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LE COLIBACILLE AGENT PATHOGÉNE. Fasc. III. — 939
est très simple : un microbe anaérobie, le bacillus bifidus de Tissier, y domine, associé au colibacille et au bacillus lactis aerogenes. À partir du jour où l’alimentalion devient plus complexe, le colibacille ne cesse d'exister dans l’intestin en quantité prédominante, quelles que soient les proportions respectives des autres germes, éminemment variables d’un individu à l’autre et, chez un même individu, suivant le moment considéré.
Certains biologistes, séduits par une hypothèse de Pasteur qui s'était demandé si la vie est possible sans microbes, ont pensé que la flore intestinale et notamment le colibacille contribue à l'élaboration et à l'absorption des substances alimentaires (Schottelius, Moro, Bogdanow). Les expériences de Nüttal et Thierfelder, de Cohendy, de Kuster, de Wollmann(!') ont au contraire élabli que la digestion intestinale s'opère dans les meilleures conditions sans le concours des microbes.
Le colibacille intervient dans les putréfactions intestinales, mais son rôle est bien moins important que celui des anaérobies, bacillus putrificus, bacillus sporogenes et bacillus perfringens. En tout cas il provoque, aux dépens des peptones, la formation d’indol, de phénols, de mercaptan et d'hydrogène sulfuré. D’après Metchnikof, la résorption de ces produits par l'économie engendrerait une intoxication chronique qui mène à la sénilité.
En dehors de l'organisme animal, le colibacille conserve longtemps sa vitalité. Il est beaucoup plus résistant que le bacille d'Eberth aux agents physiques : dessiccation, chaleur, lumière et il lui faut, pour subsister, beaucoup moins de substances organiques. [l se conserve dans les déjections humaines et animales ; on le retrouve à coup sûr dans la terre des champs fumés et souvent dans l’eau des fontaines, des puits, des cours d’eau, où il est l'indice d'une souillure fécale.