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Léon Coin. Traité des maladies épidémiques

MENETRIER el STÉVENIN.

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Il y eut donc en décembre 1889 une augmentation de 2298 décès sur la période correspondante de décembre 1888 et parmi ceux-ci les cas qualifiés grippe représentent un chiffre infime, le nombre des affections cardiaques, respiratoires el particulièrement des pneumonies, étant très augmenté (re semaine de 1889 : 107 affections aiguës des voies respiratoires, 52 pneu- monies, 1e semaine de 1890 : 971 affections aiguës des voies respiratoires, 500 pneumonies). : a

La grippe est redoutable pour le vieillard, elle est, au contraire, bénigne chez l'enfant. L'’accroissement de l&æ mortalité de décembre 1889 n’atteint pas les enfants de 0 à 5 ans (‘). Mais, d'autre part, on a remarqué dans l'épidémie de 1918 une gravité très grande chez les sujets jeunes (ayant passé l’enfance), ce qui montre que la forme morbide évolue avec des caractères différents suivant les épidémies, ce qui, d’ailleurs, peut être très bien en rapport avec les fatigues exceptionnelles ressenties par certains de ces sujets. D'autre part, le grand nombre de coloniaux et exotiques présents dans notre pays explique une morbidité plus grande de ces organismes dépaysés.

DIAGNOSTIC

Le diagnostic de grippe constitue souvent un diagnostic d'exclusion. Il ressort, en effet, de l’étude des symptômes que ceux-e1 ne présentent aucun caractère qui soit absolument propre à la maladie qui nous occupe et qui. ne puisse se trouver dans d’autres affections. II n’y a pas de modifications du tégument comme dans les fièvres éruptives, n1 la possiblité de mettre en évidence l’agent pathogène comme dans la fièvre typhoïde.

Ces réserves faites, il est néanmoins certain qu'il existe dans les cas typiques un tableau clinique assez particulier : la céphalée, les douleurs lombaires, l’asthénie, qu'accompagnent des phénomènes de catarrhe, forment un groupement symptomatique assez caractéristique; que ces symptômes se montrent à la fois chez un grand nombre de personnes, on portera le diagnostic de grippe et on parlera d’épidémie grippale.

Mais en dehors des périodes épidémiques, on observe des affections qui présentent les caractères habituels de la grippe. Suivant le médecin et d’après la localisation prédominante, la maladie prendra ce nom ou sera dénommée coryza, laryngite, trachéite, bronchite. On retrouve là quelque vestige des anciennes discussions entre organicistes et humoristes.

En réalité, les catarrhes saisonniers, pour peu qu'il existe des phénomènes généraux, ne peuvent être différenciés de la grippe, et présentent souvent les mêmes complications que celle-ci.

La grippe peut être confondue avec toutes les maladies infectieuses fébriles, dans leur période initiale. | On pense souvent à la fèvre typhoïde. Dans la forme typique la distinc-

1. JaAcQuES BERTILLON. De la mortalité à Paris pendant le mois de décembre 1889, Bull. méd., 8 janvier 1890.

DIAGNOSTIC. Fasc. III. — A65

Lion est facile, mais dans les formes atypiques, et surtout dans la fièvre typhoide des enfants où les phénomènes nerveux, la dépression générale sont souvent moins marqués, le diagnostic peut n'être affirmé que par l’hémoculture ou la séro-réaction. Les mêmes considérations s'appliquent, et à plus juste titre encore, aux a/fections paratyphoïdes.

Lors de la dernière épidémie on a pensé à plusieurs reprises au fyplius exanthématique, à la peste, au choléra, à la dysenterie (1).

La grippe ne ressemble nullement au typhus, pas plus qu'à la peste pneumonique ; quant aux phénomènes dysentériformes observés chez des crippés, généralement entéritiques anciens, ils étaient faciles à distinguer, par l'examen bactériologique, de la dysenterie amibienne ou bacillaire qu’on observait à la même époque.

L'éruption, qui accompagne d’ailleurs bien rarement la grippe, avait fait penser, au début de l'épidémie de 1889 qu'il pouvait s'agir de dengue. On. en à reparlé, dans certains pays, à propos de l'épidémie de 1918.

De Brun (?), plus récemment Armand Delille (), ont bien marqué les caractères différentiels de la dengue : double éruption, flouleurs des genoux, rareté du calarrhe.

La fièvre de trois jours ou à pappatacis qui a sévi sur nos troupes en Macédoine ne doit pas non plus être confondue.

On ne confondra pas les accès de paludisme avec les allaques de grippe : cependant, d'après de Brun, certaines formes de grippe maligne peuvent ressembler aux accès pernicieux.

En 1916, on à signalé aux armées, (ant sur le front oriental que sur le front occidental, des affections fébriles de courte durée. Elles ont recu des noms divers : Fièvre du cinquième jour (deux jours de fièvre avec cinq jours d’apyrexie), tibialgique, de Volhynie, de la Meuse, des tranchées. Î semble qu'il s'agisse de la même maladie infectieuse. Ressemblant un peu à la grippe par la brusquerie de l'invasion, la céphalée, les douleurs des globes oculaires, des muscles, de la colonne vertébrale, elle s’en distinguerait cependant par l'absence de catarrhe, l'intensité des douleurs dans les jambes qui peut nécessiter lemploi de la morphine, l'augmentation de volume de la rate dans certaines formes.

Les fièvres éruptives ne prêtent guère à l'erreur. Nous avons cependant cité la confusion possible au début avec une rougeole ; de même la rachialgie a parfois fait penser à la variole.

Le diagnostic avec une poussée aiguë de tuberculose pulmonaire chronique peut être assez délicat. La grippe peut simuler la tuberculose lorsqu'il existe des hémoptysies dans les formes avec congestion pulmonaire ou pneumonie. En général, la localisation du foyer en dehors du sommet, le mode de début, l'absence d’amaigrissement, de fièvre avant la période actuelle, l’épidémicité permettront de faire le diagnostic: Mais parfois. l'allure trainante de la congestion pulmonaire grippale, sa localisation,

1. Wurrz et BEZANÇON. Notes sur l'épidémie parisienne de grippe et sur les erreurs de diagnostic que certaines formes peuvent entraîner. Bull. Acad. méd., 1° oct. 1918.

2, DE Brun. La grippe et la dengue. Rev. de méd., 1891.

3. À. DELILLE. Note sur les principaux caractères de la Dengue méditerranéenne observée aux Dardanelles et en Macédoine. Soc. des hôp. 20 oct. 1916.

MEXETRIER el STÉVEXNIN.

surtout quand elle atteint le net ns le.

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ES COÉCL.

RUES | Yamamouchi,

1. Cu. NicoLce et Le BaïLLY. Béhe di . sur le Fi u: de 1 Acad. des Se., 14 oct. 1918 et Annales de l'Inst. Posteur, n°6. 19409: 107%

2. GiBson, Bowmax et Connor. The British ao Journal. Déce 1949. : s

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