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TRAITEMENT. Fasc. III, — 951

broncho-pneumonies qui surviennent dans toute maladie infectieuse. Les changements fréquents de position, le décubitus demi-assis, l'application répétée de ventouses sèches et au besoin de ventouses scarifiées, les tonicardiaques, les stimulants du système nerveux, feront les principaux frais de la thérapeutique. La balnéation sera continuée, ainsi que nous l’avons dit, sauf si les bains froids font apparaître l’'hémoptysie, l’essoufflement ou la tendance à la défaillance cardiaque.

Il est exceptionnel que la pleurésie nécessite par son abondance la thoracentèse; celle-ci ne s’adressera qu'aux formes purulentes, et souvent d’ailleurs, ne sera alors que le prélude d’une thoracotomie.

Accidents nerveux. — Le délire et l’insomnie, si fréquents au cours de la fièvre typhoïde de quelque intensité, cèdent habituellement, nous l’avons vu, à l’hydrothérapie bien conduite. Dans certains cas cependant, ces symptômes, par leur ténacité fatigante, exigent l’emploi de médicaments adjuvants. Le chloral à petites doses, le véronal et ses dérivés, la codéine, seront alors utilisés avec fruit.

L'adynamie sera combattue énergiquement; à la balnéothérapie s’associeront les injections sous-cutanées d'huile camphrée à hautes doses (20 à 50 c.c. par 24 heures), de strychnine (4 à 6 milligrammes), d’éther, de caféine.

Traitement de la convalescence. — Le danger principal qui marque la convalescence de la fièvre typhoïde, c’est l’écart de régime, origine habituelle de la rechute. Nous avons déjà, à propos de l'hygiène alimentaire, insisté sur la nécessité pour le médecin de résister à la faim excessive de son malade, de surveiller de très près son régime, de ne permettre pendant longtemps que des mets légers, facilement digestibles, et de n’augmenter que très prudemment la quantité des aliments.

C’est souvent, d'autre part, pendant la convalescence, que surviennent des vomissements tenaces. Tantôt ils sont en rapport avec une achylie gastrique, résultant de l’inanition relative qui a été parfois imposée au malade pendant toute la durée de son infection. IT faut alors avoir recours à une véritable suralimentation, et imposer au typhoïdique un régime substantief, surtout composé de mets solides, et dont les viandes rôties formeront la base. D’autres fois l'intolérance gastrique est liée à des lésions stomacales persistantes; c’est un accident très sérieux, contre lequel il faut mettre précocement en œuvre une thérapeutique énergique : diète hydrique absolue, applications de compresses très chaudes ou au contraire glacées sur la région épigastrique, lavages de l'estomac.

En résumé, on voit qu'en l'absence d’un traitement spécifique vraiment efficace, la thérapeutique de la fièvre typhoïde est, avant tout symptomatique et éclectique. Elle comprend lapplication de toute .une série de moyens, hygiéniques, diététiques, médicamenteux, destinés à lutter contre les manifestations principales et contre les accidents qui, du premier au dernier jour de cette maladie souvent fort longue, peuvent surgir Inopinément. La thérapeutique de la fièvre typhoïde répond à des indications multiples; si la balnéothérapie en constitue, encore aujourd'hui, l'agent

F. Wipai, À. LEMIERRE et P. ABraMi.

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COLIBACILLOSE

Par MM.

F. WIDAL et A. LEMIERRE Professeur de Clinique Médicale Professeur agrégé à la Faculté . à la Faculté de Médecine de Paris de Médecine de Paris. Membre de [’Institut et de { Académie de Médecine, Médecin de {Hôpital Andral,

