‹ Nouveau traité de médicine (volume 3)Chapitre 75 sur 204 · TERMINAISONS · texte numérisé non relu

TERMINAISONS

Dans leur ensemble, les infections paratyphiques à forme septicémique sont moins redoutables que la fièvre typhoïde à bacille d'Éberth. Cette conclusion, qui se dégageait déjà des faits observés avant la guerre, S’impose après l'étude des grandes épidémies de 1914-1915.

La mortalité est moindre que pour la fièvre typhoïde : quatre à cinq fois plus faible. Elle relève des mêmes causes: que dans la fièvre typhoïde. Les hémorragies et perforations intestinales, la myocardite, les accidents broncho-pulmonaires, sont le plus fréquemment incriminés. La mort subite a été également observée dans des formes hypotensives (Olmer et R. Voisin).

La mortalité est plus faible pour le paratyphus A que pour le B. Sur 446 paratyphoïdes identifiées par l’hémoculture, Merklen et Trotain(*) ont 45 décès (5,3 p. 100) : 10 décès sur 90 paratyphoïdes B, 5 décès sur 596 paratyphoïdes A. Sur 201 paratyphoïdes, Devé (*) a une mortalité de 1,6 Dal pa-

1. Covon et LEMIERRE. Pyélocystites à bacille paratyphique B. Soc. méd. des Hépitaux, 21 juillet 1916, p. 1221.

s DEMANCHE. L’ infection paratyphique des voies biliaires. Thèse de Paris, 1908.

. Giroux. Étude clinique des infections paratyphoiïdes. Loc. cit., p. 371.

. MiNET. Complications des paratyphoïdes. Angiocholécystite mortelle à para B. Soc. méd. des Hôpitaux, 22 octobre 1915.

5. F. WipaL et P. NoBécourT. Séro-réaction dans une infection à paracolibacille. Semaine Médicale, 1896, p. 285.

6. ACHARD. Quelques observations dé fièvres paratyphoïdes. “Annales de Médecine, juillet 1915.

7. À. LEMIERRE et TABERLET. Thyroïdite suppurée à bacilles para lys À. ue et mém. de la Soc. Méd. des Hôpitaux, 1919, p. 513. 8. P. MERKLEN et TROTAIN. Statistique des paratyphoïdes hémoculturées SohdEne cinq mois. Réunion médico-chir. de la IV® Armée, 14 janvier 1916. |

9. Devé. Infections paratyphoïdes. Réunion méd. de la V® Armée, 18 sept, 195.

SYMPTOMATOLOGIE. BASCOLETIEETTSE

ratyphoïdes B et de 0,7 par paratyphoïdes A. Boïdin (‘) a une mortalité de 6 pour 100 dans les paratyphoïdes B; de 1,4 pour 100 dans la paratyphoïde À ; la mortalité par fièvre (yphoïde était, au même moment, chez ses malades, de 17 pour 100. Carles (?) a une mortalité globale (par paratyphoïde À et paratyphoïde B) de 4,70 pour 100; Rathery, Vanstenberghe, Ambard et Michel, de 6,79 pour 100.

Cette mortalité, comme celle de la typhoïde, semble variable suivant les circonstances. Carles observe en février 1915 une mortalité de 6,25 pour 100 ; dans les trois mois suivants, le nombre des décès tombe à 0.

Les malades qui guérissent d’une première atteinte sont parfois, dans une proportion de 10 pour 100 des cas environ, voués à une rechute. Elle s'est montrée dans 10,4 pour 100 des cas de Coyon et Rivet,(f) dans 10 pour 100 des cas de Rimbaud, dans 41,7 pour 100 des cas de Carles. Elle semble plus fréquente, d’après ce dernier auteur, en hiver qu’en été.

Parfois la rechute est précoce, survient après deux ou trois jours d’apyrexie; d’autres fois elle se produit après 10, 15 et même 20 jours; sa durée habituelle est d’une quinzaine de jours.

Enfin, les paratyphoïdes peuvent, comme la fièvre typhoïde, laisser à leur suite des séquelles, biliaires en particulier, qui peuvent devenir le point de départ de réinfections générales, et font d’autre part à ces malades l'avenir toujours incertain des « porteurs de bacilles ».

