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SYMPTOMATOLOGIE. Fasc. III. — 459
Grippe nerveuse. — La description de cette forme se confond presque . avec celle de la grippe pure, elle en représente seulement un degré plus accusé.
La céphalée, le plus souvent frontale, siégeant parfois aux tempes ou à l'occiput, est très violente et s’exaspère pendant la nuit, empêchant le sommeil. Elle s'accompagne assez souvent d'hyperesthésie cutanée.
La céphalée persiste parfois plusieurs semaines après la disparition des autres symptômes. |
Nous avons noté plus haut le caractère diffus et assez mobile des algies grippales. On peut observer, en outre, des névralgies : intercostale, névralgie du trijumeau, assez fréquente.
Il peut exister des troubles de sensibilité spéciale : diminution du goût et de l’'odorat, bourdonnements d'oreilles, éblouissements, sensation de voile devant les yeux.
On peut observer des phénomènes spasmodiques : Torticolis, spasmes de . l’œsophage (Brochin, Comby), des soubresauts des tendons dans les formes sérieuses.
Il existe parfois du délire, surtout nocturne, lié, en général, à une élévation thermique assez marquée.
Un état soporeux a été observé et nous l'avons revu plusieurs fois lors de l'épidémie de 1918.
On note souvent une prostration telle que le malade est incapable du moindre effort, physique ou intellectuel.
On a insisté, dans certaines épidémies, sur le début foudroyant; le sujet qui semblait bien portant quelques instants auparavant, étant brutalement terrassé par l'invasion de la maladie, incapable de se tenir debout, parfois perdant connaissance dans la rue.
C’est la grippe apoplectiforme (Récamier), la grippe sidérante (Duflocq).
Pour certains de ces faits, il faut tenir compte vraisemblablement d’un état névropathique antérieur, d'autant que la bénignité des phénomènes consécutifs fait contraste avec la gravité du début; pour d’autres il s’agit de syncopes accompagnées d’un état de malaise et qui peuvent s’observer au début d'états pathologiques variés.
Le retentissement de l’infection grippale sur le système nerveux est certainement considérable, et nous en verrons l'importance en étudiant ses complications.
On a encore décrit, dans la forme nerveuse, une variété méningée (Comby, Gaucher, Juhel-Renoy, Sevestre), qui paraît correspondre à ce que l’on a étudié, dans ces dernières années, sous le nom d° « états méningés ».
Grippe à forme gastro-intestinale. — Les symptômes digestifs qui existent déjà dans la forme catarrhale peuvent être plus accusés, réalisant le tableau de ce que l’on appelait l'embarras gastrique fébrile.
Dans certains cas, cet état se prolonge, la fièvre se maintient élevée entre 38°,5 et 59°, il y a eu de la diarrhée, des épistaxis et on songe à la fièvre typhoïde.
Dans bien des cas de grippe à forme typhoïde signalée autrefois par Pétrequin, Gintrac, Lombard, Martin, Brochin, Moutard-Martin, Hérard et
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plus récemment par J. Teissier (de Lyon), Lemoine et Delezenne (de Lille), Pelon (de Montpellier), il s'agissait évidemment de fièvre typhoïde ou de paratyphoïde. La confusion était possible à une époque où l’on ne pratquait ni le sérodiagnostic, ni l’hémoculture.
On a signalé parfois la fréquence des vomissements, qui deviennent continuels, de la diarrhée, qui peut être intense et persistante et s'accompagner de l’émission de glaires sanguinolentes, avec altération de l’état général, donnant lieu à des formes cholérique el dysentérique de la grippe. Pour la plupart de ces cas, les mêmes réserves nous paraissent nécessaires:
Nous avons observé en 1918, en même temps que sévissait Pépidémie de grippe, un certain nombre de dysenteries à bacille de Shiga. On voyait également des manifestations dysentériformes, mais 1l s'agissait le plus souvent du réveil d’une entérite ancienne survenant à l’occasion d’une grippe.
Formes d'après l'âge. — Chezle vieillard, les réactions générales sont moins vives, la maladie est plus grave en raison des D pneumoniques.