Le microbe dont nous allons étudier le rôle en pathologie a été décrit en 1885 par Escherisch, sous le nom de bacterium coli commune; le terme cohbacille, créé ultérieurement par Chantemesse, Widal et Legry, est celui qui est le plus généralement employé en France. Ce microbe est un hôte normal de l'intestin et des voies génilo-urinaires inférieures. Comme d’autres saprophytes du corps humain, tels que le streptocoque et le staphylocoque, le colibacille peut devenir pathogène et Gilbert a englobé sous le nom de « colibacillose » les maladies qu'il provoque. Celles-ci sont multiples : le colibacille peut agir sur place et léser gravement les régions où il végète à l’état normal. Nous verrons que, si son rôle dans la genèse des infections intestinales est entouré d’obscurités, les suppurations qu’il détermine au niveau des voies urinaires, biliaires et génitales ont été parfaitement étudiées. Parti de ces foyers locaux, le colibacille peut envahir la circulation sanguine et réaliser des septicémies. C’est à l'étude de ces septicémies que nous nous attacherons surtout dans cet article. Leur description est devenue plus aisée depuis que la pratique de l’hémoculture s’est répandue, éliminant les causes d'erreur que donnaient les examens bactériologiques post mortem. Nous avons soigneusement rassemblé les observations qui nous ont paru offrir toutes les garanties désirables. Elles sont, à l’heure actuelle, suffisamment nombreuses pour permettre d’avoir une vue d’ensemble sur le sujet et de dégager les différents aspects cliniques des septicémies colibacillaires. Ces aspects varient suivant le siège et la gravité de la lésion colibacillaire initiale, suivant aussi qu'il ne se produit pas ou qu'il se produit des localisations secondaires, pouvant elles-mêmes, à un moment donné, dominer la scène morbide. Les infections sanguines dues au colibacille affectent très fréquemment l'allure des grandes pyohémies chirurgicales; mais elles peuvent, dans certaines circonstances, rappeler par leur évolution une fièvre typhoïde ou paratyphoïde. Ce n’est pas un des côtés

1. Consulter : CHANTEMESSE, Wipaz et LeGry. Des infections par le colibacille. Société Méd. des Hôp., 1891, p. 657. — Winas. Le Colibacille. Étude bactériologique et clinique. Gazette hebdomadaire, 1899, p. 2 et 13. — G. ÉTIENNE. Les infections colibacillaires. Paris, 1899. — Grzsert. Article Colibacillose. Traité dé Médecine et de Thérapeutique, LENHARTZ. Die Septischen Erkrankungen, 1903. — JocHmanx. Art. Kolisepsis. Handbuch der Spesiellen Medizin de Monr et STAEHELIN. — ‘ESCHERISCH et PFAUNDLER. Art. Bacterium coli. Handbuch der Pathogenen micro-organismen. Kolle et Wassermann.

F. Wipaz et À. LEMIERRE.

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les moins curieux de l’histoire du colibacille, que cette aptitude pathogène qui le rapproche des autres bacilles du groupe coli-typhique.

Sous tous leurs aspects, les infections colibacillaires intéressent le médecin et le chirurgien. Leur fréquence est considérable; leur polymorphisme, quelquefois déconcertant. Il est bon d’être instruit d. différentes formes qu’elles peuvent prendre, ainsi que des moyens de les diagnostiquer.

BACTÉRIOLOGIE

Morphologie. -- Le colibacille est un bâtonnet court et trapu. Fréquemment il affecte la forme d’un coccobacille avec une coloration bipolaire et un espace clair central. Sa longueur est de 1 à 5 u; sa largeur de O0 y 4 à 0 w 6. Il peut prendre une forme arrondie ou s’allonger en filaments; ce dernier aspect est particulièrement marqué sur les milieux riches en sels et plus encore dans certaines urines purulentes. Tantôt le cohibacille est immobile, tantôt il présente des mouvements moins vifs que ceux du bacille d'Eberth ; parfois il est d’une extrême mobilité. I possède en général 4 à 6 cils, plus courts que ceux du bacille d'Eberth, et insérés à ses deux extrémités. Il ne donne pas de spores.

Il est facilement coloré par toutes les couleurs d’aniline et ne prend PAe le Gram.

Cultures et propriétés biologiques. — Le colibacille est un anaérobre facultatif. Il trouble uniformément le bouillon avec fréquemment formation d’une mince pellicule à la surface; ses cultures dégagent une odeur féca-. loïde. Sur gélose 1l donne des cultures épaisses, larges, d’un blanc éclatant.

