‹ Nouveau traité de médicine (volume 3)Chapitre 173 sur 204 · CI D · texte numérisé non relu

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Medical Bull., Review of War Medicine, Surgery and Hygiene, mars 1918, vol. I, p. 516.

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9, War Medicine, Reports Interallied us. Commission, Paris, 15 mars 1918..—:

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ÉTIOLOGIE. | Fasc. III. — 439

d'autres procédés, à contracter la fièvre des tranchées. Tous la prirent. Des 26 hommes du premier groupe, qui furent soumis à la piqûre de poux ayant vécu sur des malades atteints de fièvre: des tranchées, 20; ou 76 pour 100, contractèrent la maladie. D'autre part, 2 hommes exposés à la piqûre de plusieurs centaines de poux nouvellement éclos d'œufs provenant de poux ayant vécu sur des sujets atteints de fièvre des tranchées, ne contractèrent pas la maladie. On ne peut donc obtenir aucune preuve évidente de la transmission ‘héréditaire du virus de la fièvre des tranchées chez le pou. Dans les 3 cas où des vêtements de malades atteints de fièvre des tranchées ont été employés comme moyen d'infection, deux des individus exposés ainsi aux poux contractèrent la maladie.

Transmission par la piqüre de poux infectés. — Après avoir montré de facon probante, par quatorze expériences positives dans le premier groupe, que le pou transmet la maladie quand il vit dans les conditions naturelles, des expériences furent instiltuées pour savoir si cet insecte était susceptible de la communiquer par morsure seule, quand il vit dans des conditions naturelles ou non, dans des boîtes entomologiques, el en piquant à travers un linge, quand il n'y a ni scarification, ni écorchure de la peau, et-que le pou west pas écrasé. Cinq expériences de ce genre furent faites, toutes avec un résultat positif. Ces cinq expériences mettent en évidence que le pou peut transmettre la fièvre des tranchées par la seule piqûre à travers une peau normale.

Infection de plusieurs suiets par le même groupe de poux. -— Dans cinq cas, des poux qui n'avaient pas été en contact avec des malades atteints deifièvre des tranchées depuis 48 à 60 heures se montrèrent susceptibles de communiquer cette maladie à cinq hommes en bonne santé. Les poux, pendant cet intervalle de 48 à 60:heures, avaient vécu sur cinq autres individus, bien portants, dont quatre furent aussi nettement atteints de fièvre des tranchées.

Période pendant laquelle le pou peut demeurer infectieux. —— Des expériences ultérieures ont montré que le même groupe de poux peut transmettre la maladie naturellement, après être resté pendant une durée de treize jours sans contact avec un malade. Durant ces treize Jours, ces poux avaient vécu : 1° trois jours sur un sujet qu'ils infeclèrent: 2° après un intervalle de 15 heures, sur un deuxième sujet sur lequel ils restèrent pendant 5 jours 1/2 et qu'ils infectèrent; 5° après un nouvel intervalle de 14 heures, sur un troisième sujet qui les garda pendant 4 jours 1/2 et fut, lui aussi, infecté; 4° et enfin, après un dernier intervalle de 15 heures, sur le quatrième sujet, l'infectant 15 jours après avoir piqué, pour la dernière fois, un malade atteint de fièvre des tranchées. La période d'incubation de ces cas fut respectivement de : 15, 14 et 50 jours. Ces expériences montrent que la transmission de l'infection parle pou ne s'accomplit certainement pas par une transmission mécanique du virus; elles indiquent une multiplication de ce virus ou un cycle de vie intermédiaire de l'agent pathogène chez le pou. Il ne résulte pas de nos expériences que le pou ‘puisse être infectieux avant que 6 ou 7 jours se soient écoulés depuis sa première piqûre sur uñ malade atteint de fièvre des tranchées. C’est un fait connu

R.-P. STRoNG.

que le pou ne garde pas d'ordinaire le résidu de sa digestion pendant plus de quelques heures, l’excrétant avec la nourriture qu'il prend ensuite.

