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II. — Technique du sérodiagnostic

Pour faire un sérodiagnostic, on recherche si le sérum du sujet agglutine soit le bacille typhique, soit le bacille paratyphique A, soit le bacille paratyphique B, et, dans quelle mesure s'effectue, pour chacun des trois germes, l’'agglutination. Avec le même sérum, on fera donc toujours trois séries de recherches comparatives, destinées à mesurer son action agglutinative à l'égard des bacilles d'Eberth, Para A et Para B.

Le sérodiagnostic peut être effectué de deux façons : par le procédé microscopique et par le procédé macroscopique (Widal).

Le procédé macroscopique est un procédé d'exception; on ne l'emploiera

F. Wipaz, À. LEMIERRE et P. ABramr.

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que dans les cas où, comme au cours de la dernière guerre, le très grand nombre des sérodiagnostics à faire simultanément nécessite des manipulations en série; il exige, en effet, une asepsie parfaite et lemploi d'appareils, tels que l’autoclave et l’étuve, qu'on ne peut trouver que dans des laboratoires de bactériologie, analogues à ce qu’étaient les laboratoires d'armée.

Procédé microscopique. — Le procédé microscopique, au contraire, est le procédé de choix. Non seulement il permet de mesurer le taux limite de l’agglutination avec une facilité et une précision rigoureuse, mais il. représente, par son extrême simplicité, une réaction biologique à la portée de tout praticien. Il nécessite seulement un microscope, quelques gouttes de sang du malade, une culture jeune des bacilles à éprouver, quelques verres de montre, quelques lames et lamelles. Bien plus, l’asepsie absolue des manipulations n’est nullement indispensable ; le sérum à examiner peut être adressé à un laboratoire éloigné, 1l peut s’infecter, sans que pour cela son pouvoir agglutinant soit sensiblement modifié; de même l'hémolyse ou la présence de quelques globules rouges dans le sérum ne nuit en rien à la réaction.

C'est donc ce procédé microscopique que nous décrirons tout d’abord.

Sa technique est extrêmement simple ; ses règles restent celles que l’un de nous a exposées dès le début de ses recherches. Elles concernent:

1° Le choix du sérum ;:

2 Le choix des cultures ;

5° Le mélange du sérum et des cultures en dilutions successives.

1° Le sérum. — Le sang, destiné à fournir lès quelques gouttes de sérum nécessaires à la réaction peut être recueilli de n'importe quelle façon : par piqûre du doigt ou par ventouse scarifiée.

20 Les cultures. — Le choix des cultures à employer demande des précautions indispensables ; faute de les observer, on peut fausser entièrement les résultats du sérodiagnostic.

En premier lieu, il faut utiliser, de toute évidence, des races authentiques des germes à éprouver. Même dans les laboratoires où se pratiquent couramment les sérodiagnostics, et où une race de chaque espèce (bacille d’Eberth, paratyphique À et paratyphique B) est entretenue, par repiquages quotidiens, il est bon, de temps à autre, d'en vérifier l'authenticité par l'épreuve des réactions culturales et par l'épreuve de lagglutination par les sérums expérimentaux. |

En second lieu, il faut s'adresser à des races dont l’agglutinabilité est certaine, fixe et élechive. Les souches entretenues depuis longtemps dans les laboratoires conviennent le mieux à cette nécessité, et il y a avantage à employer toujours les mêmes dans la pratique du sérodiagnostic,.

En ce qui concerne le bacille typhique, le choix de la souche à employer est facilité par ce fait, signalé par l’un de nous depuis longtemps, que la plupart des échantillons de ce &erme ont une agglutinabilité équivalente. Mais il n'en est pas de même pour les bacilles paratyphiques, dont l’aggluünabilité peut présenter, d’un échantillon à l’autre, des variations parfois considérables (Abrami, Weïssenbach et Gautier). Cette variabilité est sur-

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tout marquée, nous l’avons vu, pour les souches récemment isolées de lorganisme. |

En troisième lieu, le milieu dans lequel les germes sont en suspension n'est pas indifférent. Il faut se servir soit d’une culture en bouillon, âgée de 24 heures, soit d’une émulsion faite extemporanément, en délayant dans l’eau salée à 9 pour 1000 une culture sur gélose inclinée âgée de 24 heures. De ces deux milieux, préconisés par l’un de nous dès 1897, le dernier a l’avantage de se prêter à une concentration microbienne à peu près fixe, élément qui offre une importance réelle pour la comparaison des séro-réactions effectuées en séries (Nicolle, Weissenbach et CI. Gautier).