Sur gélatine en stries, ses colonies forment un enduit opaque, blane, visqueux, à bords minces et transparents. En piqûre 1l se forme un disque blanc et luisant à la surface, avec de petites colonies dans la profondeur. La gélatine n’est pas liquéfiée. |

Sur pomme de terre, le colibacille donne un enduit épais et succulent, d'abord incolore, puis jaunâtre et enfin brunâtre: sur artichaut, des colonies épaisses et de couleur verte (Roger). |

Les cultures en eau peptonée de 48 heures de colibacille additionnées de quelques gouttes de solution d’azotite de soude à 1 pour 5000, puis de quelques gouttes d'acide sulfurique prennent une coloration rose ou rougeâtre indiquant la présence d'indol (Kitasato). Le colibacille fait fermenter le lactose, le glucose, la mannite, le maltose, la dulcite, le galactose, le lévulose, la glycérine et d'une façon inconstante, le saccharose (Chantemesse et Widal). L'action du cohibacille sur le lactose est d’une importance capitale. Chantemesse et Widal ont montré que cette action permet de distinguer avec une certitude absolue le colibacille du bacille d'Eberth; elle le sépare non moins nettement des bacilles paratyphiques A et B qui, pas plus que le bacille typhique, ne: font fermenter le lactose. De cette propriété dérivent une série de milieux destinés à l'identification du colibacille : bouillon lactosé bicarbonaté de Chantemesse et Widal, gélose lactosée

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tournesolée de Wurtz, eau peptonée tournesolée de Grimbert, milieu de Drigalski, gélose fuchsinée d’Endo.

Le colibacille fait virer au jaune verdâtre fluorescent la gélose glucosée au rouge neutre, et provoque la formation de bulles de gaz qui disloquent le milieu. Il se développe sur gélose au sous-acétate de plomb sans changer l'aspect du milieu.

Le cohbacille, cultivé dans le /ait, en provoque, en général, la coagulation en 48 heures; avec certains échantillons, ce phénomène peut être beaucoup plus lent et peut demander jusqu'à 14 jours pour se produire (Jaffé). Il semble que cette propriété ne soit pas due à la formation d'acide lactique, mais à un ferment spécial analogue à la présure.

Le colibacille se développe sur les tubes de gélose vaccinés contre les bacilles typhiques (Chantemesse et Widal) et paratyphiques, c’est-à-dire sur des tubes sur lesquels se sont développées des cultures de ces microbes et qui ont ensuite été grattés. Il pousse même, quoique maigrement, sur les tubes vaccinés contre le colibacille.

Action pathogène pour l'animal. — L'action pathogène exercée par le eolibacille sur l'animal est extrèmement variable. C'est ainsi que les colibacilles isolés du sang au cours des septicémies humaines se montrent tantôt très nocifs, tantôt à peu près inoffensifs pour les animaux de laboratoire, sans qu'il existe aucun parallélisme entre la virulence pour l'animal et la gravité de l'infection humaine. On voit d'autre part des colibacilles provenant de l'intestin de sujets normaux se montrer très virulents pour les animaux.

On peut artificiellement exalter la virulence du colibacille en faisant des passages en série, de préférence par inoculation dans la plèvre ou dans le péritoine. On peut aussi suturer l’anus d’un cobaye; l'animal succombe rapidement d’occlusion intestinale ; la sérosité intestinale est riche en colibacilles virulents.

L'inoculation de colibacille virulent dans le péritoine du cobaye détermine en 24 heures la mort par péritonite avec hypothermie. Le colibacille se généralise à tout l'organisme. À l’autopsie, on trouve un exsudat péritonéal fibrino-purulent et de la tuméfaction des den Iymphoïdes de l'intestin (Rodet et G. Roux).

L'inoculation sous-cutanée au cobaye donne un abcès local : la mort survient au bout de quelques jours par septicémie et l’on trouve à l’autopsie les mêmes lésions du tissu lymphoïde intestinal.