Cadet de Gassicourt, Sevestre et surtout Comby ont a les modalités de la grippe infantile au cours de l'épidémie de 1889.
Dans l’ensemble, ce sont les mêmes symptômes que chez l’adulte que l’on retrouve : début assez fréquent par du coryza, prédominance de phénomènes nerveux et digestifs. La céphalée est vive, il existe souvent au début un délire nocturne qui dure peu. Les convulsions sont rares. Les phénomènes de dépression sont moins marqués que chez l'adulte.
Comby insiste sur l’inconstance des troubles respiratoires. La toux est due d'ordinaire aux localisations pharyngo-laryngées, rarement à du catarrhe bronchique.
On peut avoir le tableau clinique d’une véritable méningite (Comby, Gaucher, Juhel-Renoy, Sevestre), mais la ponction lombaire montre un liquide clair, d’une pression supérieure à la normale, sans éléments cellu-. laires, on peut trouver cependant de la lymphocytose et dans ce cas, Île diagnostic avec une méningite tuberculeuse pourra être hésilant.
Une autre particularité de la grippe infantile est la fréquence considérable des otites. La présence si commune des végétations adénoïdes dans le cavum favorise les infections pharyngées. |
Cependant, les auteurs paraissent d'accord pour admettre la bénignité de la grippe infantile (Comby, Cadet de Gassicourt). |
Chez le nourrisson, on constate surtout de la somnolence et de l’abattement. Hallé a vu se produire des syncopes répétées chez un enfant de cinq semaines.
Associations de la grippe. — Il est fréquent de voir la grippe s'associer à d’autres maladies infectieuses, particulièrement celles qui se développent. sous forme épidémique : choléra (épidémie de 1832), dysenterie, méningite cérébro-spinale, (épidémie des Landes de 1837, épidémie de Bayonne de 1897-98).
La grippe peut se développer conjointement à la fièvre typhoïde, (Potain, Menetrier (!), Rendu, Siredey, Widal, Legendre), parfois elle la précède.
1. MENETRIER. Sur la fièvre typhoïde consécutive à la grippe. Soc. hôp., 8 je 1900 et in Th. Sabatier, Paris, 1899
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L'érysipèle serait assez fréquemment observée au cours des épidémies de grippe, (Lemoine, Achalme, Marty).
Grenier a vu le retour d'accès chez les paludéens à l’occasion d’une grippe. Ils apparaissaient pendant la convalescence et prenaient le type quotidien. |
Les rapports de la tuberculose et de la grippe sont d'ordres divers. Nous verrons au diagnostic les confusions qui peuvent s'établir entre les deux maladies, la grippe pouvant parfois être prise pour de la tuberculose.
La tuberculose aiguë peut succéder à la grippe; plus fréquemment la tuberculose chronique est aggravée par une poussée de grippe; en consultant les statistiques, on voit augmenter la mortalité des tuberculeux au cours des épidémies catarrhales.
D'une manière générale, toutes les protopathies sont augmentées par la grippe. C'est là la cause de nombreuses complications. Nous y insisterons, soit en étudiant celles-ci, soit au pronostic de la maladie, c’est là également l'explication de la moindre gravité chez l'enfant.
Rappelons seulement ici les manifestations complexes que produit la grippe quand elle vient s'associer à des troubles du système nerveux et en particulier à lhystérie.
Grippes compliquées.
Les complications de la grippe sont innombrables et vu la place restreinte qui nous est accordée nous ne pouvons en faire qu'une brève énumération, et bon nombre d’entre elles ne sont, d’ailleurs, que la manifestation de tares latentes mises en évidence par l'infection grippale.
La plupart, cependant, sont dues à des infections surajoutées, l’action des microbes d'infection secondaire paraissant singulièrement favorisée.
Nous insisterons surtout sur les complications respiratoires, de beaucoup les plus nombreuses et les plus importantes, mais nous dirons auparavant quelques mots des formes inalignes ou septicémiques dont la fréquence n’est pas très grande, mais qui atlirent l'attention en raison de leur haute gravilé.
Il existe d'ordinaire, dans ces cas, des localisations pulmonaires mais les symptômes généraux prédominent.
