INJECTIONS INTRA-PULMONAIRES
On a essayé d'agir directement sur les lésions par injection à travers la paroi pour produire une sclérose locale. On a employé ainsi la solution iodoiodurée (Koch, Pipper), le chlorure de zinc à 5 p. 100 (Comby).
De ces essais, on peut rapprocher les tentatives d'injecticns intra-pulmonaires de substances antiseptiques, iodoforme, créosote et gaïacol, camphre.
Il n’est pas besoin d'insister longuement sur ces méthodes peu employées, ni sur les dangers que peut présenter cette technique.
L’injection intra-pulmonaire par les voies naturelles semble appelée à plus d'avenir ; il semble logique.d’apporter directement au contact des lésions les substances modificatrices. La technique de ces injections a été l’objet de nombreuses recherches. Lermoyez, de La Jarrige ont préconisé l'injection sous le contrôle du miroir laryngoscopique ; la canule est introduite ainsi sous l'orifice glottique et l'injection est poussée à coup sûr dans les voies aériennes. On peut injecter 2 à 3 centimètre cubes de liquide, sans réaction violente du malade. Guisez recommande pour l'injection des doses plus considérables, qu'il juge indispensables au traitement des lésions pulmonaires l'injection intra-bronchique directe, après anesthésie parfaite à la cocaïne du larynx et de la trachée. Différents auteurs, Mendel en particulier, ont indiqué des pro-: cédés plus faciles d'injection directe, sans employer le miroir laryngé, soit en injectant dans la région sus-glottique (Mendel), soit en portant le liquide dans la glotte à l’aide d’une sonde spéciale (Balvay) (1).
G. Rosenthal (2) a conseillé les injections après piqûre de l’espace intercrico-thyroïdien et s’il faut, comme chez les tuberculeux, des injections répétées, la trachéo-fistulisation avec une très fine canule laissée à demeure dans l’espace inter-crico-thyroïdien, ce qui permettra facilement un traitement régulier.
On injecte ainsi des substances antiseptiques, goménol ou eucalyptol,
(1) En contrôlant à l’écran radioscopique les injections intra-trachéales, faites sans le contrôle du miroir, d'huile iodée, opaque aux rayons-X, Sicard, Lian, Pr. Merklen, ont conclu que ces injections ne pénétraient pas dans les voies respiratoires ; au contraire P. Claisse et Serrand ont vu l'huile iodée pénétrer dans les bronches. Bull, Soc. méd. hôp., 1922, pp. 463 et 579.
(2) G. RosénTHAL, La technique de l'injection intercrico-thyroïdienne et de la trachéofistulisation. Paris médical, 26 juin 1920, p. 521.
LA LUTTE ANTITUBERCULEUSE. Fasc. XII. — 351
en solution à 5 ou 10 p. 100 dans l'huile végétale ; des doses de 2 à 20 ce. ont pu être employées sans inconvénient. Ces injections peuvent avoir de bons effets dans les cas de suppuralions associées à la tuberculose, de dilatations bronchiques, de cavernes gangréneuses.
Les recherches expérimentales de Besredka (1), les essais de Rénon ei Mignot (2) sur l'administration respiratoire des sérums thérapeutiques ouvrent peut-être un chapitre très important de la thérapeutique de la tuberculose pulmonaire. Les sérums sirupeux concentrés, injectés par voie laryngotrachéale, sont remarquablement supportés.