Le lapin résiste mieux que le cobaye au colibacille. Un colibacille isolé du sang pendant la vie par Widal et Lemierre, au cours d’une septicémie humaine bénigne, tuait le lapin en 24 heures, après une simple injection sous-cutanée de 2 c. c. de culture en bouillon, par septicémie et péritonite fibrineuse. Habituellement, pour obtenir de pareils résultats, des doses beaucoup plus fortes sont nécessaires, à moins de s'adresser à des colibacilles à virulence artificiellement exaltée. Lorsque le lapin survit à l’inoculation sous-cutanée, après avoir présenté un abcès au point d'injection, 1l se produit parfois, au bout de quelques jours, des suppurations multiples des ganglions mésentériques, du foie et de la rate. Dans une expérience de

F. Wipaz et A. LEMIERRE.

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Gilbert et Lion, un lapin fut atteint, plusieurs semaines après une inoculation intraveineuse de colibacilles, d’une poliomyélite antérieure.

Toxines du colibacille. — Le colibacille ne donne pas de toxines diffusibles d’une activité comparable à celle des poisons diphtérique et tétanique. Pourtant l'injection de cultures filtrées de colibacilles détermine chez le lapin des troubles qui ont été minutieusement décrits par Gilbert et qui peuvent aboutir, soit à la mort rapide par convulsions et coma, soit à la mort lente par cachexie et hypothermie.

La toxicité des cultures filtrées de colibacille a été également constatée chez le cobaye par Boix, Achard et J. Renault, et chez la grenouille par Roger.

Les paracolibacilles. — Le colibacille constitue, avec le bacille d'Eberth, les bacilles paratyphiques, le bacillus faecalis alcaligenes, les bacilles dysentériques un groupe de bactéries présentant de grandes analogies morphologiques et biologiques, qu'on désigne sous le nom de groupe Cohtyphique. Dans ce groupe entrent aussi toute une série de bacilles que lon rencontre occasionnellement, soit dans l'organisme de l’homme ou des animaux, soit dans le milieu extérieur, dans l’eau notamment. Ces bacilles, tout en se rapprochant plus ou moins d’une des espèces bien individualisées que nous avons énumérées, en diffèrent par quelque caractère anormal. A une époque où l’on n'avait de notions réellement précises que sur les deux espèces extrêmes du groupe, le colibacille et le bacille d'Eberth, Gilbert et Lion ont proposé, pour désigner les bacilles atypiques, le terme de paracolibacilles, qui a été consacré par l’usage. Certaines espèces, mamtenant bien définies, telles que les bacilles paratyphiques, ont été rangées un moment parmi les paracolibacilles et en sont actuellement dégagées.

On réserve aujourd’hui l'appellation des paracolibacilles à des bacilles, évidemment très proches du cohibacille, mais qui en diffèrent par l'absence d'un ou de plusieurs des caractères habituels de ce bacille; on peut les désigner aussi sous le nom de colibacilles atypiques.

Il est bon de savoir, tout d’abord, que le colibacille le plus légitime est capable de subir, sous l'influence du milieu où il se développe, certaines transformations purement temporaires. Fréquemment on isole, soit des organismes vivants, soit du milieu extérieur, des colibacilles ayant perdu une ou plusieurs des propriétés du type normal, mais qui récupèrent ces propriélés à la suite de quelques repiquages ou-de passages successifs chez l'animal. C’est ainsi que certains colibacilles fraîchement isolés peuvent ne pas faire fermenter le lactose, ne pas donner d’indol ou ne pas faire virer le rouge neutre alors que, dans les conditions. que nous venons de dire, ils récupèrent ces propriétés et redeviennent des colibacilles typiques. Ces modifications temporaires ont pu être expérimentalement réalisées par Miasnikof, Jacknin, Rémy, Grimbert et Legros, Lepierre.

Les colibacilles temporairement atypiques établissent une transition entre les colibacilles légitimes et les colibacilles définitivement atypiques ou paracohbacilles. Avec Gilbert et Lion on distingue plusieurs variétés de ces derniers :

Une première variété est constituée par des bacilles ne différant du coli-

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