KELeCH. Trailé des maladies épidémiques. T. 1, p. M
: ETIOLOGIE DE LA FIÈVRE TYPHOIDE. Fasc. III. — 47
L'épidémie de typhoïde peut se montrer déjà au moment de la mobilisation, comme cela s’est produit en 1870 dans l’armée allemande. Pendant la durée de la campagne, elle redouble de violence parmi les contingents qui interrompent la guerre de mouvement pour se fixer dans les camps; la contamination du sol augmente en effet en raison de la durée du séjour des troupes dans le même endroit. Les corps allemands qui, en 1870-71, bloquaient Metz el Paris, ont été éprouvés d’une façon toute parüiculière. Kelsch, Vincent et Muratet citent des exemples historiques et éloquents des ravages effectués par la fièvre typhoïde dans les rangs des troupes en guerre.
Pendant la guerre de la Sécession, sur 451237 hommes mis en ligne par l'Union, il y eut 75 568 cas de fièvre typhoïde (175 pour 1000) avec27056 décès (217,78 pour 1000). L'armée russe du Danube en 1877-78, sur 529 000 hommes compta 25 000 cas de fièvre typhoïde avec T& cu décès, alors que le nombre d'hommes tués par le feu de lennemi n'atteignit que 4955. Pendant la même guerre, l’armée du Caucase, cn de 246000 hommes, eut 24 475 ue avec 8900 décès Llandis que 1975 hommes seulement furent tués par le feu de l’ennemi. Pendant l'expédition de Tunisie, en 1881, l'armée française, forte de 20 000 hommes, eut 4200 cas de fièvre ty phoide (1 homme sur 5) avec 1059 décès (1 homme sur 20). Pendant la guerre hispano-américaine, l’armée américaine, forte de 107900 hommes, eut 3000 morts par fièvre typhoïde. Pendant la guerre du Transwaal, les Anglais engagèrent 265 000 hommes parmi lesquels 8000 succombèrent à la fièvre typhoïde et 8600 par blessures de guerre.
Dès les premiers mois de la guerre de 1914-1918 éclala dans les armées belligérantes une épidémie de fièvre (typhoïde qui, en raison de limportance des effectifs engagés, a sans doute été la plus considérable de lhistoire. Cette épidémie fut jugulée par la vaccinalion antityphoïdique et antiparalyphoïdique; c’est pourquoi nous en parlerons plus longuement au chapitre « Prophylaxie », à propos des résultats donnés par ces vaccinations préventives. |
F. Wipaz, À. LEMIERRE et P. ABRraMi.
ÉTIOLOGIE DES FIÈVRES PARATYPHOIDES