Il en était ainsi dans les formes hypertoxiques d'emblée avec foyers pneumoniques latents décrites par Ravaut, Réniac et Legroux. Dès les premières heures, l’état général est très altéré, le facies plombé, les lèvres cyanosées, la langue sèche et rôtie, le pouls accéléré et mou. Le malade présente une agitation continuelle avec carphologie, du délire nocturne. Il existe de l'angoisse et cette inquiétude s’observe très souvent dans les formes mortelles. Il s’y ajoute des signes de dépression cardiaque, d’insuffisance surrénale (Sergent, Rénon, Lesné, Thiroloix), du subictère, fréquemment des hémorrhagies. Les urines sont très albumineuses, riches en urée, mais l'azotémie reste modérée. L’affection se termine fréquemment par la mort.
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Au niveau des voies respiratoires supérieures les complications sont exceptionnelles : œdème de la glotte (Duflocq, Tissier), abcès des cordes vocales, infiltration purulente du larynx (de Lostalot), wicérations (Gartaz, Moure, Lenoir).
Elles sont, au contraire, fréquentes et redoutables au niveau de petites bronches et du poumon. Fauvel avait vu survenir la bronchite capillaire chez l'enfant au cours d’épidémie de grippe. Elle a été également observée par les auteurs qui ont décrit l'épidémie de 1837 (Gouraud, Piédagnel, Landau, Landouzy, Nonat, Pétrequin). C’est à elle ou aux œdèmes aigus du poumon qu'il faut rapporter la forme asphyxique de Graves, bronchoplégique de Huchard. La gravité est considérable et la mort se produit d’ ordinaire par asphyxie.
Les congeslions pulmonaires grippales se voient plus souvent. Il s’agit de véritables œdèmes infectieux analogues aux œdèmes pneumococciques du poumon sur lesquels on a insisté dans ces dernières années et quirelèvent souvent, semble-t-il, du même agent pathogène.
S'accompagnant en général de fièvre, donnant des signes fonctionnels peu marqués : un certain degré de gêne respiratoire, de la toux, de l’expectoration qui peut manquer (Rénon), mais un point de côté souvent intense et diffus, ces œdèmes pulmonaires se révèlent à l'examen par des signes physiques assez différents suivant les cas et dépendant de l’état de condensation du parenchyme et de la participation de la plèvre. On observe, soit la congestion pulmonaire à forme pneumonique type Woillez, soit des congestions plewropulmonaires (Duflocq). On a décrit également des spléno-pneumonies, qui paraissent rentrer dans le même cadre (Faisans, Lemoine, Manquat).
Siégeant, en général à la base et bilatéraux, ces œdèmes pulmonaires sont tantôt limités à une faible partie du parenchyme, tantôt étendus à un lobe ou même à la presque totalité d’un poumon. On les trouve, dans certains cas, sous forme de petits placards au niveau de l’aisselle, du voisinage du hile et des espaces interlobaires (Dugrais et Henri Lemaire). Ils donnent lieu parfois à plusieurs foyers successifs (Duflocq).
Les œdèmes aigus du poumon, déjà observés dans les épidémies antérieures (Huchard), ont été un des facteurs de gravité de l’épidémie de 1918. Dans les cas observés par Ravaut (‘), il y avait, au début, une petite toux sèche, puis apparaissait rapidement une expecloration muqueuse, aérée, quelquefois rosée ou striée de sang.
À l’auscultation on trouvait, d’abord, des signes de bronchite banale, puis très rapidement les 2/3 inférieurs du poumon étaient envahis par de nombreux râles crépitants; dans certains cas, on n’entendait pas le murmure vésiculaire, la respiration semblait bloquée.
La dyspnée devenait intense, aboutissant à l’asphyxie. La face et les extrémités étaient cyanosées, les hémorrhagies : épistaxis, hémoptysies, otorrhagies même, fréquentes.
Le cœur était rapide, éréthique, la tension peu modifiée, les urines presque toujours albumineuses, l’azotémie modérée.
Î. RavauT. Les œdèmes suraigus du poumon d’origine grippale GHSér ai nn la région de Marseille. Acad. méd., 1° oct. 1918.
