III. — FORMES ANORMALES PAR LEUR DURÉE
La fièvre typhoïde peut, dans certains cas, présenter une durée anormalement courte, ou au contraire anormalement prolongée.
1. CARLES. La fièvre typhoïde du combattant. Journal de Médecine de Bordeaux, 1916.
2. PerGes, Dumora et Peyri. Considérations cliniques sur 330 cas de fièvre typhoïde Réunion médic. de la Ve Armée (Presse médicale, 4 novembre 1915).
3. SALOMON. Récentes acquisitions cliniques sur la fièvre typhoïde. (Les grandes questions médicales d’actualilé, Paris 1918, p. 309).
F. Wipaz, À. LEMIERRE et P. ABRraMr.
104 FIÈVRES TYPHOIDE ET PARATYPHOIDES.
l° Forme abortive. — Typhus levissimus. - Griesinger, qui le premier a individualisé cette forme, sous le nom de fyphus levissimus, avait pris soin de faire observer que l’expression se rapporte moins au caractère léger de la maladie qu’à sa courte durée. Le « typhus abortif » peut en effet revêtir parfois une allure sévère ; mais ce qui le caractérise, c'est son évolution rapide et sa terminaison constante par la guérison.
La fréquence de cette-forme paraît variable suivant les épidémies , elle est en moyenne de 15 pour 100 ; 17, 39 pour 100, d’après Letulle, qui a consacré à ce type clinique sa thèse d’agrégation.
Le début en est habituellement brusque (Griesinger), marqué par un frisson, de la céphalalgie, une courbature intense. Dans certains cas, ilest lent et graduel, comparable à celui de la forme commune.
À la période d'état, le syndrome typhoïde existe presque toujours, mais le plus souvent atténué : bien que la température se maintienne aux environs de 40°, et puisse même atteindre 41° (Letulle), le tuphos est peu prononcé; le pouls est plein, rapide ; la langue est saburrale, mais rarement sèche; la splénomégalie est peu marquée; la diarrhée est absente ou donne lieu seulement à deux ou trois selles par jour. Les taches rosées sont très fréquemment notées, mais ne semblent pas avoir la constance qu ee montrent dans les formes régulières de la maladie.
Après une durée de sept à quatorze jours, la défervescence survient. Elle se fait habituellement brusquement, accompagnée souvent de sueurs abondantes (Griesinger) et parfois d’une débâcle polyurique (Letulle). La convalescence est, plus que dans les autres formes de la maladie, entrecoupée fréquemment de rechutes, qui peuvent être légères et, elles aussi abortives, mais qui, par contre, peuvent présenter une terminaison fatale.
2 Fièvre typhoide prolongée. — Il faut réserver cette dénominauon aux fièvres Lyphoïdes dont la durée, anormalement longue (jusqu’à 90 jours, 100 jours même), n'est pas entretenue par des complications intercurrentes, mais résulte de l’évolution même du syndrome typhoïde habituel. De telles formes sont exceptionnelles. Le plus souvent, l'allongement de la maladie tient au prolongement excessif du stade amphibole, dont la courbe très irrégulière, présente pendant plusieurs semaines des oscillations incertaines. D'autres fois, il s’agit de fièvres typhoïdes à recrudescences parfois multiples, où, sans apyrexie vraie, la maladie qui semblait près de guérir subit une poussée nouvelle, qui en prolonge d'autant la durée.
Dans ces formes, l’amaigrissement du sujet devient vite extrême, squelettique ; les complications cardiaques, pulmonaires, cutanées et trophiques se montrent avec une fréquence particulière. Cependant le pronostic est, contrairement à-ce que l’on pourrait penser, bénin (Widal); la guérison est notée dans le plus grand nombre de cas. :
Il faut toujours, en présence de ces formes anormalement prolongées, rechercher l'existence de quelque complication locale, de la phlébite en particulier, qui peut déterminer d’incessantes reprises du processus septicé-
mique et explique la longue durée de la maladie. Nous aurons à revenir longuement sur ce point.
SYMPTOMATOLOGIE. Fasc. III. — 105