On voit en résumé que si, dans chaque cas particulier, l'infection paratyphoïde présente une identité complète avec tel cas correspondant d'infection éberthienne, dans l'ensemble cependant, les paratyphoïdes se différencient de la fièvre typhoïde par certains caractères, qui ne deviennent apparents qu'après étude d’un très grand nombre de cas : la plus grande fréquence de l'invasion brusque; la bénignité plus commune du syndrome typhoïde; les irrégularités plus fréquentes du tracé thermique; l’évolution généralement écourtée; la moindre fréquence des complications graves; la moindre mortalité.

Mais, du point de vue de la clinique comme de celui de la pathologie générale, la similitude parfaite qui existe entre la septicémie éberthienne et les septicémies paratyphiques n'en reste pas moins le fait le plus remarquable. Les bacilles paratyphiques sont spécifiquement distincts du bacille d’ Éberth : malgré leur parenté, les réactions humorales qu'ils déterminent dans les organismes infectés par eux sont rigoureusement distinctes; les maladies qu'ils provoquent ne confèrent pas une immunité rétiproque; et cependant ces maladies sont à ce point identiques, par leurs symptômes et leurs complicätions, que seuls, des procédés de laboratoires sont capables de les différencier au lit des malades. ;

4. Borpin. A propos des fièvres typhoïdes. Réunion méd. de la IV* Armée, 14 janvier 1915.

2. CarLes. Les fièvres paratyphoïdes. Actualités médicales, 1916.

5. Coxon et River. Étude clinique sur les paratyphoïdes. Soc. méd. des Hôpitaux,

8 octobre 1915.

F. Wipaz, À. LEMIERRE et P. ABRamMi.

DIAGNOSTIC DES INFECTIONS TYPHOIDE ET PARATYPHOIDES

Il est peu de chapitres de Pathologie qui, en un temps si court, aient subi une transformation aussi radicale que celui du diagnostic de la fièvre typhoïde.

I y a vingt-cinq ans, ce diagnostic reposait uniquement sur les données de la clinique. Souvent ditéoie, parfois même impossible, 1l était, même dans les cas qui paraissaient le moins douteux, toujours imparfait, car on ignorait alors l'existence des fièvres paratyphoïdes. Aujourd'hui, ce diagnostic a acquis un degré de certitude et de précision que ne dépasse celui d'aucune autre maladie infectieuse. Cette transformation est le fait de l'introduction, dans l'étude de la fièvre typhoïde, des méthodes de laboraloire ; inaugurée en 1896 par le sérodiagnostic, elle a été complétée, en 1900, par l oo de l’hémoculture à l'identification de la septicémie éberthienne.

Ces deux méthodes, auxquelles nous sommes redevables de tant de notions nouvelles sur la pathogénie des infections typhoides, sur leurs formes cliniques anormales, sur la nature précise de leurs complications, sont passées aujourd’hui dans le domaine de la pratique journalière. Il n’est plus de médecin qui, en présence d’un cas douteux de fièvre typhoïde se contente actuellement des résultats de-lobservation clinique; et qui n’en recherche le contrôle scientifique par la séro-réaclion ou même par l’hémoculture. Elles seules fournissent en effet les éléments d’un diagnostic certain, précoce el complet.

Voici en effet comment se présente, en pratique, le diagnostic de la fièvre typhoïde.

Dans une première série de cas, surtout eue à lPhôpital, le malade, atteint déjà depuis quelques jours, offre le tableau typique de la dothiénenlérie à sa période d'état. La température élevée, continue, en plateau; la. prostration, la stupeur ; la douleur à la pression de la fosse iliaque droite; la diarrhée ocreuse; la splénomégalie; les taches rosées lenticulaires, angine de Duguet, forment un ensemble symptomatique qui n'appartient qu'à la fièvre typhoïde. Et quand ce tableau clinique est complété par les anamnestiques, quand on apprend le début insidieux, graduel, de la maladie, l'existence de l’épitaxis, de la céphalée, de l’insomnie initiales, on est en droit, sans autre discussion, de porter le diagnostic de fièvre typhoïde.

Mais la clinique, nous l'avons vu, ne peut aller au delà. Elle ne peut dire s’il s'agit d’une infection à bacilles d'Éberth ou d'une infection paratyphoïde. Or, un tel diagnostic ne constitue pas une précision superflue. Il n’est pas indifférent de savoir si l’on se trouve en présence d’une maladie dont la mortalité oscille entre 15 et 20 pour 100, ou d’une autre maladie dont la mortalité avoisine 5 pour 100, quand il s’agit de paratyphoïde B, ou mème

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