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M. NicOLLE. MLLE A. RAPHAËL et E. DEBAINS. Loc. cit

F. Wipar, À. LEMIERRE et P. ABRAMi,

14 FIÈVRES TYPHOIDE ET PARATYPHOIDES.

duits de sécrétion des microbes, mais par des produits de désintégration de ces microbes. Aussi s’est-on préoccupé, en définitive, d'obtenir, indépendamment des exotoxines peu actives, les protéines contenues dans les corps microbiens, les endotoxines du bacille d'Eberth.

Mac Fayden et Rowland ont extrait ces endotoxines par broyage de cultures à basse température ; Besredka, par trituration de cultures sur gélose avec du sel marin, puis par addition d’eau; Balthazard, par mise en contact des cultures avec des solutions d’urée à 1 ou 2 pour 100, ou de chlorhydrate d'ammoniaque à 1 pour 100, qui font gonfler et éclater les corps bacillaires, puis par des alternatives de réfrigération et de réchauffements successifs; Bassenge, par ‘action d’une solution à 1 pour 100 de lécithine, qui dissout les bacilles d’Eberth. Par ces procédés, ces différents auteurs sont arrivés à obtenir des toxines tuant le cobaye en injection intrapéritonéale à la dose de 1 à 2 centimètres cubes.

Il résulte de toutes ces expériences que les poisons du bacille d’Eberth semblent inséparables du corps bacillaire et n’agissent pas à distance. Du reste, toutes les lésions de la fièvre typhoïde sont liées à la présence du bacille lui-même dans les tissus et les organes.

Inoculation aux animaux. — Gaffky, dès qu'il eut isolé et cultivé le bacille d’'Eberth, tenta, sans succès, de l’inoculer au singe. Fränkel et Simmonds, en injectant des cultures typhiques à des cobayes, des souris el des lapins, provoquèrent, chez certains de ces animaux, des infections mortelles avec tuméfaction dela rate et du tissu Iymphoïdeintestinal.Ces résultats, confirmés par Michaïl Fodor et Seitz, furent contestés par Sirotinin, Beumer et Peiper, qui prétendirent que les animaux avaient succombé à une intoxication et non à la multiplication des bacilles injectés dans leur organisme.

Il fallut les travaux de Chantemesse et Widal(!) pour démontrer d'une façon irréfutable que le bacille d'Eberth peut provoquer chez les animaux de laboratoire des infections généralisées comparables, jusqu’à un certain point, à la fièvre typhoïde. En inoculant à la souris et au cobaye des cul tures virulentes, fraîchement isolées de l'organisme humain, ces auteurs ont vu se dévolopper une septicémie rapidement mortelle avec tuméfaction du foie et de la rate et présence d’une masse de bacilles d'Eberth dans ces deux organes, ainsi que dans le poumon, l’encéphale, le rein, le testicule et a moelle osseuse. Injecté dans les veines ou le péritoine du lapin, ce bacille virulent provoqua une maladie fébrile accompagnée de diarrhée et d’amaigrissement : à l’autopsie existait du gonflement ou des ulcérations des plaques de Peyer et de la tuméfaction des ganglions mésentériques. De nombreux bacilles existaient dans ces organes lymphoïdes enflammés, ainsi que dans la rate et dans le foie. Ultérieurement, Chantemesse et Widal obtinrent un virus fixe d’une nocivité extrême, en associant le bacille d'Eberth à des cultures tuées de streptocoque; ce virus provoquait également, en même Lemps qu’une septicémie, la tuméfaction des plaquesde Peyer.

1. CHANTEMESSE et WipaL. Recherches sur le bacille typhique et l’étiologie de la fièvre typhoïde. Archives de Physiologie, 1887. T. 9, p. 217. — Etude expérimentale sur lexaltation, l'immunisation et Ia thérapeutique de l'infection typhique, Annales de l'Institut Pasteur, 1892, p. 755.

