IV. — Evolution anatomique
La pleurésie tuberculeuse primitive guérit exceptionnellement sans laisser de reliquats plus ou moins importants, sous forme d’adhérences organisées,
cloisonnant la cavité pleurale, ou de symphyse, partielle où totale, des feuillets pleuraux.
Parfois, après résorption du liquide, l’épanchement se reconstitue, à une.
date plus ou moins éloignée de la première atteinte. La pleurésie est dite alors récidivante. La nouvelle poussée exsudative est due à la persistance de foyers tuberculeux en activité, siégeant en certains points de la plèvre, à la superficie de la néomembrane.
Enfin, l’'épanchement peut se reproduire après chaque ponction avec une
ténacité désespérante. La pleurésie passe à l’état chronique et les plèvres.
présentent des lésions spéciales de pachypleurite, que nous étudierons plus loin. :
Pleurésies tuberculeuses secondaires,
1° Les pleurésies secondaires à la tuberculose pulmonaire aiguë ou accompagnant la granulie pleurale, sont caractérisées par un épanchement séreux,jaunâtre, sans fibrine, dans les cas à évolution rapide, ou jaune citrin, trouble, riche en fibrine, dans les cas où la mort est survenue plus tardivement. ve
Les deux plèvres viscérale et pariétale, dans toute leur étendue, sont semées de très fines granulations, visibles seulement à jour frisant.
L'aspect macroscopique est identique dans la tuberculose subaiguë pleuro-péritonéale, décrite par Fernet.
Les réactions plastiques n'ont pas eu le temps de se constituer, en raison de la rapidité de l’évolution de la maladie, si bien que, histologiquement, on ne retrouve qu'une ébauche d’exsudat et de néo-membrane.
Les lésions tuberculeuses sont développées dans l'épaisseur même de la plèvre, et particulièrement dans ses parties superficielles, au voisinage des vaisseaux sanguins ou lymphatiques. Plus rarement, elles sont disposées au niveau de la limitante élastique interne. Ces lésions consistent en follicules
tuberculeux, exceptionnellement en tubercules conglomérés, dans l'inter-
valle desquels on constate une infiltration OPA plus ou moins accusée.
20 Les pleurésies secondaires à la tuberculose pulmonaire chronique com-
portent un exsudat de caractères identiques à celui des pleurésies séro-fibrineuses tuberculeuses primitives. Les lésions des plèvres sont analogues.
PLEURÉSIES SÉRO-FIBRINEUSES. Fasc. XII. — 3175
Mais, lorsque l'affection est de date ancienne, on peut constater la présence d'adhérences denses et fibreuses, ayant établi une symphyse partielle au sommet et à la base.
Les plèvres sont semées de tubercules nodulaires, discrets ou réunis en amas jaunâtres, mais nettement visibles à l’œil nu.
Le poumon, plus ou moins refoulé vers le hile, présente des lésions tuberculeuses évidentes : soit des nodules caséeux ramollis, soit des lésions de tuberculose fibreuse avec anthracose, localisées de préférence au niveau du sommet.
Les lésions histologiques sont intermédiaires entre celles de la pleurésie séro-fibrineuse primitive et celles que nous étudierons dans la pleurésie purulente caséeuse.
Sur une coupe intéressant le poumon et la plèvre, on constate de dedans en dehors: 1° une dissociation de la limitante élastique interne par des formations tuberculeuses, qui du poumon gagnent la séreuse ; 2? une néo-membrane dont la couche profonde renferme des tubercules à différents stades et des placards caséeux plus ou moins irréguliers, tandis que la couche superficielle contient des lésions plus jeunes : follicules tuberculeux et amas isolés de cellules lymphocytaires ; 3° un exsudat fibrineux, d'une épaisseur variable suivant les points considérés.
Pleurésies tuberculeuses chroniques. Pachypleurites tuberculeuses.
Avec Letulle, on peut en distinguer deux types :
19 La pachy-pleurite scléro-fibrineuse, secondaire à la pleuro-tuberculose primitive, est caractérisée : macroscopiquement,; par une transformation scléreuse des plèvres pariétale et viscérale, qui se présentent sous un aspect fibreux, blanc nacré et microscopiquement, par un épaississement de la néo-membrane, qui constitue une « véritable coque pleurale », au sein de laquelle on reconnaît, çà et là, quelques vestiges de nodules tuberculeux sclérosés. La lame élastique externe épaissie, en état d’hypérgénèse, se plisse, se plicature au-dessus du parenchyme pulmonaire, en état de collapsus.
2° La pachypleurite fibro-caséeuse, consécutive aux pleurésies tuberculeuses secondaires, est caractérisée par une coque pleurale épaisse, blanc jaunûtre, sans symphyse. Si celle-ci existe, elle est toujours limitée et le reste de la plèvre est épaissi.
Histologiquement, on trouve de dedans en dehors : 1° une sclérose pulmonaire pleurogène, avec des lésions fibro-caséeuses assez avancées ; 20 une lame élastique interne épaissie, comme dans la variété précédente, et rompue par places sous la poussée envahissante des lésions tuberculeuses du poumon ; 3° une néo-membrane contenant de volumineux amas caséeux, entourés de cellules géantes et de lymphocytes, dans sa profondeur, et des lésions plus récentes et plus discrètes dans ses parties superficielles.
HARVIER et M. PINARD
ÉTUDE CLINIQUE
La pleurésie séro-fibrineuse tuberculeuse (1) se présente sous trois principales formes que nous étudierons successivement :
1° La pleurésie séro-fibrineuse tuberculeuse primitive, correspondant à
l’ancienne pleurésie dite idiopathique, a frigore
20 La pleurésie Séro-fibrineuse secondaire à la tohereuiose pulmonaire chronique ; |
3° La pleurésie séro-fibrineuse associée à la robe ou à la tuberculose d’autres séreuses.