FORMES CLINIQUES
Les infections paralyphiques donnent lieu aux mêmes formes chniques que la fièvre typhoïde. Mais elles se caractérisent par la fréquence des formes bénignes, légères ou écourtées, et par la moindre intervention fe complications graves.
1° Formes atténuées. — Très fréquemment la symptomatologie des paratyphoïdes est atténuée, et reproduit le tableau de l'embarras gastrique fébrile. Ces formes de « paratyphoïdette » qui, avant la guerre actuelle, avaient été décrites par Brill et Kurt dans le paratyphus B, se sont montrées particulièrement fréquentes au cours de la campagne et cela aussi bien dans l’un que dans l’autre paratyphus. Leur début est généralement brusque; les phénomènes prédominants sont d'ordre digestif (nausées, . vomissements, diarrhée, langue saburrale) ; les symptômes typhoïdes sont, au contraire, au second plan. La terminaison est rapide; la guérison survient en 10 à 12 jours.
Dans certains cas, la symptomatologie s’est montrée encore plus atténuée, | se bornant à un état de malaise général, avec constipation opiniâtre, ou, au contraire, diarrhée persistante [Boidin et Burnet(5)}, et une réaction fébrile à peine marquée. Véritable forme ambulatoire, dont Rathery, Ambard, Vans-
1. Carres. Les fièvres paratyphoïdes. Actualités médicales, 1916.
2. Coyox et River. Étude clinique sur les paratyphoïdes. Soc. méd. des Hôpitaux, 8 octobre 1915.
3. BorniN et BuRrNET. Les fièvres typhoïde et paratyphoïdes. Réunion médicale de la IV° Armée, 21 août 1915, Presse Médicale, 1915.
teenberghe et Michel, après Feyfer et Kayser, ont rapporté des exemples.
2° Formes écourtées. — Très fréquemment aussi les paratyphoïdes, bien que revêtant une symptomatologie complète et une allure plus ou moins sévère, sont remarquables par leur courte durée. Celle-ci serait la règle pour certains observateurs (Chevrel, Meslay et Coville, Darré, Job), qui ont vu la terminaison s'effectuer le plus souvent en moins de quinze jours.
En pareil cas, le tracé thermique reproduit généralement, en raccourci, le type classique, mais le plateau de la période d'état n'excède pas en durée 3 à 4 jours. Souvent aussi, la courbe est irrégulière dès son début, sans schématisation possible, ou présente des encoches brusques, suivies de poussées en clocher (Carles). Dans d’autres cas enfin la période d'état manque, et, après une ascension graduelle, jusqu'au fastigium, la défervescence se dessine, en lysis prolongée ou par grandes oscillations.
9° Formes sévères. — Pour fréquentes que soient les formes légères de la maladie, elles ne doivent pas faire oublier l'existence de paratyphoïdes graves. | ;
Des formes ataxo-adynamiques, à évolution prolongée, à pronostic très sombre, ont été observées dans le paratyphus À par Boïdin et Burnet, Raymond, Parisot et Orticoni; dans le paratyphus B par Rathery, Ambard, Vansteenberghe et Michel. Leur symptomatologie ne diffère en rien de celle des formes graves de la typhoïde. Parfois cependant, vers le dixième ou le quinzième jour, l’état ataxo-adynamique cesse brusquement, la fièvre tombe. « Ce changement de décor aussi rapide qu'imprévu » a été attribué par Léon Bernard et Paraf à la vaccination préalable qu’avaient subie leurs malades; Vincent et Muratet ont observé cependant un type ataxo-adynamique abortif chez des sujets non vaccinés.
Des formes asthéniques, avec prostration extrème, tendance à lhypothermie, au collapsus, ont été décrites par Rathery.
Des formes hémorragiques, où le purpura domine, mais où peuvent également s’observer des hémorragies gingivales, intestinales, ont été vues par Rathery, par Giroux (!), dans le paratyphus B, par Job, dans le paratyphus A:(*).