ÉTIOLOGIE DE LA FIÈVRE TYPHOIDE. Fasc. III. — 1à

Ces résultats furent confirmés par Cygnœus qui, le premier, 1isola le bacille d'Eberth des déjections de lapins infectés ; par Gasser, par Gilbert et Girode, par Sanarelli, qui provoqua chez les animaux soit des infections aiguës rapidement mortelles, soit des infections lentes susceptibles de guérir, mais susceplibles aussi de donner des rechutes fatales, si l’on injectait à l'animal des cultures filtrées de colibacille ou de proteus; par Milhit et Chabrol, qui ont vu un baeille typhique à virulence exallée par passages successifs en sac de collodion dans le péritome de lapins, suivant le procédé de Chantemesse et Balthazard, déterminer, chez un de ces animaux, une congestion intense de l'intestin et des ulcérations imtestinales.

L’inoculation de cultures typhiques sous la peau, dans les veines ou dans le péritoine, porte directement l'agent microbien au sein de l’économie, au delà des barrières protectrices naturelles. Ce mode d'infection expérimentale diffère complètement de celui qui provoque la fièvre typhoïde humaine. Il n’en est pas de même dans les expériences suivantes.

Avant la découverte du bacille Lyphique, Murchinson, Klein, Bahrdt, Klebs et Chomjakoff avaient lenté d’infecter des animaux en leur faisant ingérer des matières fécales de typhiques. Birsch-Hirschfeld avait même réussi à provoquer par ce moyen une maladie fébrile avec tuméfaction des plaques de Peyer. Dans des expériences plus récentes, où à utilisé des cul- Lures de bacille d'Eberth.

Chantemesse et Ramond, ayant donné à un macaque, pendant trois ou quatre Jours. une petite quantité de ces bacilles, puis une forte dose de culture fraiche et très virulente, ont vu survenir de la fièvre, de la diarrhée, de l’anorexte, puis de l’hypothermie ayant abouti à la mort. À l’autopsie, ils ont trouvé des ulcérations sur la partie terminale de l'intestin grêle, sur le cæcum, el de la tuméfaction des ganglions mésentériques et de la rate. La rale contenait des amas de bacilles d'Eberth. Ces auteurs, en répétant la même expérience chez des lapins « humanisés » par des injections répétées d'urine ei de sérum humains, ont constaté les mêmes phénomènes cliniques et analtomo-pathologiques que chez le macaque. Remlinger, chez le lapin et le rat blane, a obtenu des résultats semblables.

Metchnmikoff et Besredka, en 1911(1), ont fait ingérer à des chimpanzés el à un gibbon, soit des matières fécales de typhiques, soit des cultures virulentes de bacilles d'Eberth. Ils ont vu survenir de la fièvre el parfois de la diarrhée. À ce moment, l’hémoculture donnait constamment du bacille 'Eberth et le sérodiagnostie était posiuf. Le plus souvent, la maladie guérissait. Quand la mort survenail par bronchopneumonie ou par eolite, on conslatait la tuméfaction des plaques de Peyer. Les singes anthropoïdes peuvent donc, expérimentalement, contracter une maladie {out à fail identique à la fièvre typhoïde humaine, beaucoup plus difficile à réaliser chez les singes inférieurs.

Récemment, Besredka (?} a montré que, si le lapin normal supporte habi-

1. EL. MercaniKorr et A. Besrepk4a. Recherches sur la fièvre typhoïde expérimentale. Annales de l’Institut Pasteur, 1911. N° 5, p. 195.

2. BEsREDKA. Reproduction des infections paratyphique et typhique. Sensibilisation au moyen de la bile. Annales de l'Inst. Pasteur, 1919, t. XXXITIE, p. 557.

F. Wipaz, À. LEMIERRE et P. ABRamr.

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tuellement, sans aucun dommage, l’ingestion de doses massives de bacilles typhiques et paratyphiques, il n'en est pas de même lorsqu'on fait mgérer préalablement à l'animal 5 à 10 centimètres cubes de bile de bœuf. La bile ingérée a pour effet d'enrichir le contenu intestinal en virus et d’intensifier la sécrétion biliaire propre du lapin. Celle-ci provoque une desquamation intense de la muqueuse intestinale, qui favorise la résorplion du virus et sa généralisation dans l'organisme. Le lapin, ainsi préparé par ingestion de bile, succombe avec des lésions intestinales accentuées: l’ensemencement du sang du cœur donne des cultures du bacille typhique ou paratyphique, utilisé dans l'expérience. |

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