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Abandonnées à elles-mêmes, ces manifestations aboutissaient à la mort, mais une saignée copieuse était susceptible de conjurer k crise.
On avait, dans l'épidémie de 1889, observé surtout une évolution subaiguë, parfois avec résolution rapide (Ferrand), souvent au contraire, avec persistance pendant plusieurs semaines ou même plusieurs mois (Gaucher). Dans ce dernier cas, lorsque le siège est au sommet du poumon, que l’expectoration est hémoptoïque, ce qui s’observe parfois, il est bien difficile de ne pas songer à la tuberculose pulmonaire (J. Teissier, Lemoine, Mizon), d'autant qu'il s'y ajoute d'ordinaire un affaiblissement de l’état général, conséquence de la grippe.
La broncho-pneumonie avait été surtout observée chez les débilités et les vieillards, lors de l'épidémie de 1889. Elle évoluait assez insidieusement et demandait à être cherchée.
On en a observé de nom breux exemples lors de l’épidémie de 1918, se manifestant, soit par des foyers très disséminés, soit affectant la forme pseudo- 1obaire et souvent bilatérale. Apparaissant après quelques jours de grippe simple, moins souvent d'emblée, elle donnait lieu à une élévation thermique à 39° ou 409, de la toux avec expectoration muco-purulente, parfois hémorragique, de la dyspnée et du point de côté. Dans certains cas, la température n’était pas élevée, la dyspnée peu marquée, mais l'atteinte de l’état général faisait suspecter la complication que révélaient les signes physiques.
La gravité était considérable et la mort survenait souvent avec cyanose, dyspnée intense, asphyxie, l'œdème aigu du poumon dont nous avons parlé un peu plus haut, s’y joignant.
Cependant, dans nombre de cas où l’intensité des symplômes fonetionnels et généraux, l'extension des lésions, faisait porter un pronostic très sombre, la guérison a pu être obtenue. Mais la résolution se faisait avec une extrême lenteur, et plusieurs mois après, alors que la fièvre avait disparu, et qu'il persistait seulement un peu de toux et d’expectoration, l'examen de la poitrine montrait encore des zones soufflantes et des râles sous-crépitants. Dans ces cas, on se demandait parfois si on n’était pas en présence d’un foyer de pneumonie caséeuse et néanmoins la résolution complète finissait par s’obtenir. :
La pneumonie est très fréquente au cours des épidémies de grippe, ainsi qu'il ressort d’une manière évidente de lhistorique de la maladie. Comme nous l’avons montré en 1887 (!), 1l s’agit d’une pneumonie à pneumocoques dont les lésions ne diffèrent pas de celles de la pneumonie franche. Cette. manifestation est souvent très précoce. Nous l’avons vue survenir plus souvent vers le 10° ou le 15° jour de la grippe, ou même plus tard.
Le début est insidieux, de petits frissons remplaçant le grand frisson unique. Le point de côté manque souvent, les crachats restent fréquemment muqueux, avec quelques stries sanguines ou muco-purulentes. Ils sont parfois sanglants.
Ce sont les symptômes de grippe qui prédominent, les signes physiques permettent seuls de reconnaître l'existence de la pneumonie: Il faut les chercher et savoir que si la matité est constante, le souffle tubaire peut
4. MENETRIER. Grippe et pneumonie en 1886. Thèse Paris, 1881.
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manquer et le râle crépitant peut être remplacé par des râles ni à
La dyspnée est souvent très marquée, et l’état général est grave. Au lieu du facies congestif qu’on observe d'ordinaire dans la pneumonie franche, la face est souvent pâle, les yeux excavés, les lèvres cyanosées.
Cependant, la guérison est fréquente, la défervescence se produisant du 6e au 13° jour. Les signes physiques persistent souvent assez longtemps, la résolution locale se faisant très lentement. Quand la mort survient, elle est parfois très précoce, le malade étant emporté par intoxication suraiguë; la terminaison fatale peut être due également à la transformation purulente, ou à une autre localisation de l'infection pneumococcique telles que lendocardite végétante ou la méningite. Les pneumonies grippales constituent une des causes principales de la mortalité au cours des épidémies de grippe.
