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LE COLIBACILLE DANS LES INFECTIONS INTESTINALES

Le colibacille étant un saprophyte intestinal et son rôle dans la pathogénie des entérites de divers types ayant été surtout jugé d’après l'étude bactériologique des matières fécales, les notions que nous possédons à ce sujet sont assez confuses. Le colibacille à été incriminé comme agent du choléra nostras par Gilbert et Girode, par Giraudeau et Rénon, par Hobbs, par Delépine. On lui à surtout attribué un rôle important dans la genèse des gastro-entérites infantiles (Wyss, Hueppe, Macé et Simon, Lesage, Marfan); mais on n'a pu retenir aucun des caractères qu’on avait cru découvrir dans ces cas chez les colibacilles pathogènes, tels que leur présence à l'état de pureté dans les selles (Lesage) leur virulence plus grande pour les animaux ou la production d’une quantité plus considérable de toxines diffusibles (Lesage et Macaigne). Si des colibacilles sont réellement capables de déterminer des entérites, rien ne les distingue dés colibacilles saprophytes. Du reste Marfan (!) pense qu’en pareil cas le colibacille n’est pas la cause première de la maladie : des poisons, venus du dehors ou élaborés dans l’intestin à la faveur d’une alimentation vicieuse, irritent et lèsent la muqueuse qui se laisse alors pénétrer par le colibacille. Nobécourt () estime que l’exaltation de la virulence du colibacille intestinal est le résultat d’une symbiose.

Que le colibacille agisse primitivement ou comme germe d'infection secondaire dans les entériles, il n’en est pas moins vrai que, quelquefois chez l’adulte, et plus fréquemment chez l'enfant, on le voit traverser la muqueuse intestinale el passer dans la circulation sanguine. Nous reviendrons plus loin sur les infections générales d’origine intestinale chez les adultes; mais nous rappellerons ici que Lesage a isolé assez souvent le colibacille du sang d'enfants agonisants, atteints de gastro-entérite. Czerny et Moser, Kowalewski et Moro, Szegü ont également trouvé dans une proporlion de cas assez élevée du colibacille dans le sang des nourrissons présen-

1. MarFAN et Maror.Infections secondaires dans la dyspepsie gastro-intestinale des nourrissons. Revue mensuelle des maladies de l'enfance, 1893, p. 357 et 400.— MarrFan et BERNARD. Sur la présence de microbes dans la muqueuse intestinale de nourrissons atteints de gastro-entérite. Presse Médicale, 15 novembre 1899.

2. NopécourT. Recherche sur la pathogénie des infections gastro-intestinales des nourrissons. Thèse de Paris, 1899.

F. Wipaz et À. LEMIERRE.

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tant des diarrhées aiguës ou chroniques. Ribadeau-Dumas et P.-J. Ménard (1), ayant cuve le sang de huit enfants atteints de diarrhée, ont obtenu dans un cas un Ph le el dans un cas un paracolhibacille. On observe parfois aussi, au cours des gastro-entérites infantiles, des complications à distance témoignant d’un passage du colibacille dans la cireulation. Nous aurons à revenir sur ce point.

Achard et Broca, Krogius, Grouilloud et Adenot, de Kleki ont attribué au colibacille une importance considérable dans la genèse des appendieites. Il a été trouvé seul ou associé au streptocoque dans le pus de péritonites appendiculaires (Hodenpyl, Charlotte de Mayer, Macaigne). Au contraire, dans des cas analogues, Veillon et Zuber n’ont trouvé que quelques rares colibacilles accompagnés de microbes anaérobies, de streptocoques, ou bien seulement des anaérobies et même du pneumocoque sans cohbacille. Il est probable qu’un grand nombre d’appendicites sont provoquées par des agents microbiens apportés par voie circulatoire; mais il est très admuissible qu’en pareil cas le colibacille intestinal puisse secondairement envahir les tissus enflammés ou nécrosés et intervenir seul ou associé aux anaérobies intestinaux dans la genèse des suppurations périappendiculaires. On le trouve souvent dans les pyléphlébites et les suppurations à point de départ appendiculaire; c’est lui qu'on isole parfois du sang, comme nous le verrons, au cours de certaines septicémies consécutives à des appendicites.

Nous n'’insisterons pas sur le rôle joué par le colibacille dans les péritonites consécutives à toutes les variétés de perforations intestinales. En pareil cas, il ne se trouve pas seul dans le pus péritonéal, mais en assoclation avec divers moon intestinaux et notamment avec les anaérobies. Sans doute est-ce à l’action de cette symbiose, plutôt qu'au colibacille lui-même, qu'il faut attribuer les phénomènes de collapsus précoce habituels dans ces péritonites.

Il n’est pas besoin que la paroi intestinale soit perforée pour que le colibacille parvienne jusque dans la cavité péritonéale. Depuis longtemps les recherches de Nepveu, de Clado, de Bônnecken, de Malvoz ont montré que ce microbe se trouve seul ou associé dans la sérosité des sacs herniaires, sans qu'il y ait même sphacèle de l'intestin. Toutes les formes d’ on. intestinale entraînent des troubles circulatoires, de la stase veineuse, de l'arrêt du courant artériel, de l'œdème des différentes tuniques, des desquamations épithéliales qui facilitent la pénétration du colibacille dans la paroi de l'intestin; il peut ainsi atteindre facilement la séreuse et même s’introduire dans la circulation sanguine.

Le colibacille se retrouve dans les suppurations qui | se développent au voisinage de l'intestin. Achard et Renault, Lannelongue et Achard (?) l'ont isolé du pus d’abcès périrectaux. Dans un cas de septicémie colibacillaire rapporté par Widal et Lemierre (5), le point de départ de l'infection géné-

1. Rigapeau-Dumas et P.-J. MÉNARD. Culture du sang des nourrissons au cours des

diarrhées prolongées. C. R. de la Soc. de Biologie, 1 décembre 1907, p. 601.

2. LANNELONGUE et AcHarp. Abcès de la marge de l’anus par le colibacille. Bull. médical, 1893, p. 75.

9. WiDaL et LEMIERRE. Septicémies colibacillaires. Gazette des Hôpitaux, 1904, n° 81, p.805.

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rale était un phlegmon de la fosse ischio-rectale don le pus fourmillait de colibacilles.

Le colibacille peut déterminer des lésions du premier segment du tube digestif. Lermoyez, Helme et Barbier (‘) ont signalé des lite avec concrétions blanchâtres, dues au colibacille. Widal(?), a observé une angine phlegmoneuse à colibacille avec association discrète des streptocoques. De Blasi et Russo Travali(s) ont trouvé le colibacille associé dans les fausses membranes au bacille diphtérique. Bourges a noté sa présence dans les angines érythémateuses simples et dans les angines scarlatineuses. Hudelo et Bourges (‘) enfin l'ont isolé des syphilides diphtéroïdes de la gorge.

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