‹ Nouveau traité de médicine (volume 3)Chapitre 169 sur 204 · Manson. Manual of Tropical Diseases, 1917, p · texte numérisé non relu

Manson. Manual of Tropical Diseases, 1917, p

3. Journal of Tropical Medicine and Hygiene, 15 août 1917, p. 186. — Lure, Lancet, 12 février 1916, p. 550.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL. Fasc. III. — 455

n'a élé remarquée dans cette affection, et la rate est rarement accessible à la palpation.

La fièvre des tranchées ne peut pas, non plus, être complètement idenüifiée avec aucune des fièvres des tropiques que l’on a décrites, mais qui sont imparfaitement différenciées. On doit, d’ailleurs, se souvenir qu'un cerlain nombre d'entre elles n'ont pas élé soigneusement étudiées (!). Comme cela a déjà été indiqué, sous certains rapports, la fièvre des tranchées ressemble à la fièvre récurrente européenne, ou fièvre de sept jours, ou bien à d’autres formes légères du typhus, ou aussi à la maladie de Weil sans ictère ; quelques cas rappellent de très près des dothiénentéries modifiées par une inoculation préventive. Cependant, dans la grande majorité des cas, la fièvre des tranchées peut être, au moyen de l'observation clinique ou des examens bactériologiques, nettement différenciée d'avec ces maladies et d'avec d’autres entités morbides bien connues.

Diagnostic différentiel. — Bien qu'il n'y ait pas de méthode bactériologique spécifique pour établir le diagnostic de la fièvre des tranchées, les recherches de laboratoire sont souvent utiles pour distinguer cette affection d’autres maladies infectieuses, comme celles que nous venons de mentionner et, en particulier, la malaria. Nous ferons remarquer ici que ni Sptrochaeta recurrentis, ni Leptospira icterohaemorrhagiæ n'ont été rencontrés dans des cas non douteux de fièvre des tranchées. L’allure générale de la maladie et surtout le caractère récurrent de la fièvre ainsi que la nature de l’éruption sont tout à fait différents de ce qu'on observe dans le typhus. On peut la distinguer des fièvres typhoïde et paratyphoïdes, par l'absence, dans le sang, les selles et les urines, de tout micro-organisme appartenant au groupe typhique.

L'absence de symplômes catarrhaux marqués suffit généralement, quoique pas toujours, à différencier la fièvre des tranchées de la grippe; le caractère de l’éruption et la formule leucocytaire servent à la distinguer, dans sa période précoce, de la fièvre dengue. Dans l’ictère épidémique, la présence de Leplospira icterohaemorragiæ, la néphrite, et, d'ordinaire, la jaunisse, suffisent à distinguer cette affection de la fièvre des tranchées.

La douleur ressentie dans les muscles du cou peut parfois, dans la fièvre des tranchées, être si forte qu'elle rappelle les douleurs cervicales de la méningite, et les douleurs abdominales peuvent simuler celles de lappendicite ; c'est ainsi que des sujets atteints de la maladie qui nous occupe ont été, par erreur, opérés pour appendicite. Cependant, les douleurs abdominales, dans la fièvre des tranchées, sont provoquées plutôt par la palpation superficielle que par une pression ferme et profonde, et, en règle générale, il n’y à pas de confusion possible entre ces deux états morbides.

Période d'incubation. — La période d’incubation, dans la maladie

1. HERRINGHAM (Quart. Journ. Med., juillet 1916, vol. IX, p. 429) déclare que des officiers ayant résidé à Malte lui ont raconté qu'on y parle de plusieurs fièvres, l’une de trois jours, l’autre de huit jours, et, enfin, une de douze jours, qui semblent ètre une seule et même maladie; la fièvre de trois jours ayant un accès, la fièvre de 12 jours en ayant deux, et la fièvre de huit jours étant une fièvre continue. Il ajoute que, s’il en est ainsi, Cette maladie fournit une analogie intéressante avec les courtes fièvres des Flandres.

R.-P. Srroxc:

spontanée, semble varier entre 14et 50 jours; ce laps de temps peul être un peu plus court dans le cas où l'infection est due à une quantité très abondante de virus. Quand linfection est produite artificiellement, par inoculation de sang infecté, la période d'incubation, dans cette maladie expérimentale, varie généralement de 5 à°20 jours.

Caractère infectieux du sang. — il : a 6lé élabli que, dans la période active de la maladie, le:sang contient l'agent infectieux. Cette constatation a été faite d'abord par Me Nee, Brunt et Renshaw; plus tard, la Commission de la Croix-Rouge américaine la confirma et montra, em outre, que le virus est présent dans le plasma du sang. Il a été aussr.démonlré que ce virus est quelquefois-éliminé avec l'urine, et qu'il était possible dinfecter l’organisme humain par linoculation d'une petite quantité de sédiment urinaire de ces malades.

Étiologie. — Des investigations très étendues ont été faites en 6e qui concerne l’éliologie de la fièvre des tranchées. Mc Nee, Brunt et Renshaw (1) considéraient que l'agent causal était un parasite intra-corpusculaire, qui n'élait pas ultra-microscopique, mais ils n’ont pas pu mettre en évidence cet organisme, malgré de tfès minutieuses recherches. Des-études prolongées, faites par beaucoup d’autres chercheurs, n'ont. pas réussi ne à révéler un parasite de ce genre.

Houston et Me Cloy () suggèrent que l'entérocoque pourrait être la cause de la maladie. Hs ont isolé ce micro-organisme du sang de trois de leurs malades, de l'urine dans trois cas, et des crachats dans un cas. Chez trois derniers malades, ce microbe ne fut pas trouvé. D’autres observateurs n'ont pas été à même d'isoler lentérocoque du sang d'individus ‘atteints de la fièvre des tranchées (5). |

Dimond (t) a décrit, comme ayant des rapports avec la maladie, run protozoaire, une hémogrégarine, ressemblant à l’'Haemogregarine gracilis trouvé par Wenyon. chez le lézard. Ce micro-organismé fut. découvert chez douze malades, à la fois dans le sang veineux et dans les liquides obtenus par ponction de la rate, du foie et du poumon, après hémolyse du sang par addition d'une solution de saponine et centrifugation-du mélange. Cette découverte n’a pas été confirmée, el Henry (°), en passant de l'eau préalablement disüillée dans un filtre Berkefeld et en faisant des préparalions microscopiques.avec les râclures de la bougie ainsi utilisée, a trouvé dans ces préparations un flagellé, apparemment similaire au imicro-organisme décrit par Dimond. | |

Pappenheimer, Vermilyve et Müller (f) trouvèrent, dans des préparations provenant de cas de fièvre dés tranchées, de petits corps circulaires, légèrement ovales, d'un rouge bleuâtre, situés à l'intérieur des globules sanguins ou libres dans le plasma; ils les rencontrèrent également dans des

1. Trench Fever, Report of Commission: Medical Research Committee Amer. Red Cross. Oxford University Press. Chap: 11 . Lancet, T octobre 1916, p. 652.

. SUNDELL et NANKIVELL. Lancet, 46 mars 1918, p. 401. , . Lancet, 8 septembre 1917, p.382.

. Brit. Med. Journ., 1* décembre 1917, p. 739. Brit. Med. Journ., 15 octobre 1917, p. 474

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