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Fig. 1. — Fièvre typhoïde bénigne. Courbe thermique normale.
alors entre ce plateau et la période terminale un stade intermédiaire, très particulier, auquel Wunderlich a donné le nom de stade amphibole. Il est caractérisé par des oscillations imprévues, souvent considérables, des exacerbations et des rémissions sans raisons apparentes, qui donnent à la courbe üne « incertitude » des plus accusées. Ce stade amphibole dure habituellement quelques jours, mais il n’est pas rare de le voir se prolonger pendant une ou deux semaines.
6° Caractères du pouls. — L'étude du pouls est corrélative, dans la fièvre typhoïde, de celle de la température; elle présente une importance pratique au moins égale, et fournit des indications pronostiques de premier ordre.
En dehors de toute complication intercurrente, et spécialement de complication cardiaque, le pouls est altéré dans la typhoïde. Les exemples comme ceux qu'a rapportés Murchison, où le pouls n'était ni accéléré, ni ralenti, sont absolument exceptionnels, Le ralentissement du pouls est de même très rare. Dans la règle, le pouls du typhique est accéléré dans la proportion de 99 pour 100 des cas (Murchison). Mais cette accélération, si on la compare au degré thermique, reste le plus souvent modérée, et il y a là comme une dissociation relative des deux symptômes, qui offre une
F. Wipa, À. LEMIERRE et P. ABRAMI.
94 FIÈVRES TYPHOIDE ET PARATYPHOIDES.
valeur diagnostique réelle. Malgré les températures de 40°, 4098, qui sont | habituelles, la tachycardie ne dépasse souvent pas 100; à tel point que la constatation d’une accélération à 120 doit toujours faire soupçonner l’exis-
tence de lésions myocarditiques. « Une température de 39,5, coexistant avec un pouls de 120 et au delà n'appartient, disait Hardy, qu'à un cas mortel ». L’assertion est sans doute excessive, mais elle traduit, en l’exagérant, un fait clinique indéniable.
Le pouls est plus accéléré chez l'enfant et chez la femme que chez l'adulte;
il l’est plus le soir, entre quatre heures et onze heures, que le matin, où il baisse généralement de 10, 20 pulsations par minute; il l’est plus dans les.
formes sévères el prolongées. ; En dehors de cette accélération relativement peu marquée, le pouls du typhique offre deux autres caractères : le dicrotisme et l’hypotension. L'exagération du dicrotisme normal est telle, habituellement, dans la fièvre typhoïde, que le caractère devient aisément perceptible au doigt. « C’est dans la fièvre typhoïde, écrivait Lorrain, qu’on rencontre le dicrotisme le plus intense et le plus régulier... Il n’y a guère de maladies qui donnent lieu à un dicrotisme aussi caractérisé et aussi marqué. » Les tracés sphyg-
mographiques mettent d’ailleurs ce symptôme en pleine lumière; ils font
même apparaître fréquemment un polycrotisme à trois ou plusieurs . rebondissements, qui, contrairement à ce que pensait Lorrain, n’est pas nécessairement l'indice d’une proche convalescence et peut tout aussi bien se montrer dès le seuil de la période d'état (Parisot).
La pression artérielle est toujours abaissée. « La fièvre typhoïde est, de toutes les maladies aiguës, celle qui abaisse le plus la pression artérielle » (Potain). La pression minima est constamment abaïssée (Olmer et R. Vor sin), même dans les formes légères de la maladie.
Troubles secondaires.
Ainsi que nous l'avons dit, il est aisé de se rendre compte que tous les appareils de l’économie sont troublés plus ou moins dans leur fonctionnement.
La respiration du typhique est toujours accélérée; il tousse peu et, cependant, dès la fin du premier septénaire, on trouve dans la poitrme des râles de bronchite, sonores et sibilants, souvent mêlés de râles muqueux, et prédominant fréquemment aux deux bases.
Le foie est habituellement augmenté de volume : hépatomégalie peu importante d’ailleurs. Le bord inférieur de l'organe s’abaisse de un, deux travers de doigt et se montre sensible à la pression et à la percussion. C'est à un fonctionnement défectueux de l’excrétion biliaire que l’on a rapporté la coloration jaune ocre des selles et leur fétidité particulière. L’excrétion
des acides biliaires est, en tout cas, très souvent altérée (Brulé et Garban), comme l'indique la fréquence de réaction de Hay dans les urines.
D'autre part, des recherches récentes nous ont montré (!) que la fonction
4. F. WipaL, P. ABRAMI, et N. Iancovesco. L'épreuve de l’hémoclasie digestive et l’hépatisme latent. Académie des Sciences, t. 171, p. 223, 26 juillet 1920.