Infection artificielle ou accidentelle au moyen des excréments du pou ou de l’urine à travers la peau excoriée. — Dans huit expériences pratiquées sur des volontaires, il fut prouvé que la fièvre des tranchées pouvait être transmise artificiellement en scarifiant le bras, comme on le fait dans la vaccination contre la variole, et en y introduisant une petite quantité d’excréments provenant de poux ayant vécu sur des malades atteints de fièvre des tranchées. La Commission anglaise pour l’étude de la fièvre des tranchées (Bruce, Byam, Arkwright, Bacot, Harvey, Plimmer, French, Fletcher et Hird) indiqua, pour la première fois, ce procédé d'infection(!), les excréments étant recueillis de 6 à 19 jours après la première piqûre du malade. Dans ces cas, on constata que la période d'incubation variait de Ja llyjoure.

Cependant, il n'a pas été prouvé que ce mode d'infection pouvait se pro: duire de façon naturelle et, s’il est probable que le fait se rencontre parfois, il doit être relativement rare : dans nos dix-huit cas expérimentaux de fièvre des tranchées transmise par le pou vivant dans des conditions naturelles et où, dans quelques-uns, l’épiderme avait été endommagé soit par grattage, soit arlificiellement, ainsi que dans deux autres expériences de piqüre à travers un linge soit. en tout, vingt-cinq cas positifs, la période d’incubation n'a jamais été inférieure à 14 jours et a varié entre ce chiffre et 58 jours. L'inoculation par scarification et introduction d’excréments de poux peut être comparée à celle faite par l’inoculation de la même manière de sédiment urinaire, où à l'injection intraveineuse de sang provenant de malades atteints de fièvre des tranchées. La période d’incubation, dans les cas d'inoculation d’excréments de poux, se rapproche de celle observée à la suite de l'inoculation directe du sang.

Traitement. — Jusqu'à présent aucun remède spécifique n’a élé trouvé contre la fièvre des tranchées. Les efforts du médecin, pendant la période aiguë de la maladie, viseront à maintenir la nutrition du patent et à le soulager quand les douleurs deviennent trop vives et persistantes pour l'empêcher de reposer. La phénacétine et l’aspirine-(& 0 gr. 30) ont d'ordinaire une action analgésique et antipyrétique suffisante pour apaiser temporairement les symptômes douloureux. Une bonne nourriture et un repos completsont vraisemblablement les meilleurs remèdes pour aider le malade à acquérir l’immunité nécessaire pour surmonter l'infection.

La surveillance de la convalescence est probablement la partie la plus importante du traitement. La fréquence du pouls sera aussi soigneusement notée que la température, et les autres symptômes et signes de la maladie seront surveillés de très près. Aussi longtemps que l’on verra persister deux ou trois des signes positifs, la maladie sera considérée comme conservant son activité, et le patient sera traité de la même manière que dans toute autre infection. [Il ne lui sera pas permis de se lever, ni d'aller et venir, jusqu’à ce qu'il soit bien évident que l'infection est complètement maîlrisée. En règle

1. Brit. Med. Journ., 25 mars 1918. — Byam, Trench Fever, Oxford University Press. 1919. |

TRAITEMENT. Fasc. III. — #41

générale, il est préférable de ne pas autoriser le malade à se lever avant que le délai d’une rechute possible ne soit largement dépassé. Quand il commencera à le faire, le temps pendant lequel il restera debout ne sera d’abord que de quelques heures, puis sera augmenté progressivement. Si, par suite de cette augmentation de l'exercice, il se produit de la tachycardie accentuée, ou si quelques symptômes morbides réapparaissent, la durée de la station debout ne sera plus augmentée, et, si ces symptômes persistent, le malade devra reprendre le lit. Quand le patient aura pu rester debout toute une journée, sans manifester de signes défavorables, 1l sera soumis à un entrainement physique graduel. Le trait dominant de la fièvre des tranchées est la fréquence des rechutes et, pendant ces rechutes, le malade sera toujours tenu au lit.

R.:P.: STRoNG.

Par MM.

P. MENETRIER et . STÉVENIN Professeur à 1a Faculté de Médecine de Paris. Chef de clinique médicale infantile dela Faculté. Membre de l’Académie de Médecine. de Médecine de Paris. SA

Médecin de {Hôtel Dieu.

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