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LE COLIBACILLE DANS LES INFECTIONS BILIAIRES

Les expériences de Dupré et Létienne, de Charrin et Roger, de Gilbert et Dominici ont montré que, dans certaines conditions, le colibacille présent normalement dans l'intestin peut envahir de bas en haut le canal cholédoque et, par voie ascendante, provoquer des angiocholites et des cholécystites. L'infection ascendante spontanée des voies biliaires par le colibaçille serait la cause de certains ictères infectieux, de certaines cirrhoses biliaires (Gilbert et Lereboullet, Gilbert et Lippmann); évoluant chroniquement, elle serait un des facteurs les plus importants de la lithiase biliaire (Gilbert, Dominici, Fournier, Mignot).

Il est peu probable que le cholédoque se laisse envahir par le colibacille ant que ses parois sont intactes et tant que la bile s'écoule librement vers l'intestin. L'infection ascendante se produit au contraire facilement toutes les fois que cet équilibre normal se trouve compromis. C'est ce qui se produit dans le cancer du canal cholédoque ou de la tête du pancréas, dans la rupture d’un kyste hydatique dans les voies biliaires et surtout dans la lithiase biliare. Il semble résulter à l'heure actuelle des travaux d’Aschoff et Bacmeister, de Chauffard et de ses élèves, que la formation de calculs dans la vésicule n’est pas la conséquence d’un processus infectieux local. Mais il est certain que les calculs vésiculaires, surtout lorsqu'ils subissent des migrations, appellent l'infection ascendante. C'est alors qu'intervient le colibacille, et c’est pourquoi ce microbe peut être considéré comme le grand agent des complications infectieuses de la Hithiase biliare. Si lon prélève du pus dans la vésicule au cours des opérations effectuées chez les lithiasiques, c'est le colibacille que l’on trouve le plus souvent. Comme les cholécystites et les angiocholites calculeuses, les suppurations hépathiques ou périhépatiques des lithiasiques sont dues, dans la grande majorité des cas au colibacille; de même les septicémies et les pyohémies survenant ”

1. LeRMoYEz, HELME et Bargrer. Un cas d’amygdalite chronique colibacillaire. Bull. de la Soc. Méd. des H6p., 1894, p. 449.

2. WipaL. Angine phlegmoneuse à colibacilles. Bull. de la Soc. Méd. des H6p., 9 février 1894.

3. DE BLast et Russo TravaLzr. Associations bactériennes dans la diphtérie. Annales de l’Institut Pasteur, 1896, p. 387.

4. HuDELO et BOURGES. Recherches bactériologiques sur les fausses membranes des syphilides diphtéroïdes. Société de Biologie, 21 janvier 1894.

F. Wipaz et À. LEMIERRE.

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chez la même catégorie de malades. Ainsi restreint, le rôle du cohbacille reste encore considérable, car les angiocholites et les cholécystites sont, dans la grande majorité des cas, d’origine calculeuse. US Les mêmes considérations s ‘appliquent aux infections du pancréas. Expé- 00 rimentalement, P. Carnot a reproduit toutes les variétés de lésions pancréa- 5e tiques en injectant des cultures de colibacilles dans le canal de Wirsung. x Et On sait que les deux derniers centimètres de ce canal sont normalement contaminés par la flore microbienne du duodénum, et que des suppurations : du pancréas peuvent être oblenues par simple ligature de l'extrémité de ce canal. En pathologie humaine, nul doute que tout que ce qui peut comprimer ou obturer les conduits excréteurs du pancréas, calculs ou cancers, ne puisse entrainer, en raison de la rétrostase, une infection canaliculaire ascendante à colibacilles.

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