’hôpital Sainte-Marie Madeleine, à Saint-Pétersbourg, ont eu une mortalité de 60,4 pour 100 chez les malades traités par le sérum. re

Nous reproduisons le nombre des cas injectés en Russie par les sérums Schurupolf, Kraus et Salimbeni, d’après un rapport adressé au Ministère de l'Intérieur de Russie par une commission de médecins, nommée à céteffet().

Sérum Salimbeni. . . . . 100 cas traités. 61 morts. (61 pour 100) TER rate ere ete 185 —— 19 EE (54 — ) — Schurupoff . . . . 381 . 194; (50,9 — )

616 cas traités. 327 morts. (55,3 pour 100)

Comme on le voit les résultats restent bien au-dessous de ceux obtenus par le traitement de L. Rogers. |

Période de réaction. — Le traitement variera suivant la forme qui prédominera pendant cette période. Si celle-ci est régulière, on donnera simplement des boissons fortifiantes et l’on veillera à ce que l’alimentation soit progressive; à chaque menace de retour d'algidité, on reprendra le traitement approprié à cette période. Si la diarrhée persiste, on ne la traiïtera pas; dans les cas d'hyperpyrexie on administrera par le rectum 500 c. ce.

d’eau physiologique glacée, et on pratiquera des affusions froides. Les

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