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HÉRÉDITÉ DE LA TUBERCULOSE. Fasc. XII. — 13
quantités de bacilles, le cobaye les supporte, sans quil se produise la péritonite tuberculeuse, qui se développe chez les témoins.
F. Bezançon et Brunel de Serbonnes (1) oblinrent un phénomène analogue au niveau du poumon par réinoculation intra-trachéale de grosses doses de bacilles. Tandis que chez le cobaye neuf, une telle inoculation produit une pneumonie ou une broncho-pneumonie caséeuse, chez l'animal antérieurement tuberculeux, elle ne détermine que des lésions congeslives, assez intenses pour occasionner souvent la mort de l'animal. Mais au cas où l'animal survit, il ne se produit aucune lésion de caséification. Grysez et Petit- Dutaillis (2), au laboratoire de Calmette, ont étudié d'une façon analogue l'effet des inhalations de bacilles de Koch répétées à divers intervalles. Ils purent mettre en évidence l'état d’immunité que détermine une première inhalation infectaute vis-à-vis des réinhalations successives, si elles ne sont pas faites à de trop fortes doses. À une date plus éloignée et avec de fortes quantités de bacilles, il se produit un phénomène analogue au phénomène de Koch, avec ulcération, lésions nécrotiques et formation des cavernes.
Les inoculations sanguines enfin, si meurtrières pour les animaux neufs, sont remarquablement supportées par les animaux tuberculisés antérieurement, comme l’ont montré Calmette et Guérin (3) chez les bovidés, Rômer (4) chez le mouton, R. Debré et J. Paraf(5) chez le cobaye. Aussitôt après la réinoculation, il se produit des phénomènes généraux intenses (fièvre, amaigrissement, congestion œdémateuse) amenant parfois la mort des animaux. Mais les animaux qui survivent se comportent absolument comme s'ils n'avaient pas subi la réinfection sanguine.
Ces phénomènes d'immunité, si nets Chez l'animal, se retrouvent également chez l’homme. En 1886, Marfan attira l'attention sur ce fait, qu'on ne constate presque jamais de tuberculose pulmonaire évolutive chez les sujets qui pendant l'enfance ont été atteints de ganglions suppurés (écrouelles) et qui en ont guéri. De nombreux cliniciens ont confirmé depuis la valeur de la « loi de Marfan » | Triboulet (6), Meyel (7), Léon Bernard et Masselot(8)]. Ces derniers ont apporté le résultat d’une statistique portant sur plus de 1.000 cas de tuberculose pulmonaire chronique, avec seulement 2,2 p. 100 de cas d'adénopathies suppurées guéries, 0,09 p. 100 de lupus, 8,1 p. 100 d’adénopathies non suppurées.
Ces faits cliniques et expérimentaux permettent de comprendre la genèse et la nature de l'immunité-antituberculeuse.
(1) Bezançox et DE SERBONNES, Annales de médecine, 1914, p. 129. (2) GRysez et Peritr-Durarzzis, 21 déc. 1912 et 18 oct. 1913.
3) CazueTrE et GuÉéRiN, Annales de l’Instilut Pasteur, 1902 et 1908.
) RômER, loc., cit.
5) R. Desné et J. Parar, C. R. Soc. biologie, 18 déc. 1920 et 8 janv. 1921.
6) TriBouLer, la Clinique, 29 mai 1908.
7) Mexez, Bulletin médical, 22 juillet 1908.
8) Léox Bervaro et Massecor, Bullelin de la Société d'éludes de tuberculose, 11 juin 1914.
M. LETULLE et P. HAIBRON