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BACTÉRIOLOGIE. Fasc. III. — 937

bacille vrai que par l'absence de mobilité. Un exemple en est fourni par un bacille isolé par Gilbert et Lion dans un cas d’endocardite et qui provoquait chez les animaux des endocardites, des aortites, des méningites.

Une deuxième variété comprend des bacilles immobiles, faisant fermenter le lactose, mais ne donnant pas d’indol. Gilbert et Lion ont rangé un moment parmi eux le bacillus lactis aerogenes qui est, en réalité, un bacille encapsulé, très proche du pneumobacille de Friedländer. Il existe néanmoins des paracolibacilles immobiles ne donnant pas d’indol, ressemblant beaucoup au bacillus lactis aerogenes.

Une troisième variété comprend des bacilles mobiles, faisant fermenter le lactose; mais ne donnant pas d’indol. Achard et J. Renault ont signalé des microbes semblables dans les infections urinaires. Gilbert et Lion en ont trouvé dans l'intestin, à côté des colibacilles typiques. René Porak(!) a isolé du sang d’une femme atteinte d'infection des voies biliaires, un microbe de

. cette variété qu'il a comparé à un échantillon décrit par J. Renault dans

l'infection urinaire.

Une quatrième variété de paracolibacille est caractérisée par son absence d'action ou par le peu d'intensité de son action sur le lactose. Des exemples en ont été rapportés par Gilbert et Lion, Bourmann, Davis, Miasnikof, Ito, Meinicke et Neuhaus. Il est probable que certains de ces microbes seraient aujourd'hui rangés parmi les bacilles paratyphiques; mais depuis que ceux-ci sont connus, certains auteurs ont continué à désigner sous le nom de paracolibacilles des microbes sans action sur le lactose; c’est ce qu'ont fait Ch. Schône(?) et Klieneberger(5) pour deux bacilles isolés par hémoculture au cours des septicémies humaines.

Les catégories de paracolibacilles que nous venons d’énumérer s’écartent du type Focal par l’absence de mobilité, d'action sur le lactose et de production d’indol, bref de ce que l’on considère habituellement comme les caractères fondamentaux du colibacille; mais si l’on passe successivement en revue toutes les autres réactions de ce microbe, on en rencontre occasionnellement des souches, chez qui une ou plusieurs de ces autres réactions peuvent faire défaut définitivement, et qui méritent, eux aussi, d’être rangés parmi les colibacilles atypiques où paracohbacilles. On peut concevoir que le nombre de ces variétés atypiques grossira à mesure que se multiplieront les milieux de culture destinés à l'identification du colibacille.

Il existe des colibacilles atypiques qui ne font pas virer le rouge neutre; d'autres restent sans action sur certains sucres comme le saccharose: certains ne coagulent pas le lait; certains noircissent avec plus ou moins d'intensité la gélose au sous-acétate de plomb.

D'autres, enfin, possèdent les caractères ordinaires du colibacille typique, mais en diffèrent en ce qu'ils possèdent des propriétés biologiqnes spéciales : tel le bacille de la diarrhée verte des enfants, décrit par Lesage,

1. R. Porax. Un cas de septicémie à paracolibacille. Progrès médicul, 1912, p. 5.

2. Cu. ScHôNE. Nachweiss eines atypischen Bakterium coli als Krankheiïtserreger beim Menschen. Berlin Klin. Woch., 1909, p.389.

3. KLIENEBERGER. Zur Kasuistik der Parakolibazillenseptikämie. Zentralblatt für innere Medizsin, 1909, n° 46, p. 1121.

F. Wipaz et À. LEMIERRE.

238 COLIBACILLOSE.

qui est un colibacille chromogène donnant un pigment vert; tels les coli-

bacilles hémolytiques de Schottmüller et Much(‘); tel le bacille trouvé par Moutier(?) dans le sang d’une femme atleinte de septicémie à forme

typhoïde, qui, fraîchement isolé, ne donnait que des traces imperceptibles

d’indol et faisait à peine fermenter le lactose et qui, après récupération de ces propriétés, par repiquages successifs, différait encore du cohbacille par ce fait que ses cultures grattées laissaient encore pousser le bacille d’Eberth.

On peut dire avec juste raison qu'il n’y a pas un, mais des colibacilles. À côté du colibacille légitime, idéal, à côté des colibacilles plus ou moins passagèrement atypiques, les paracolibacilles ou colibacilles définitivement atypiques forment un groupe bigarré, dont certains échantillons s’écartent très peu du type normal, tandis que d’autres s’en éloignent par lPabsence d’un ou de plusieurs caractères importants et se rapprochent davantage du bacille d’Eberth ou des bacilles paratyphiques. A l’heure actuelle, les bactériologistes ont tendance à plutôt désigner ces derniers sous le nom de bacilles paratyphiques atypiques ou de bacilles intermédiaires et nous les retrouverons au chapitre consacré aux paratyphoïdes.

Peut-être, de l’ensemble disparate formé actuellement par les paracohbacilles et les bacilles intermédiaires, verrons-nous sortir ultérieurement de nouvelles espèces bien individualisées, méritant de prendre rang à côté du colibacille typique, du bacille d’Eberth et des paratyphiques.

Remarquons que les paracolibacilles possèdent vis-à-vis de l'organisme humain les aptitudes pathogènes des autres variétés du groupe coli-typhique ; ils sont souvent les agents de septicémies parties de l'intestin, et donnent volontiers naissance à des infections des voies urinaires ou des voies biliaires.

LE COLIBACILLE A L'ÉTAT SAPROPHYTIQUE

Le colibacille est un saprophyte de l'intestin de l’homme et des animaux.

Il s’y trouve vis-à-vis des autres microbes intestinaux en quantité prédominante, au point d'exister presque seul dans les selles de certains individus (Gilbert et Dominici, Strassburger). Gilbert et Dominici l’ont trouvé dans l'estomac, Grimbert et Chuquet dans la bouche de 45 pour 100 des individus. On l’isole souvent à l’état normal de l’urèthre de l’homme et de:la

femme, du vagin, des organes génitaux externes, de la peau des régions

anale et génitale.

L'enfant naît avec un tube digestif stérile, mais qui se peuple de bactéries

pendant les jours qui suivent la naissance. Le passage à travers les voies :

génitales pendant l'accouchement, l'air ambiant, l'alimentation provoquent l'ensemencement de la bouche; la contamination initiale pourrait se faire aussi par l’anus (Schild). Chez l'enfant nourri au sein la flore intestinale

1. SCHOTTMÜLLER et Muc. Die Opsonine als Differenzierungs- und Identifizierungs

mittel pathogener Mikroorganismen. Münch. Med. Woch., 1908, n° 9, p. 453. 2. F. Mourier. Fièvre continue à forme de typhoïde légère déterminée par un bacille voisin du coli. Arch. de Méd. expérim. et d'Anat. pathol. Sept. 1906, ne 5, p. 649.

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