Saw. Anal. Bull. Institut Past
DIAGNOSTIC. Fase-EFE = 17
ou l’autre des affections que nous signalerons plus loin. Seule, l’apparition précoce d’un symptôme révélateur, comme les localisations sur le testicule, les nerfs périphériques ou les articulations (ces dernières déjà moins spéciales), mettra éventuellement sur la voie du diagnostic.
Plus tard, quand la maladie est confirmée, et son évolution classique, l’ensemble des symptômes revêt un cachet assez particulier; lorsqu'on voit associés la fièvre continue à type ondulatoire, les sueurs critiques, l’anémie, la constipation, lorsque surtout viennent s’y joindre des névralgies, l'orchite ou des arthropathies, lorsqu’enfin il n'existe par ailleurs aucune manifestation qui explique ou qui défigure cette symptomatologie bien spéciale, un diagnostic de présomption peut et doit être porté. C’est d’ailleurs ainsi que les faits se présentent dans la majorité des cas; et nous ne pouvons accepter, comme on l’a proposé, que « la caractéristique de la fièvre de Malte est de n'en point avoir. » Au sens strict, nul symptôme n'est caractéristique d'aucune maladie; isolés, les signes de la mélitococcie sont sans valeur; associés au contraire, comme c’est la règle, ils constituent un ensemble qui doit s'imposer à l'attention.
Devant la maladie constituée, le clinicien peut toutefois hésiter entre la fièvre de Malte et nombre d’autres infections, surtout si l’un ou l’autre des grands symptômes fait défaut et se montre atypique.
Au premier rang, il faut mentionner le groupe des septicémies médicales, groupe hétérogène au point de vue éliologique, mais singulièrement voisin de la mélitococcie au point de vue clinique. Tout peut y être : la fièvre continue, les sueurs, l’anémie, la constipation, l’orchite, les névralgies, les arthropathies, et la fièvre, dans un nombre imposant de cas, peut revêtir le type ondulatoire, prolongé pendant des mois. Cette allure pseudo-mélitococcique est particulièrement fréquente dans les septicémies gonococciques, elle peut se voir également dans les septicémies méningococciques, streptococciques, et d’autres encore. C'est surtout avec ce groupe d'infections — dont on ne parle généralement pas — que la confusion est possible, parfois inévitable, les épreuves de Laboratoire étant seules susceptibles de donner une indication précise.
À ce groupe des septicémies médicales nous rattacherons les psewdorlumatismes infectieux : ce sont d’ailleurs, eux aussi, des septicémies, avec manifestations articulaires prédominantes. L’exubérance même de ces dernières suffit en général à éviter la confusion avec les arthropathies méditerranéennes, généralement légères et peu extensives.
Dans leurs formes normales, les fièvres typhoïdes et les infections paratyphoïdes ne peuvent donner le change : si la fièvre, la céphalée régressive, la splénomégalie sont présentes, il existe en outre souvent de l’insomnie, de la diarrhée, 1l n’y a pas de sueurs, pas de grosse anémie; on trouve surtout des taches rosées.
Il existe par contre des formes atypiques plus délicates : ce sont les fièvres typhoïdes à forme sudorale, décrites d’abord par Jaccoud, puis par Borelli. Ce cadre nosologique, décrit il y a quelque temps déjà, avant que la mélitococcie ne fût bien connue, comporte certainement deux groupes
de faits. Certains malades ont été pris à tort pour des typhoïdiques, et
E. SACQUÉPÉE.
étaient en réalité des mélitococciques, d’ailleurs beaucoup provenaient du
Midi ou d'Italie. D’autres, au contraire, sont bien des typhoïdiques, la fièvre typhoïde évoluant chez eux d’une manière anormale; nous avons eu l'occasion de constater deux fois des faits de ce genre, avec hémoculture positive (bac. typhique); les deux sujets étaient syphilitiques secondaires. Est-ce une coïncidence, ou la coexistence de la syphilis estelle responsable de l'aspect sudoral, nous ne pouvons trancher la question: C’est en tous cas au Laboratoire seul qu'il appartiendra de trancher la question. ME
Le rhumatisme articulaire aigu peut, lui aussi, être difficile à diftérencier : fièvre, parfois à rechutes ; sueurs, anémie, arthropathies, sont des symptômes communs. Mais le diagnostic est presque toujours possible; Les arthropathies rhumatismales sont multiples, souvent fugaces; elles s’accompagnent volontiers de manifestations cardiaques; elles sont hautement influencées par le salicylate de soude, inefficace dans la mélitococcie.
Il n’est pas toujours facile non plus de décider entre fièvre de Malte eb tuberculose. Dans la phase aiguë, on peut songer à la granulie, avec la fièvre, les sueurs, l’anémie, la splénomégalie; dans les formes à localisation pulmonaire, comme nous l'avons vu, on pense parfois à la tuberculose pulmonaire banale. Le diagnostic peut demeurer en suspens, jusqu'à ce que les épreuves de laboratoire, ou simplement l'évolution clinique, viennent donner une orientation décisive.
Ce sont là les hésitations possibles en présence des formes cliniques normales. Bien autrement trompeuses sont les formes atypiques : on peut penser au paludisme quand la fièvre est franchement intermittente, au typhus récurrent lorsque les ondes fébriles sont relativement courtes et brusquées au début comme à la fin, au kala-azar, aux trypanosomases; c'est alors à l'examen du sang qu’il faudra recourir pour déterminer l'agent infectanL.
Certaines localisations anormales peuvent n’être plus décelées que par le laboratoire : telles les formes à localisation articulaire persistante (pseudocoxalgie), les formes à prédominance hépatique simulant l’abcès du foie, signalées par de Brun, Lagriffoul et Roger et bien d’autres.
Enfin la mélitococcie peut accompagner d’autres infections; les combinaisons de ce genre sont multiples, et seront décelées non par la clinique, mais par les épreuves de laboratoire.
Diagnostic par les procédés de laboratoire.
Ces procédés ,se proposent de mettre en évidence soit le microbe luimême, soit les réactions sériques spécifiques. Recherche de l’agent pathogène. — On peut trouver le microbe Re
tant dans tout l’organisme, comme nous l'avons vu, mais la recherche se :
limite au sang, aux urines, parfois à la rate. Dans tous les cas, le microbe isolé sera identifié d’une manière rigoureuse, par comparaison avec une souche authentique de micr. melilensis, el après agglutination positive
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