‹ Nouveau traité de médicine (volume 3)Chapitre 164 sur 204 · H. VINCENT. C. R. Acad. des Sciences, 95 février · texte numérisé non relu

H. VINCENT. C. R. Acad. des Sciences, 95 février

TRAITEMENT. Fasc. III. — 425

lations el abrège la maladie. C’est donc avant tout une méthode adju- - vante.

Les essais de sérothérapie tentés d’abord par Wright, Aldridge, Eyre, Duran de Cottes n'étaient guère encourageants. Depuis lors, Trambusti et Donzello ont préparé un sérum qui s’est montré efficace dans un nombre appréciable de cas. Plus récemment, Sergent et Lhéritier, essayant divers modes de préparation des sérums chez le cheval. ont obtenu des sérums actifs par deux procédés : soit par inoculation intra-veineuse de bacilles vivants, soit par inoculation sous-cutanée d’endotoxine (macération de corps microbiens dans l’eau physiologique). Appliqués à l'homme, ces sérums ont donné des résultats favorables et amené une guérison rapide. Nous avons pu suivre, en 1914, avec le D' Lafeuille un malade traité par le sérum; le résultat clinique a été très heureux. Les faits acquis sont encore peu nombreux, mais la $érothérapie paraît en bonne voie. Il est heureux qu'il en soit ainsi, car, par ailleurs, la thérapeutique est à peu près désarmée.

II. On à, en effet, essayé dans la fièvre de Malte la plupart des agents thérapeutiques usuels, sans succès constant ni habituel. On ne connaît pas pour le moment de médicament possédant une action élective sur l'infection.

L'administration de quinine à haute dose (de Brun) ou à petites doses (Manquat et Pégurier), de cryogénine et d’adrénaline (Naamé), de bleu de méthylène (Audibert), d'électrargol en injection intra-veineuse (Sicard el Lucas, Soulayre) ont bien été suivis parfois de guérison, mais entre les mains d’autres médecins, les mêmes médicaments n’ont souvent donné aucun résultat décisif. On en est donc réduit au traitement purement symptomatique, et 1l nous suffira d'indiquer quels agents peuvent être employés contre les manifestations les plus importantes, non sans souligner, au préalable, que dans une maladie aussi longue et aussi déprimante, il faut être sobre de prescriptions médicamenteuses, les médicaments étant toujours plus ou moins nocifs quand leur emploi se prolonge.

I est bon de traiter la fièvre, symptôme déprimant, quand elle se maintient à un degré trop élevé. On exercera l'entourage à maintenir la température au-dessous de 395. Le meilleur agent à cet égard est l'hydrothérapie, sous forme de bains tièdes, de lotions froides, de lotions vinaigrées; la chute thermique ne doit pas dépasser 2%, pour ne pas amener une réaction excessive. Il faut toutefois veiller avec soin à ce que l’hydrothérapie ne réveille pas des manifestations inflammatoires ou douloureuses. On se méfiera des antithermiques usuels, antipyrine, quinine, phénacétine, cryogénine, dont les inconvénients ne sont jamais négligeables, tandis que leur action n'est que très passagère. |

On maintiendra la peau en bon état par des lotions vinaigrées.

Contre la constipation, au moins au début et quand le diagnostic est sûr, un purgatif est indiqué, spécialement calomel ou jalap (Hughes). Plus lard, il vaut mieux avoir recours aux lavements et aux irrigations.

-Aux phénomènes douloureux on ne peut guère opposer que les bromures ou l’opium, les autres médicaments n'ayant guère d'action.

Vis-à-vis de l’anémie et de l’asthénie, on emploiera avec avantage les

E. SACQUÉPÉE,

préparalions ferrugineuses, moins efficaces d'ailleurs qu'un réginre sub=. stantiel.

À l'égard des autres manifestations, phénomènes cardiaques, pulmonaires, ete., on emploiera les moyens thérapeutiques habituellement utilisés en pareil cas.

III. Le régime alimentaire sera strict : pendant les phases aiguës, régime liquide, lait surtout, bouillon, potages maigres, tisanes diurétiques.

Pendant les phases d’apyrexie, ou lorsque la maladie se prolonge, on ajoutera ou substituera des œufs, des poudres alimentaires peptonisées, du jus de viande, des crèmes. »

Plus tard encore, quand l'affection paraîtra sür son déclin, on peut revenir progressivement aux aliments solides légers ; mais avec précaution, en se basant sur l’état de la langue, des fonctions digestives, et sur Pappétit du malade. |

IV. Le malade demeurera au Hit pendant ltoute la phase aiguë. Au début ce la convalescence au contraire, il y a intérêt à le laisser au grand ar, en évitant les refroidissements. Pendant la convalescence, on évitera toute grande fatigue et toute forte excitation ; c’est petit à petit que le malade devra revenir à sa vie normale.

Par Richard P. STRONG

Directeur médical général de {a Ligue des Sociétés de [a Croix-Rouge, Professeur de médecine tropicale à 1’Université de Harvard (Bostcn).

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