‹ Nouveau traité de médicine (volume 3)Chapitre 72 sur 204 · PÉRIODE D'ÉTAT · texte numérisé non relu

PÉRIODE D'ÉTAT

Les paratyphoïdes, à la période d'état, revêtent absolument le masque de la fièvre typhoïde. Le syndrome typhique s’y relrouve, prédominant, avec toutes les variantes que nous avons décrites.

Les phénomènes nerveux, peu accusés dans les formes légères, où la prostralion et la stupeur font fréquemment défaut (Job, Landouzy, Boidin et Burnet, Coyon et Rivet, Étienne, Jeandelize et Soncourt), peuvent être, dans les formes sévères, très prononcés (Chevrel, Sacquépée), et les formes ataxo-adynamiques ne sont pas rares (Raymond, Parisotet Orticoni, Rathery, Ambard, Vansteenberghe et Michel).

Les troubles abdominaux sont les mêmes que dans la dothiénentérie. Ballonnement du ventre, léger dans les cas bénins, accentué dans les cas sévères; douleurs abdominales, accompagnées de gargouillement de la fosse iliaque droite ; constipation (Sacquépée, Chevrel, Coyon et Rivet, Lenglet), ou, au contraire, diarrhée ocre, (Job, Meslay et Coville) fétide, parfois putride (Vincent et Muratet). |

La langue a les mêmes aspects que dans la dothiénentérie, depuis le type léger, où elle reste humide, étalée, rosée, jusqu'au type grave, où elle. est sèche, rugueuse, raccornie.

La rate est grosse; le foie est légèrement hypertrophié et douloureux.

Les taches rosées lenticulaires, systématiquement recherchées par Robinson, se sont montrées dans 60 pour 100 des cas. Elles ont les mêmes caractères que dans la dothiénentérie, sont parfois rares, discrètes (Aubry) ou, au contraire, particulièrement abondantes, pouvant gagner les membres, le cou, la face [Schottmuller, Chevrel(‘)}, et'même revêtir l'aspect d'un exanthème généralisé, ne laissant que de minimes espaces de peau saine [Grenet et Fortineau (5). Les laches rosées anormales sont certainement plus fréquemment observées que dans la typhoïde : taches volumineuses, saillantes, papuleuses, taches foncées, violacées, parfois centrées d’un point sombre. Ces taches anormales s’observent aussi fréquemment dans le paratyphus A (Meslay et Coville, R. Bénard) que dans le paratyphus B. (Schottmüller, Lenglet).

1. Ricnon. Pleurésie purulente à bacille paratyphique A. Réunion médico-chirurgicale de la 1° Armée, mars 1916.

2, JoLTRAIN et PETITJEAN. Pleurésies paratyphoïdes. Réunion médicale de la 1° Armée, août 1916.

3. RAYMOND, PARISOT et OrTicoNI. Formes graves et compliquées des paratyphoïdes. Réunion médicale de la X° Armée, 10 novembre 1915. Presse Médicale, 1916, n° 3, p. 23.

4. CHEVREL. Bacilles paratyphiques et infections paratyphoïdes. Thèse de Paris,

>. GRENET et ForTINEAU. Étude sur une épidémie d'infections typhoïdiques. Soc. méd. des Hôpitaux, 24 décembre 1915.

F. Wipaz, À. LEMIERRE et P. ABRAMI.

170 FIÈVRES TYPHOIDE ET PARATYPHOIDES.

La courbe thermique, dans les formes moyennes, reproduit le tracé classique de la fièvre continue rémittente, avec un plateau voisin de 409, Le pouls a les mêmes caractères que dans la typhoïde : modérément accéléré (80, 90 pulsations à la minute), il est en même temps dicrote, dans un tiers environ des cas |[Carles(!)] et dépressible. L'hypotension artérielle est à peu près constante (Carles) et porte surtout sur la pression minima (Olmer et Voisin). La bradycardie a été plus fréquemment notée que dans la fièvre typhoïde et la constatation d’un pouls inférieur à 70 semble être un élément de diagnostic de certaine valeur (Carles. Sacquépée et Chevrel, Torrens et Wittington, Lafford, Boidin et Burnet).

La Create est identique à celle de la dothiénentérie. Après une période de 3 à 5 semaines (Coyon et Rivet, Aubry), ou davantage (5 à # mois dans les observations de Carles, Netter et Ribadeau-Dumas), la défervescence se produit, généralement enlysis, parfois de façon rapide ou même brusque. Elle est précédée assez souvent d’un stade amphibole aussi net que dans la typhoïde légitime. Il serait plus fréquent et plus prolongé au cours des paratyphoïdes À [Coyon et Rivet (?)].

La défervescence est souvent accompagnée d’une crise urinaire, avec polyurie durable et abondante (Rathery).

La convalescence est lente, parfois pénible et s'accompagne fréquemment d’un état de dyspepsie gastro-intestinale plus où moins accentué.

Page 1