‹ Nouveau traité de médicine (volume 3)Chapitre 178 sur 204 · MARCHE — DURÉE — TERMINAISONS · texte numérisé non relu

MARCHE — DURÉE — TERMINAISONS

Comme nous l'avons vu à la symptomatologie, il existe une grande variété dans la marche des grippes. La fièvre ne suit pas une courbe cyclique, mais est firrégulière. Cependant, il est assez fréquent de voir la maladie se faire en deux temps, la chute de la température et la sédation des symptômes étant suivis le lendemain d’une reprise de la fièvre et des autres phénomènes morbides.

La durée est très variable. Dans les formes simples, légères, elle est de | trois à cinq jours, parfois de 24 heures seulement.

La durée peut être, au contraire très prolongée, soit par l’asthénie de la convalescence, soit par la longue persistance d’un foyer broncho-pulmonaire.

La terminaison fatale est le fait des complications, particulièrement de celles qui se localisent sur l'appareil respiratoire.

La grippe donne, en outre, un coup de fouet à une tuberculose préexistante.

Les rechutes sont fréquentes, les récidives, qui sont habituelles dans la grippe saisonnière. paraissent exceptionnelles dans la grippe-influenza.

PRONOSTIC

La grippe simple n’est pas mortelle et cependant, lorsqu'il survient une épidémie, on observe un accroissement de la mortalité qui peut être considérable.

D’après Léon Colin ('), la grippe de 1837 aurait tué plus de monde en France et en Angleterre que le choléra de 1832, et en 1918, les statistiques de l'Inde attribuent à la grippe » millions de décès.

C’est que la gravité de la grippe est-le fait des complications et celles-ci sont fréquentes et nombreuses, particulièrement celles qui intéressent le poumon : bronchites capillaires, bronchopneumonies et surtout pneumonies. Les sujets qui présentent des ares viscérales, tels que les cardiaques, les brightiques, les diabétiques, les alcooliques, les paludéens, les tuberculeux, succombent en de fortes proportions. La tuberculose aiguë éclate parfois dans la convalescence de la grippe. Au début de l'épidémie on n’observe, en général, que des formes bénignes, mais ensuite on voit survenir des formes graves et mortelles. D'ailleurs, 1l faut noter que si la plupart des épidémies de grippe se sont accompagnées de décès nombreux, il en a été néanmoins un certain nombre qui se sont montrées extrémement bénignes.

L'augmentation de la mortalité en rapport avec l'épidémie de grippe est bien mise en évidence par la comparaison des chiffres des décès parisiens du 1 au 25 décembre 1888 : 3941 et 1889 : 6239.

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