I. — Lésions de la plèvre
Étude macroscopique. — L'ouverture du thorax laisse échapper un liquide plus ou moins abondant, dont la quantité peur atteindre et ie 4 litres, de couleur jaunâtre, transparente, analogue à l'urine.
Le poumon est rétracté contre la colonne vertébrale et le cœur plus ou moins refoulé. «
Les deux plèvres présentent un aspect villeux.
La plèvre viscérale, qui atteint une épaisseur d'un centimètre, est recouverte de fausses membranes, fibrineuses, blanc jaunâtre, molles, friables, se détachant facilement. Ces fausses membranes tapissent la plèvre, flottent dans le liquide ou cloisonnent la cavité pleurale. Elles sont particulièrement abondantes dans les parties déclives, au niveau de la plèvre diaphragmatique, où elles se présentent sous l'aspect de grumeaux ou de filaments.
Sous ces fausses membranes, la séreuse viscérale apparaït congestionnée, e. souvent ecchymotique, doublée d’une néo-membrane d'aspect villeux, «en langue de chat », à la surface de laquelle on peut découvrir de petites granulations tuberculeuses miliaires. Parfois ces granulations sont inappréciables à l’œil nu et ce fait explique pourquoi la nature tuberculeuse de la pleurésie est restée si longtemps méconnue.
La plèvre pariétale présente des lésions identiques, souvent plus marquées. On y retrouve l'exsudat fibrineux, recouvrant une néo-membrane plus épaisse, mais moins consistante et d'aspect mou, gélatineux.
Le poumon est atélectasié, en état de collapsus, plus ou moins refoulé contre le médiastin, suivant l'abondance de l’épanchement.
À la coupe, il apparaît lisse, exsangue, d’un vert grisâtre. |
Étude histologique. — Une coupe perpendiculaire à la surface du poumon montre de dehors en dedans :
10 Une fausse membrane, constituée par des lamelles fibrineuses qui viennent se fixer sur la néo-membrane par des piliers, en forme d'arceaux et qui
PLEURÉSIES SÉRO-FIBRINEUSES Fasc. XII. — 369
englobent, surtout dans ses parties profondes, des hématies et des leucocytes.
20 Une néo-membrane, très épaisse, formée d'un tissu conjonctivo-vasculaire, constitué par des fibres conjonctives jeunes, disposées en faisceaux lâches, associées à de grosses cellules conjonctives et à des néa-capillaires très abondants. Cette néo-membrane, ainsi que l’a montré Cornil, résulte de l’organisation de la fibrine, envahie par les cellules conjonctives mobiles et des capillaires néo-formés.
Dans la profondeur de la néo-membrane, on constate des jfollicules tuberculeux typiques, dont quelques-uns présentent déjà parfois un centre caséeux.
30 La plèvre a son tissu conjonctivo-élastique envahi par des productions tuberculeuses, ou des traînées de lymphocytes, qui écartent l’une de l’autre les deux limitantes élastiques superficielle et profonde. Les vaisseaux sont dilatés et gorgés de sang. Les lymphatiques sont envahis par des granulations spécifiques.
Les lésions de la plèvre pariétale sont encore plus marquées. Les productions tuberculeuses y sont encore plus abondantes, en particulier au niveau de la plèvre diaphragmatique, où l’on voit les infiltrations cellulaires franchir la séreuse et pénétrer dans l'épaisseur du diaphragme.
40 Le poumon sous-jacent ne présente parfois aucune lésion tuberculeuse lorsque la pleurésie est primitive, mais des lésions de congestion et d’æœdème cortical, une « fluxion pleuro-corticale » suivant l'expression de Mosny et Malloizel. Dans certains cas, cependant, il existe de très fines granulations grises, disséminées à la surface externe du poumon, ét accompagnées d’adénopathies tuberculeuses du médiastin.