Quel que soit le milieu utilisé, on devra toujours s’assurer qu'il ne renferme que des germes isolés, mobiles; la présence de bacilles réunis en amas avant toute addition de sérum créerait une cause d’erreur des plus importantes.

5° Mélange du sérum et des cultures. Méthodes des dilutions. — A l’aide d’une pipette en verre, finement étirée, on répartit d'abord, dans trois verres de montre, 9 gouttes, 29 gouttes, 49 gouttes de lémulsion de bacille d'Eberth; puis, après avoir soigneusement lavé la pipette, on ajoute dans chaque verre de montre une goutte du sérum à éprouver et l’on agite immédiatement ces mélanges. Ils contiennent respectivement des dilutions à 1 pour 10, à 1 pour 50 et à i pour 90 du sérum, mis en contact de bacilles typhiques.

On recommence la même série d'opérations, en employant cette fois une émulsion de bacilles paratyphiques À, puis une dernière série, en utilisant le bacille paratyphique B.

Les trois séries de mélanges une fois opérées, on déposera, sur des lames de verre propres, numérotées, une goutte de chacun d'eux, en commençant par les dilutions les plus étendues, et en ayant soin, après chaque série, de laver soigneusement sa pipette. Chaque goutte est recouverte d’une lamelle et les préparations seront examinées au bout de 2 heures, à sec, avec un objectif n° 8 et sans condensateur. Dans chaque série, on recherche le taux limite exact de l’agglutination : ce taux est indiqué par la préparation la plus diluée où se constate encore la présence d’amas agglutinés. Il est bon de commencer cette lecture par les préparations les plus diluées; il arrive parfois, en effet, que l’agglutination, nulle à la dilution de 1 p. 10, apparaît au contraire dans les dilutions plus étendues à 1 p. 30 ou 1 p. 50. Ce phénomène paradoxal, dont l'explication échappe encore, a été noté par divers observateurs. (Neissel et Weinberg, de Blasi et Bérardini, Cerrito, Jouffroy, Weissenbach et Gautier.)

Si dans une ou dans plusieurs des trois séries en expérience, on constate que l’agglutination est positive au taux de 1 p. 50, il faudra la rechercher par de nouvelles dilutions du sérum, à 1 p.100, 1 p. 200, 1 p. 500, etc, ; jusqu à ce qu'on ait atteint de façon certaine le taux limite de l'agglutination. De même, si la dilution à 1 p. 50 donne des amas au microscope, alors que celle à 4 p. 100 n’en donne pas, on fera de nouvelles dilutions intermédiaires aux deux précédentes, à 1 p. 60, 1 p. 70, 1 p. 80. La principale préoccupa-

F. Wipar, A. LEMIERRE et P, ABraMi.

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tion, on ne saurait trop le répéter, est la détermination précise du taux limite de l’agglutination.

Procédé macroscopique. — La recherche de la réaction agglutinante par le procédé macroscopique sera réservée, ainsi que nous l’avons dit, aux cas exceptionnels où l’on a à effectuer simultanément un très grand nombre de sérodiagnostics.

Ce procédé nécessitant le séjour des dilutions à l’étuve, pendant plusieurs heures, oblige, contrairement au procédé microscopique, à des précautions d’asepsie parfaite. Le sérum à éprouver proviendra d'un sang recueilli aseptiquement, par ponction de la veine, dans un tube stérile; les tubes destinés à contenir les dilutions seront stérilisés. |

Comme dans le procédé microscopique, chaque sérodiagnostic comportera trois séries de mélanges, mettant au contact le sérum à éprouver avec une émulsion de bacilles typhiques, une autre de paratyphique A et une dernière de paratyphique B.

Chaque série comportera neuf petits tubes à hémolyse. À laide d'une pipette en verre, on répartira d’abord l’émulsion microbienne, dans les proportions suivantes (Weissenbach et A. Gautier) :

Tube 1:78 sonttes, Tube 6 : 14 gouttes.

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