PROPHYLAXIE DE LA TUBERCULOSE INFANTILE
L'enfance a besoin de mesures prophylactiques spéciales. Le nourrisson doit être soustrait le plus tôt possible à la contagion maternelle, lorsqu'il est né d’une mère contagieuse. Il devra être mis à l'abri, ensuite, des contaminations de la famille et du milieu. Dans la seconde enfance, il faudra encore essayer d'éviter la contagion ; on sait, en plus, les dangers des surinfections ; l'enfant contaminé en devra être préservé.
Les principes de la préservation ont été établis par Grancher, lorsqu'en 1903 il fonda « l'œuvre Grancher », qui est le modèle des organisations fondées depuis. Elle enlèvé aux parents tuberculeux leurs enfants de 3 à 6 ans, encore sains ou tout au moins ne présentant pas de tuberculose apparente; elle les place à la campagne chez des paysans, où ils s’habituent à la vie rurale; ils y passent leur vie scolaire jusqu’à 13 ans, et, aulant que possible, ils resteront aux champs. Les résultats prophylactiques sont excellents : sur 1.000 enfants ainsi placés, 2 seulement sont morts tuberculeux. Dans le milieu parisien, les enfants qui restent en contact avec leurs parents tuberculeux contractent la maladie dans la proportion de 60 p. 100 et les pupilles de l’œuvre Grancher, pris dans le même milieu, ont une! morbidité tuberculeuse de 0,4 p. 100. (Armand-Delille). L'œuvre Grancher parisienne a ‘des filiales qui s'occupent de réaliser le placement à la campagne pour les tuberculeux des départements. A côté de cette œuvre privée, il est à souhaiter, qu’à l'exemple de l'Office public d'hygiène sociale de la Seine, les organisations départementales s’efforcent de réaliser le placement familial à la campagne des enfants de tuberculeux.
A défaut du placement familial, on peut, au moins, transporter les enfants de tuberculeux dans des établissements spéciaux placés à la campagne.
Les préventoriums, écoles de plein air, sont destinés à recevoir les enfanis légèrement touchés par l'affection, atteints, par exemple, de légères adénopathies trachéo-bronchiques. Ils suivent les classes en passant ur journée à la campagne, et rentrent, le soir, à la maison.
Pour les enfants plus atteints dans leur état général, de véritables cures sanatoriales sont utiles, et les formes ganglio-pulmonaires se trouvent très favorablement influencées par les climats marins tempérés. C’est ainsi que le sanatorium d'Hendaye (Basses-P yrénées), dépendant de l’Assistance publique de Paris, rend de très grands services.
Pour les nourrissons, les organisations prophylactiques sont encore peu
M. LETULLE et P. HALBRON,
développées. Léon Bernard et Debré (1) ont montré les excellents résultats de préservation qu'on obtient dans une crèche de femmes tuberculeuses où l'on isole les nourrissôns de la contagion maternelle. Ultérieurement, ilconviendra comme dans l'œuvre Grancher, de placer les nourrissons à la campagne, soit en placement familial, soit en placement collectif dans des pouponnières (2).