‹ Nouveau traité de médicine (volume 4)Chapitre 153 sur 197 · PP · texte numérisé non relu

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Fig. 19. — Symphysce pleurétique caséo-tuberculeuse ; péri-pleurite nodulaire easéeuse (Grossis. 25/1) (Letulle et Nattan-Larrier). +

P, poumon très hypérémié ; — PV, plèvre viscérale épaissie, infiltrée de placards caséeux, pe ; — PP, plèvre pariétale renfermant des cellules géantes ; — S, squelette épaissi et scléreux de la plèvre pariétale; Tsp, tissu sous-pleural renfermant des traînées lymphocytaires ({l) et des tubercules caséeux {tc).

par des faisceaux fibreux plus ou moins serrés, contenant des vaisseaux adultes ou néoformés, et des fibres élastiques disséminées. Cette néo membrane est atteinte de jibrose élastigène. On y rencontre des formations spécifiques, sous forme de tubercules jeunes, fibreux ou caséeux dans ses parties superficielles et sous forme d’amas nodulaires renfermant quelques cellules jeunes ou des traînées lymphocytaires entre les faisceaux conjonctifs, dans ses parties profondes.

Après coloration à l'orcéine, la limitante élastique externe se dessine. nettement suivant une ligne festonnée, tandis que la limitante interne est épaissie par endroits, dissociée et même rompue en d’autres, livrant passage LS

PLEURÉSIES SÈCHES. Fasc. XII. — 491

à des bandes fibreuses, parfois semées de productions tuberculeuses, qui pénètrent dans le poumon sous-jacent. Celui-ci présente d’ailleurs, le plus souvent, une réaction fibro-plastique (sclérose bacillaire envahissante); les lésions ulcéreuses ou caséeuses y sont exceptionnelles.

B. Symphyse pleuro-pariétale. — Dans cette forme, les lésions débutent au niveau de la plèvre costale, envahissent le tissu sous-pleural et se propagent vers la paroi thoracique, alors qu’elles épargnent ordinairement le poumon. Des bandes fibreuses, accompagnées de formations bacillaires, se prolongent dans le tissu cellulo-adipeux jusque sous les côtes. La plèvre viscérale n’est atteinte que dans ses parties superficielles. Par la prolifération de sa couche endothéliale, elle s’est fusionnée avec la plèvre pariétale.

Nous avons dit que ces symphyses sont de nature tuberculeuse, qu'elles ne constituent pas le plus souvent un processus de guérison, et que ce sont des lésions en activité.

La prolifération des éléments conjonctifs, les productions fibro-plastiques sont déterminées par le bacille de Koch, mais il est encore difficile de préciser les raisons de l’évolution plus ou moins progressive et envahissante des symphyses, et de dire pourquoi les réactions scléreuses l’'emportent sur les productions spécifiques dans certains cas, et inversement dans d'autres. Faut-il incriminer, avec L. Bernard et Gougerot, la dissémination des bacilles, peu nombreux dans ces lésions? Avec Rist et Ribadeau- Dumas, la virulence très atténuée du bacille de Koch? Doit-on faire intervenir aussi le rôle du terrain ? D'après Sergent, la prolifération conjonctive est particulièrement intense, lorsque la tuberculose est associée à la syphilis.

L'expérimentation semble prouver que le rôle prédominant dans la prolifération conjonctive revient à certains poisons adhérents du bacille de Koch, dont les propriétés sclérogènes sont connues depuis les travaux d’Auclair. Courcoux, inoculant dans la plèvre des lapins une émulsion de chloroformobacilline, a pu obtenir toute la gamme des réactions fibro-conjonctives : adhérences, symphyses, et même néo-productions villeuses ou végétations fibreuses, rappelant les cas exceptionnels observés par Guinon, Rist et Ribadeau-Dumas, où la néo-formation fibreuse avait déterminé de véritables tumeurs pleurales adhérentes ou pédiculées, comparables à celles rencontrées par Petit (d’Alfort) dans la tuberculose pleurale des bovidés.

ÉTUDE CLINIQUE

|. — Pleurésies sèches secondaires à des lésions pulmonaires non tuberculeuses.

Leur intérêt clinique est minime. Elles apparaissent, au cours d’une pneumonie ou d’une broncho-pneumonie, à titre d'épiphénomène, et se caractérisent par un seul signe, le frottement pleural, surajouté aux signes de la ma- Jadie originelle. |

Nous rappellerons que le frottement pleural présentelescaractèressuivants : c'est un bruit plus ou moins rude, acquérant parfois l’intensité du bruit de cuir neuf et perceptible alors par la palpation, isochrone aux mouvements

HARVIER et M. PINARD.

respiratoires, et non modifié par les secousses de toux, contrairement aux bruits pulmonaires.

Il, — Pleurésies sèches secondaires aux lésions pulmonaires tuberculeuses:

Elles évoluent par poussées au cours de la tuberculose pulmonaire chronique et restent localisées au niveau des lésions tuberculeuses.

Elles se traduisent par des douleurs assez vives, de siège variable, très souvent limitées au niveau de l’angle de l’omoplate, augmentées par la toux et les inspirations profondes, exagérant la gêné respiratoire.

Après un temps variable, l’exsudat se résorbe ou s'organise et aboutit à la production d’adhérences qui peuvent ne déterminer aucun trouble, mais qui, dans d’autres cas, limitent l'expansion pulmonaire et sont la cause des tiraillements douloureux, qui apparaissent à l'occasion des mouvements d’inclinaison ou de rotation du thorax.

Il. — Pleurite sèche généralisée primitive. :

C’est la pleurésie sèche a frigore, envisagée par les anciens comme une localisation du rhumatisme sur la cage thoracique, qu’on tend à considérer actuellement comme la manifestation d’une tuberculose pleurale primitive, de virulence atténuée. |

Elle débute brusquement, comme la pleurésie séro-fibrineuse, par un point de côté, plus ou moins violent, dans la région mammaire ou dorsale, un frisson de courte durée, suivi de fièvre à 38°,5-39°, une dyspnée assez vive, une toux sèche granuleuse, sans Re

Les signes physiques se réduisent à l'immobilisation du côté Se . par suite de la douleur, à la diminution du murmure vésiculaire, sans modification des signes de percussion, ni de palpation, et à la présence de nombreux frottements, d'abord légers, puis de plus en plus rudes, perçus de préférence au niveau des bases, en arrière et sur les parties latérales.

L'évolution est assez rapide. En 8 à 10 jours, tous les ae ont disparu. Mais dans un certain nombre de cas, cette pleurite est suivie à plus ou moins longue échéance de signes d'imprégnation bacillaire et récidive sous forme de pleurésie sèche ou séreuse. Sa nature tuberculeuse peut être alors légitimement suspectée.

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