Citons encore quelques complications beaucoup plus rares : la gangrène pulmonaire (Bonnemaison, Barth, Eichorst, Rhyner, de Caze; l’abcès du poumon (Kahler).
Les pleurésies sèches, séro-fibrineuses, one assez fréquentes lors de l'épidémie de 1918, avaient été signalées souvent au cours des épidémies antérieures (Gaucher, Laveran, Vaillard et Vincent, Netter). Les pleurésies purulentes, nombreuses dans certains foyers épidémiques, rares dans d’autres, sont souvent d’une haute gravité.
Sans présenter l'importance des complications respiratoires, les manifestations cardiaques se montrent cependant avec une fréquence assez grande, particulièrement dans certaines épidémies. On a observé l’endocardite, végétante d'ordinaire, parfois ulcéreuse, suivant souvent une pneumonie, la péricardite souvent suppurée.
Certaines manifestations relèvent sans doute d’une atteinte du myocarde : l'arythmie, les intermittences fcardiaques, l'embryocardie, de sigmfication grave, le ralentissement du pouls parfois prolongé pendant plusieurs mois, la tachycardie, les syncopes répétées, pouvant se terminer par la mort, des symptômes de collapsus cardiaque. Ils apparaissent assez souvent chez des sujets dont le cœur avait été antérieurement touché. On a signalé des phénomènes ressemblant # l’angine de poitrine.
Les complications vasculaires ne sont pas très fréquentes. Les thromboses veineuses (Laveran, Ferrand, Troisier, Rendu), peuvent être limitées aux veines du mollet, plus souvent, elles s'étendent au membre tout entier.
Elles apparaissent en général dans la convalescence.
Les thromboses artérielles (Loison, Eichorst, Leyden et Pen Duchesneau, Rendu, Molina, Moulonguet et Debray) représentent une complication assez exceptionnelle, de la convalescence.
Les hémorragies ne sont pas exceptionnelles dans la grippe, particulièrement au cours de certaines épidémies : hémoplysies, que nous avons signalées à propos des congestlions pulmonaires et des broncho-pneumonies: épistaxis assez souvent observées au cours de l'épidémie de 1918; gastrorrhagies, hémorragies intestinales, hématuries (Voisin, 1837, Comby, 1890);
métrorragies (Peu, 1675, Law, 1779), pouvant accompagner l'avortement ou se montrer en dehors de la grossesse; hémorragie de la membrane lympanique, avec phlyctènes sanguines; ecchymoses palpébrales:; pétéchies, purpura.
Les complications nerveuses qui paraissent avoir joué un grand rôle dans certaines épidémies, semblent avoir été relativement rares en 1918.
De ces complications, les unes sont la conséquence du développement au niveau du système nerveux de germes pathogènes donnant lieu à des méningiles. dues le plus souvent au pneumocoque (Hanot, Menetrier, Netter, Grasset, Haushalter), au streptocoque (Hanot, Petit), rarement au staphylocoque (Ewald), au Friedländer (Etienne), au diplocoque de Teissier (Trouillet), au bacille de Pfeiffer (Slawyk).
Les abcès du cerveau sont exceptionnels (Weichselbaum, Rigal).
L'hémorragie et le ramollissement cérébral seraient fréquents.
Les autres complications ne sont pas directement d'ordre infectieux.
Elles préexistent d’ailleurs, en général, à l'infection grippale, au moins en tant que prédisposition névropathique.
. Aussi nous contenterons-nous d’énumérer les nombreuses manifestations nerveuses que l’on a signalées au cours de la grippe : tremblements, spasme facial (Bidou), paralysies diverses : hémiplégie, paralysie, monoplégie; myélites (Laveran, Grasset, Récamier, Leyden, Evan, Babès et Varnaly, Pissavy); névralgies du sciatique, du trijumeau (Gaucher, Frank Hochwart); des nerfs intercostaux, du phrénique (Brionne); paralysies faciale (Cestan et Babonneix), du grand dentelé (Guillain et Libert), polynévrites (Chauffard).
