B. —— PLEURÉSIES SÈCHES
1° La pleurésie sèche primitive, décrite par Rendu, constitue une forme de début de la tuberculose, ou survient comme complication d’une tuberculose pulmonaire.
Elle se caractérise par une douleur thoracique basse, par les points douloureux diaphragmatiques habituels, par une toux sèche et douloureuse, sans expectoration. La fièvre manque le plus souvent. L'auscultation ne décèle pas de frottements, à moins que la plèvre costale ne soit intéressée. La respiration est seulement à peine perceptible à la base.
La réaction inflammatoire de la plèvre diaphragmatique s'exprime, au
Symphyse antérieure Symphyse|
postérieure
Fig. 12. — Symphyse phréno-costale de Jaccoud (d’après H. Paillard).
point de vue radiologique, par une diminution de la transparence et de la mobilité du sinus costo-diaphragmatique, par l’aspect émoussé de la pointe du sinus, et par la forme estompée et imprécise du contour de l'ombre phrénique.
L'évolution de la pleurésie sèche est rapide : les symptômes disparaissent en quelques jours, mais les récidives sont fréquentes.
2° La symphyse phréno-costale, décrite par Jaccoud, est l’aboutissant d’une pleurésie sèche à répétition ou d’une pleurésie séro-fibrineuse latente. ; ne
Elle est souvent associée à la symphyse tuberculeuse du péricarde. Des adhérences unissent la face antérieure du diaphragme aux côtes et aux espaces intercostaux. Ces adhérences, phréno-costales, ou phréno-costo-pulmonaires, lorsqu'elles se prolongent sur la partie inférieure du poumon, peuvent exister sur tout le pourtour inférieur du thorax, ou occuper principalement la région latérale et antérieure. Leur épaisseur dépasse parfois 1 centimètre.
L'immobilisation permanente du diaphragme se traduit par une dyspnée d'effort et des douleurs sourdes à la partie inférieure du thorax, augmen- .
LES PLEURÉSIES DIAPHRAGMATIQUES. Fasc. XII. — 413
tant après la toux, ayant plutôt lecaractère de la neytaIgie intercostale que celui de la névralgie phrénique.
Les signes physiques sont assez nets, lorsque la symphyse siège à gauche. Ils sont moins évidents du côté droit. |
L'inspection montre une dépression des espaces intercostaux inférieurs pendant l'inspiration, accompagnée de traction des côtes vers la ligne médiane. C'est, pour Jaccoud, le seul signe certain d’adhérences phréno-costales.
L'espace de Traube est mat à la percussion, et cette matité pourrait en imposer pour un épanchement pleural abondant
La radioscopie décèle une ankylose du diaphragme, et une obscurité du sinus costo-diaphragmatique. Pendant l'inspiration, la partie externe du diaphragme est tiraillée latéralement, tandis que sa partie interne s’aplatit légèrement. |
La symphyse phréno-costale crée une prédisposition à la mort subite. Les sujets atteints de symphyse offrent une moindre résistance à l’asphyxie (Brouardel, Lacassagne). L’anesthésie doit être pratiquée chez eux avec une grande prudence.