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III. — Influence de l’état d’immunité du sujet

Par contre, un facteur de premier ordre, avec la dose bacillaire, est l’état d'immunité ou de sensibilité vis-à-vis du bacille de Koch d'un sujet préparé par une infection tuberculeuse antérieure.

C'est Koch (1), le premier, qui, en 1891, montra l’état d'immunité conféré à un animal par une inoculation tuberculeuse antérieure.

Si on inocule à un cobaye sain une cullure de bacilles, il ne se produit aucun symptôme dans les premiers jours; ce n’est que ÿers le dixième ou le quinzième jour qu'apparaît au point d’inoculation un nodule dur, qui s'ouvre bientôt, et produit un ulcère persistant jusqu'à la mort de l’animal. Or, les . cobaye déjà infectés depuis 4 à 8 semaines et qu'on réinocule de nouveau se comportent d’une façon très différente.

Chez eux, dès le lendemain ou le surlendemain, le point de réinoculation, devient dur et prend une coloration rouge violacée, puis noirâtre sur une étendue de un demi-centimètre à un centimètre. Gelte zone ne tarde pas à s'éliminer, faisant place à un ulcère qui guérit rapidement, d’une façon définilive, sans production de nodule et sans que les ganglions correspondants soient tuméfiés.

Les recherches ullérieures de nombreux auteurs, en particulier Detre Deutsch (2), Della Cella (3, Kratz et Gros (4), Rômer (5), Hamburger (6); permirent d'expliquer ce qu'on appela le « phénomène de Koch » et d'en fixer les conditions de production. Ce sont surtout les expériences plus récentés de Calmette et Guérin (7), de Rômer et Joseph, de Bezançon et de Serbonnes(8), de G. Fenzi, de Rist, Léon-Kindberg et Rolland (9), qui montrérent toute l'importance de cette découverte.

Pour obtenir dans toute sa pureté le phénomène de Koch il est nécessaire d’avoir des animaux tuberculisés, ayant des lésions ulcéreuses nettes, mais non cachectiques. D'autre part, il faut injecter une quantité de bacilles relativement considérable.

R. Kocu, Deutsch. med. Woch., 15 janvier 1891, p. 101. DeTRE DEurscx, Wien. Klin: Woch., 1905, n° 9, p. J08,

Romer, Beitrage zur Klin. d. Tuberk., 1909-1910-1912-1914. 6) HAMBURGER, id.

(9) Risr Léon-KixpserG et RozLaxb, id., 1914, n° 3, p. 310, n° 4,p. 375; Rorraxn, Thèse Paris, 1914.

M. LETULLE et P. HALBRON.

Comme l'ont montré Bezançon et de Serbonnes, Rômer et Joseph, une

réinfection faite avant le quinzième jour, ou plutôt avant que la lésion lo-

cale de primo-inoculation ne soit nettement développée, déterminé la production d'abcès tuberculeux évoluant. Ce n'est qu'après cette époque, qu'ap-.

paraît le véritable phénomène de Koch, caractérisé par la nécrose.

Comme l'avait déjà vu R. Koch, ce phénomène est réalisable avec des bacilles morts et de la tuberculine (à la découverte de laquelle il conduisit) ; il comprend essentiellement deux variétés de faits : 1° Un phénomène de sensibilité extrême, se traduisant par les violentes réactions congestives de la peau, bien étudiées par J. Rolland et conduisant à l’escarre; 2° Un phénomène d'immunité : les bacilles ne végètent pas sur place, n’y déterminent pas la formation de lésions ulcéreuses, ne gagnent pas le ganglion, mais tout se passe comme s'ils étaient violemment détruits sur place ou éliminés.

purent éliminer le facteur sensibilité et ne mettre en lumière que le phéno-

mène d’immunité. Les cobayes inoculés sous la peau antérieurement suppor-

tent, sans aucun trouble local ni général, sans qu'il se développe aucune lésion au point de réinoculation, ni dans le groupe ganglionnaire tributaire, la réinoculation de petites doses de bacilles suffisantes pour imfecter un

cobaye neuf, avec production d’un chancre typique. Comme pour le phéno- | mène de Koch, il est nécessaire pour obtenir un phénomène de Rômer de

s'adresser à des animaux présentant des lésions FHRATEMIES bien développées et une réaction nette à la tuberculine.

Ce n’est pas seulement au niveau de la peau que le phénomène de la réinfection tuberculeuse se manifeste avec ses deux aspects immunité et sensibilité. O. Baïl (1), détermina par réinoculation intra-péritonéale un phénomène du même ordre dont l'étude a été récemment reprise en Amérique par Bronfrenubrenner et Manwaering (2), en France par Rist, Kindbérg et Rolland (3). Dans les heures qui suivent la réinoculation intra-péritonéale de

grosses doses de bacilles, le cobaye présente des symptômes généraux mar-

qués : dyspnée, malaise, élévation de la température, en même temps qu'ap-

paraît un épanchement hémorragique. L'animal ne tarde pas d'ailleurs à succomber en moins de 24 heures, parfois avec des crises épileptoïdes. Il est

possible de suivre le sort des bacilles tuberculeux ainsi inoculés dans le péritoine et d'observer leur disparition progressive en faisant des prélèvements fréquents à la pipette. Rist, Kindberg et Rolland avaient pensé que cette disparition était imputable à une lyse bactérienne analogue au phénomène de Pfeiffer. Comme l’a montré Burnet (4), cette hypothèse est difficile à vérifier, étant donné l'exode des bacilles tuberculeux dans les franges épiploïques.

Si au lieu de fortes doses, on ne réinocule dans le péritoine que des petites

O. Baiz, Wien. Klin. Woch., 29 juillet 1904, n° 30, p. 846 ; n° 9,2 mars 1905, p. 211. BRONFRENNBRENNER et ManwarixG, The Journal of exp. med., 1916.

(3) Risr, Kinp8erG et Rorrann, Annales de médecine, 1914, n° 3, p. 310 et n° 4, p. 375. (4) Burner, Annales de l’Institut Pasteur, février 1915.

D'ailleurs, en opérant cette fois avec de très faibles doses de bacilles, rêt-. noculées à des animaux déjà tuberculisés antérieurement, Rômer et Joseph.

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