Les manifestations hystériques sont très fréquentes (méningisme et puérilisme mental, dont nous avons rapporté un cas, mutisme, contractures, crises convulsives, anorexie mentale), la newrasthénie, la chorée.
Par contre, Maillard et Mme Brune signalent chez les épileptiques la suppression presque complète des crises pendant la période aiguë de la maladie.
Les psychoses ne sont pas moins fréquentes que les névroses. Après les grandes épidémies, on a constaté l’augmentation des cas d’aliénation mentale (Kroepelin, Ladame). Cependant, chez les aliénés atteints de grippe, on observerait plutôt une diminution des troubles intellectuels pendant la durée de la maladie (Rey, Bartels, Léledy).
L'encéphalite léthargique considérée par quelques auteurs comme appartenant à l’épidémicité grippale, présente en effet une relation de coïncidence tout à fait remarquable avec la grippe. Nous ne pensons pourtant pas qu'il s'agisse d’une forme nerveuse de cette maladie et admettons avec Netter que c’est très vraisemblablement une maladie autonome, déterminée par un virus comparable à celui de la poliomyélite épidémique.
Dans la plupart des épidémies, on a constaté fréquemment des infections,
souvent suppurées, atteignant les cavités en rapport avec le nez et le pharynx. Néanmoins, elles ont paru rares en 1918.
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On a observé surtout des otites, qui, d’après Lermoyez, auraient une apparence spécifique, caractérisées par la présence de phlyctènes sanguinolentes, et dans lesquelles on retrouva les mêmes microbes signalés dans les autres complications de la grippe : pneumocoque (Zanfal, Gradenigo), streptocoque (Zaufal), bacille de Friedländer (Weichselbaum).
La localisation sur l'oreille interne est rarement rapportée (Rohrer, Lannois).
La suppuration des sinus frontaux ou maxillaires s’observe, soit dans le cours, soit pendant la convalescence de la grippe. Lors de l'épidémie de 1889, nous en avons rencontré un cas dû au pneumocoque.
Les complications oculaires sont assez rares, sauf la conjonctivite, le dacryocystite, la kératite. On a observé également l’iritis, l’érido-cyclite, la choroïdite, la lénonite, la névrite optique(Uhtoff, Antonelh), la paralysie des nerfs moteurs de l'œil.
Lors de l'épidémie de 1918, tous les auteurs se sont appliqués à dégager les signes d'insuffisance surrénale (Sergent, Rénon et Mignot, Josué, Siredey, Dugrais et Henri Lemaire), et on a employé largement l’adrénaline, Le tableau de l'insuffisance surrénale : asthénie, douleurs lombaires, vomissements, hypotension, ligne blanche, s'est montré avec une grande fréquence d’après ces auteurs.
On a observé exceptionnellement : la {hyroïdite (Gaucher, Galliard), le développement d'un goitre exophtalmique (Sansom, Leclercq, Villar), d’une tétanie, (Gomez). |
Sur l'appareil digestif, les complications ne sont pas très importantes. Citons les amygdalites suppurées (Galli), les parotidites à streptocoques ou à staphylocoques (Laveran et Lemoine), les entérites à forme dysentérique, les hémorragies intestinales dont nous avons observé un cas en 1918: l’appendicite, qui viendrait fréquemment compliquer la grippe (Merklen,: Faisans, Sonnenburg, Marvel), la péritonite purulente (Laveran) exceptionnelle.
L'angiocholite peut être légère ou due à des lésions plus intenses, donnant le syndrome de l’ictère grave (Aron, Bélime, Cézilly).
Pour un certain nombre de ces observations, l'existence de la grippe est douteuse, et, pour d’autres, des lésions antérieures étaient très probables.
Nous pourrions en dire autant pour certaines des complications que nous citerons encore : néphrile (Potain, Leyden), pyonéphrose à streptocoques (Desnos), cystite (Comby, Fiessinger, Pedro Albarran), métrites et prostatites (Desnos), orchites (Dubruelle et Marotte, Clément Lucas), modifications des règles, en général avancées, ostéites (Moser, Isoard), suppurations osseuses à streptocoques (Ribbert, Witzel).