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INTERLOBITES CHEZ LES TUBERCULEUX

Tous les phtisiologues ont insisté sur la fréquence des réactions de la plèvre interlobaire chez les tuberculeux.

Il n’est guère d'autopsies de phtisiques, au cours desquelles on ne constate une soudure plus ou moins complète des lèvres de l’interlobe.

La pratique radioscopique montre la fréquence des ombres scissurales.

Mosny, Sabourin, Piéry (2), ont recommandé l’auscultation méthodique de l’interlobe chez tout sujet tuberculeux.

Les pleurésies interlobaires, chez les tuberculeux, sont des pleurésies sèches, séro-fibrineuses, ou purulentes. l de.

Elles ont pour point de départ un foyer pneumonique juxta-scissural ou des embolies bacillaires émigrées d’une lésion de voisinage.

Elles représentent encore l'extension d’une pleurésie sèche de la ant plèvre ou, plus fréquemment, de la pleurésie médiastine, qui accompagne : 4 ordinairement la tuberculose du sommet, des ganglions du hile, ou de la région périhilaire.

1° Pleurésie sèche. — On doit la soupçonner, chez tout tuberculeux se plaignant d’un « point de côté » ou d’ « une névralgie’intercostale ». Les malades accusent une douleur spontanée, (en écharpe », correspondant à la projection de la scissure ou une série de points douloureux, décrits par Sabourin sous le nom de points de côlé scissuraux, à siège : postérieur, juxta-vertébral au niveau de la 3° ou 4° côte ; latéral, axillaire, à l’angle de l’omoplate; antérieur, au niveau de l'articulation sternale de la 6° côte ou un peu plus bas. La douleur peut être spontanée, réveillée par la toux ou les inspirations fortes, et provoquée par la pression du doigt en ces points électifs.

À moins que la pleurésie ne soit marginale, les signes physiques font défaut. La réaction pleurale s'annonce, en dehors de la douleur, par une légère réaction fébrile vespérale. Le point de côté dure deux ou trois jours, puis tout rentre dans l'ordre.

(1) Sasourin, Rev. de médecine, janvier 1909; Arch. gén. de médec: janvier 1912 ; Pressemédic., 19 fevr. 1917. « (2) Prery, Presse médicale, 24 février 1919, n° 11.

LES PLEURÉSIES INTERLOBAIRES. Fasc. XII. — 265

Dans d’autres cas, plus nets, on perçoit, sur un ou plusieurs points de la ligne scissurale, en faisant tousser le malade, des froissements secs, des frottements-râles ou même des frottements à timbre de cuir neuf. Cette réaction pleurale persiste une semaine ou plus. ;

Enfin, la pleurésie sèche interlobaire peut être le point de départ d’une pleurésie sèche de la grande cavité. Il existe alors une « pleurite en bouton de chemise » (Sabourin) caractérisée par deux pleurésies sèches superposées : l'une, profonde, interlobaire; l’autre, superficielle, intéressant la grande plèvre. La matité s'accroît considérablement et peut faire croire à un épanchement qui n'existe pas.

] Fig. 11. — Sclérose interlobaire (Jaugeas).

2° Pleurésie séro-fibrineuse. — Elle peut être secondaire à une pleurésie sèche. Le plus souvent, elle complique une poussée de pneumonie tuberculeuse à localisation juxta-scissurale.

Elle débute brusquement par une élévation thermique (38°-39°) et une douleur vive dans la région scapulo-axillaire. Au niveau de la scissure, la matité se dessine, les vibrations locales sont moins nettes, le murmure vésiculaire s'atténue. Parfois même, la respiration est remplacée par un souffle doux, lointain, dont le maximum siège au niveau de l’angle de . l'omoplate. L'épanchement peut acquérir un volume tel que le foie s'abaisse ou que le cœur se dévie vers la ligne médiane, mais l’espace de Traube reste généralement sonore et la matité prend une forme en écharpe,

HARVIER et M. PINARD,

qu'il est possible de distinguer de la sonorité normale du lobe inférieur du poumon, refoulé en bas et en dedans vers le rachis, et de celle de la zone axillaire supérieure. |

Ces particularités permettent de différencier cliniquement la pleurésie interlobaire d’une pleurésie de la grande cavité.

Le pronostic de la pleurésie séro-fibrineuse est en général bénin.

Elle se résorbe le plus souvent spontanément entre le 20° et le 30° jour. Mais, après la résorption de l'épanchement, on peut assister à l'évolution des lésions pulmonaires, qui subissent une transformation cayitaire perceptible à : l’auscultation, la poussée pneumonique FPS FAUNE juxta-scissurale continuant son évolution.

3° Pieurésie purulente, -- Elle est insidieuse et latente, comme celle de la grande cavité, et se termine par une vomique, suivie dé l'apparition d'un pyopneumothorax partiel. La pleurésie interlobaïre purulente peut être encore consécutive à un pyopneumothorax tuberculeux (Mosny et Pinard).

4 Sclérose de l'interlobe. — C'est une symphyse pleurale tuberculeuse partielle, ne.se traduisant guère que par une toux sèche et des douleurs intercostales. Le plus souvent, elle n’est appréciable qu à la Rae Le sous forme d'une mince ligne transversale, ou d'une bande curviligne à concavité inférieure. . è

Rist et Ameuille (1) ont précisé récemment ces déformations de l'interlobe chez les tuberculeux. Elles consistent dans la surélévation ou l'ascension de la scissure, sous l'influence de la sclérose rétractile du lobe supérieur et dans son incurvation, lorsque les extrémités de la scissure sont fixées par des adhérences pleurales, et que la rétraction s'exerce sur sa partie Centrale.

(1) Rasr et AMEUILLE, Bull. et Mém. soc. méd. des Hôp., 1921.

LES PLEURÉSIES DIAPHRAGMATIQUES

La plèvre diaphragmatique est toujours atteinte dans les pleurésies de la grande cavité. ‘

Lorsque l’inflammation pleurale se localise d'emblée et reste cantonnée entre la base du poumon et la face supérieure du diaphragme, la pleurésie est dite diaphrag matique.

Cette localisation est particulièrement dyspnéisante et Ton tede) en raison de l'atteinte du muscle diaphragme.

Historique. — La pleurésie diaphragmatique était bien connue des anciens. On en retrouve la description dans les écrits médicaux du dix-huitième siècle, sous le nom de « Paraphrénésie », par opposition à la phrénésie ou inflammation du cerveau. La maladie était rapportée à une lésion du diaphragme lui-même.

Boerhaave, avant les travaux de Bichat-sur les séreuses, avait montré que la paraphrénésie coexiste avec une inflammation de la membrane juxta-diaphragmatique, mais il faut arriver aux recherches anatomo-pathologiques de Laënnec, pour voir disparaître la conception de l’inflammation primitive du diaphragme et mettre en évidence la lésion pleurale initiale.

L’affection a été parfaitement décrite, au point de vue clinique, successivement par Andral, Guéneau de Mussy, Peter, Jaccoud, Rendu. Dans une thèse récente, Paillard en a complété l'étude.

Nous étudierons successivement :

1° la pleurésie diaphragmatique tuberculeuse ;

Ve — — rhumatismale ;

GE — — preumococcique ;

4° — — d'origine abdominale ; D° — = latente des cardiaques.

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