‹ Nouveau traité de médicine (volume 4)Chapitre 125 sur 197 · PIE · texte numérisé non relu

PIE

‘4 Le Al É e

LT RER ET, " EN ONE ON PTR RS PES rte 5 Pat PUS HE

tr

PLEURÉSIES HÉMORRAGIQUES. Fasc. XII. — 411

endothéliome). La difficulté clinique est grande, parce que l'état général reste satisfaisant et les signes habituels de compression médiastinale, les adénopathies, l’expectoration caractéristique n'apparaîtront que tardivement ou même feront défaut dans le cancer pleural primitif. ;

Aussi peut-on hésiter quelque temps pour affirmer la nature tuberculeuse ou cancéreuse d’une pleurésie hémorragique. Les douleurs thoraciques rebelles, de type névralgique, l'absence de fièvre, l'immobilité de la paroi thoracique, le fait que la ponction ne calme pas la dyspnée et que l'épanchement se reproduit avec rapidité sont des signes qui plaident en faveur du diagnostic de cancer. CRE

Fig. 5. — Pleurésie hémorragique cancéreuse. — Globules rouges et cellules cancéreuses d'aspect vésiculeux. — Reproduction d’une planche murale de MM. Landouzy et M. Labbé (très fort grossissement).

Les renseignements fournis par l'examen biologique du liquide pleural ne sont pas toujours caractéristiques.

Le liquide présente une coloration brunâtre ou noirâtre plutôt que rouge. Il renferme très peu de fibrine. Bard a insisté, en 1902, sur ce fait qu'après centrifugation, le liquide surnageant est coloré en rouge par l’hémoglobine (sérum laqué) et qu'il hémolyse les globules rouges du sang du malade. Cette laque du sérum existe en réalité dans tout épanchement de date ancienne, même dans les pleurésies tuberculeuses : elle ne saurait donc être considérée comme caractéristique. Mosny, Javal et Dumont ont fait remarquer qu'un épanchement riche en albumine (autour de 40 grammes par litre) peut être considéré comme symptomatique du cancer. Enfin la toxicité du liquide cancéreux (Girard-Mangin) est plus grande que celle du liquide des pleurésies chroniques, .

/ HARVIER et M. PINARD.

La formule cytologique ne présente souvent aucun caractère spécifique. En dehors des globules rouges, on y rencontre des lymphocytes, des cellules endothéliales, des polynucléaires en proportion variable. Les polynucléaires éosinophiles, qui existent dans toutes les variétés de pleurésies hémorragiques, font défaut dans les pleurésies cancéreuses (Letulle et Nattan-Larrier). Le seul signe certain, d’ailleurs très rare, est la constalalion d'éléments cancéreux dans le liquide. ;

Ceux-ci se présentent parfois sous forme d'amas plus où moins volumineux, formés de cellules irrégulières, disposées sur plusieurs plans. Le noyau de ces cellules est bourgeonnant ou en karyokinèse; le protoplasma est vacuolaire ou renferme des inclusions cellulaires.

Les éléments cancéreux se présentent encore sous forme de cellules isolées variables suivant la nature du néoplasme. Les cellules épithéliomateuses, qui, à première vue, pourraient être confondues avec des cellules endothéliales, s’en différencient par leurs plus grandes dimensions, leur polymorphisme (aspect arrondi, ovalaire ouirrégulier), leurnoyau (souvent multiple et bourgeonnant, intensément coloré, ou au contraire très pâle), leur protoplasma (réfringent, souvent granuleux et vacuolaire). D’après Quincke, ces cellules sont riches en glycogène, qu’on met facilement en évidence par la réaction de la gomme iodée. Les cellules sarcomateuses sont beaucoup plus variables, Elles peuvent être énormes et arrondies (Widal et Ravaut) polymorphes (M. Labbé), petites ou arrondies et difficiles à distinguer des lymphocytes dans le Iymphosarcome (Boidin).

ill. — HÉMATOME PLEURAL.

Étudié par Wintrich, Moutard-Martin, Dieulafoy, Dufour, l'hématome pleural constitue encore un groupe d'attente. Dieulafoy le considère comme une pleurésie hémorragique «dont le processus anatomique est en quelques points comparable à la vaginalite chronique et à la PART c'est une pachypleurite hémorragique ».

Ses principaux caractères anatomo-cliniques sont les suivants :

C'est un épanchement hémorragique, renfermant plusieurs litres de

liquide. La plèvre est épaissie, très dure, tapissée de fausses membranes, très

vascularisée. Les lésions de l'hématome pleural sont comparables à celles de la pachyméningite, observée chez les alcooliques.

L'affeclion évolue avec les symptômes d'une pleurésie franche. Le liquide retiré par ponction est hémorragique, fibrineux. Il cède parfois à une seule thoracentèse. Dans d’autres cas, il prend les caractères d’un épanchement récidivant et nécessite des ponctions répétées. Il est certain que l’hématome . pleural n’est souvent que la manifestation larvée d’une tuberculose locale, primitive de la plèvre (Dieulafoy). ainsi qu’en témoignent l’inoculation positive du liquide pleural et les signes de tuberculose pulmonaire apparaissant après résorption de l’épanchement. Mais, dans d’autres cas, la preuve de la nature tuberculeuse de l'hémalome ne peut être faite. Un malade de Diculafoy fut atteint d’une pleurésie hémorragique récidivante, qui nécessita 100 ponctions en 18 ans, sans qu’il ait présenté aucun signe de tuber-

PLEURÉSIES HÉMORRAGIQUES. Fasc. XII. — 413

culose. Dufour a observé, après une contusion thoracique, une pleurésie bilatérale, dont l’épanchement, de nature hémorragique d'un côté, guérit après plusieurs thoracentèses, et fut suivi d’une rétraction thoracique. Aucun signe clinique de tuberculose ne fut constaté chez ce malade. Toutes les récherches bactériologiques entreprises pour démontrer l'intervention du bacille de Koch restèrent négatives.

Page 1