III. — Déplacement des organes thoraciques et abdominaux
Le liquide exsudé dans la cavité pleurale refoule, à mesure de son accroissement, les organes avec lesquels il est en contact.
Le poumon est le premier viscère intéressé. Lorsquel'épanchement ne dépasse pas le hile, le liquide s'accumule au-dessus du diaphragme et refoule le poumon, qui flotte au-dessus de lui. Puis, à mesure qu’il augmente, le liquide . monte entre le poumon et la paroi costale, comprime le parenchyme autour du hile et l'aplatit contre le médiastin.
Le cœur subit un déplacement plus ou moins accusé dans les Die nsésies à grand épanchement. Les recherches anatomiques, expérimentales et radioscopiques ont montré que : ae
1° Dans les pleurésies gauches, le déplacement du cœur est nettement appréciable, lorsque l’épanchement dépasse 1.000 gr. Sa pointe s’abaisse de plusieurs centimètres, en se rapprochant de la ligne médiane et son grand axe tend à devenir vertical. Si l'épanchement atteint 2 litres, la pointe arrive presque au contact du sternum. Lorsqu'il dépasse 3 litres, le cœur est refoulé en masse vers la droite, en conservant sa direction verticale, et en gardant sa pointe à gauche de la ligne médiane.
Peyrot et G. Sée admettaient que le cœur effectue un mouvement de torsion et de rotation autour de son pédicule vasculaire, de telle sorte que son grand axe devenait oblique en bas et à droite et que la pointe seule se dirigeait à droite. Cette torsion du cœur n'existe pas (Bard, Pitres). Elle est d’ailleurs expérimentalement incompatible avec la vie.
2° Dans les pleurésies droites, la pointe du cœur est refoulée vers la gauche : de 2 à 4 cm., dans les épanchements de 1 litre ; de 3 à 8 cm., dans les épanchements de 1 à 3 Litres ; de 10 cm. dans les épanchements dépassant 3 litres.
3° Dans les pleurésies doubles, le cœur s’abaisse tout entier et tend à devenir vertical. |
Le cœur est non seulement déplacé, mais encore comprimé par l'épanchement. Or, ainsi que l'a fait remarquer Pitres, le déplacement du cœur 1e protège contre la compression. En effet, tout épanchement pleural abaisse le diaphragme du même côté.
L'abaissement du diaphragme détermine une tension du sac péricardique qui constitue une cloison rigide ét résistante entre les oreillettes et l’hémithorax où la pression est accrue par l'épanchement.
Le médiastin est également refoulé, et attiré par la traction qu'exerce le poumon du côté sain au moment de l'inspiration.
, HARVIER et M. PINARD.
Par suite de l'augmentation de la pression intra-pleurale, les veines caves supérieure et inférieure, peuvent être comprimées. Il en résulte une gêne de la circulation veineuse de retour au niveau du cœur.
Par l'intermédiaire du diaphragme, les organes abdominaux, le foie en particulier, et aussi l'estomac et la rate, sont abaissés et basculés.