B. — PLEURÉSIES PURULENTES CHRONIQUES
Un certain nombre de pleurésies purulentes, non tuberculeuses, traitées par la pleurotomie avec ou sansrésection costale, n’ont aucune tendance à la guérison spontanée. Pendant des mois, des années, une fistule pleurale persiste el la suppuration s'éternise.
La fréquence de ces pleurésies chroniques diminue d’ailleurs, depuis que
les chirurgiens ont perfectionné la technique de la pleurotomie et institué
précocement un traitement post-opératoire.
Ces empyèmes chroniques ne sont pas seulement consécutifs à des plaies pleuro-pulmonaires, à des hémothorax infectés. Des pleurésies streptOCAGEIQUES surtout post-grippales, peuvent suppurer indéRAiNE et aboutir à l'amylose viscérale. ;
Les causes qui entretiennent la suppuration sont des plus variées : c’est un drainage défectueux, insuffisant, laissant persister une poche purulente audessous de la fistule ou un corps étranger inclus dans la cavité pleurale (mèche
- de gaze, fragment de drain, etc,..) ou une ostéite costale, lorsque l’une des -
deux extrémités de la côte réséquée, dépourvue de périoste, baigne dans le pus. Une fistule bronchique, une nécrose des cartilages bronchiques, de petits abcès
situés dans l'épaisseur des fausses membranes, des diverticules pleuraux, un
abcès ou un foyer gangréneux du poumon, peuvent prolonger l'infection de la cavité pleurale. =
L'exploration TAGS COR QUE est insuffisante à reconnaître les causes de ces pleurésies chroniques. Elle n’apprécie guère que la pachypleurite, c'est-à- Je l'épaisseur de la coque pleurale.
La pleuro-radiographie, après injection dans la cavité pleurale de pâte bismuthée, renseigne sur la forme, les dimensions de la poche pleurale et sur l'existence des diverticules.
L'endoscopie pleurale, ou pleuroscopie, au moyen d’un cystoscope à vision directe, permet de reconnaitre la présence de brides intra-pleurales ou de petits foyers suppurés ou gangréneux du poumon (Tuffier) (1).
Le traitement des pleurésies chroniques est purement chirurgical.
Toutes les méthodes proposées ont pour but d'effacer la cavité pleurale, qui n’a aucune tendance à diminuer de volume, et de libérer le poumon, pour lui permettre de reprendre son expansion.
Le premier acte préparatoire consiste dans la désinfection de la cavité pleurale. Par la radioscopie et la radiographie, après injection d’une pâte de bismuth,on se rend compte de la forme et de l'étendue de la poche pleurale. Par l'injection d'une quantité connue de liquide, on connaît sa capacité, au repos et pendant un effort respiratoire, et on juge ainsi de la mobilité du poumon. La cavité est explorée ensuite directement par une incision intercostale
après écartement forcé des côtes : certaines régions sont libérées, et le poumon.
est mobilisé, s’il y a lieu.
Plusieurs procédés opératoires ont alors leurs indications : 1° la fermeture de l'orifice (Depage-Tuffier), si l'expansion pulmonaire. pendant les efforts peut combler en partie la cavité; 29 la décorlication pleuro-pulmonaire (Delorme), si la cavité est rigide.
Quand la décortication est impossible au niveau de certaines régions, dés résections costales sont indispensables pour effacer la poche, mais toute intervention sur le squelette doit être réduite au strict nécessaire : les . délabrements thoraciques sont à éviter (Tuffier'.
Les fistules bronchiques persistantes (après vomique) constituent une cause
(1) Turrier, Bullet. el Mém. Soc: Chirurgie, &. XIV, n° 35.
PLEURÉSIES PURULENTES. Fasc. XII. — 499
d'échec dans l'application des méthodes précédentes et sont justiciables de la pneumectomie (Tuffier).