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IV. — Pleurite tuberculeuse à répétition

Décrite par Piéry (1), puis par Morichau-Beauchant (2), elle est caractérisée par des poussées de pleurite, associées à des lésions pulmonaires corticales, discrètes, bénignes, de nature inflammatoire. Elle peut aboutir à la résolution, ou à la constitution d'une symphyse POUR lamelleuse généralément peu épaisse. :

Ces poussées pleurales surviennent chez des malades jeunes, présentant un

(1) Pigry, lu Tuberculose pulmonaire. O. Doin, 1910, p. 502; Presse médicale, 21 déc. 1916. (2) Momicuau-BraucHanT, Réun. méd. IV* année, Je déc. 1916.

PLEURÉSIES SÈCHES. Fasc. XII. — 499

passé pulmonaire, ayant eu des hémoptysies à des dates plus ou moins éloignées, ou sujets aux bronchites. ;

Elles s’observent surtout pendant l'hiver, à l’occasion d’un refroidissement où d’un surmenage et leur allure clinique est assez particulière.

Elles sont précédées d’une période d’amaigrissement, de fatigue, d'anorexie, puis s’annoncent par un pOTRe de côté léger, siégeant. « entre les épaules », au niveau des scissures, ou à la base.

La douleur n’est pas toujours permanente ; elle n apparaît parfois qu'après la toux ou les respirations fortes.

La toux, légère, survient par quintes, surtout la nuit : elle est sèche ou s'accompagne d’une expectoration minime, ne contenant jamais de bacilles.

L'examen objectif permet de constater une douleur localisée à la pression des muscles du sommet correspondant, de l'obscurité respiratoire et des frottements plus où moins étendus, mais toujours très nets. Ces signes sont perçus en trois points d'élection : le sommet (fosse sus ou sous-épineuse), la base, les scissures, avec prédominance pour cette dernière localisation, d’après Piéry. Les signes pulmonaires se réduisent à quelques râles de bronchite disséminés ou même font défaut.

Cette pleurite tuberculeuse n’a pas d'expression radiologique. L'examen sous l'écran indique une transparence-normale des poumons (sauf dans le cas où ilexiste d'anciennes lésions du sommet), mais il accuse une diminution de l'amplitude du jeu diaphragmatique, et la présence constante d’ombres ganglionnaires, anormalement développées au niveau du hile et du médiastin.

Les signes généraux sont ceux d’une infection bacillaire atténuée : amaigrissement, asthénie assez marquée, léger état subfébrile oscillant entre 31 el 38°, sueurs nocturnes, anorexie. |

L'évolution est généralement bénigne. C’est, dit Piéry, la plus bénigne de toutes les formes de tuberculose pleurale. La poussée dure 2 ou 3 semaines, mais elle récidive fréquemment, laissant à sa suite une obscurité respiratoire ou une respiration saccadée avec légère submatité, et peut aboutir à la symphyse pleurale.

Dans quelques cas, elle se complique d’une poussée pneumonique sousjacente. On constate alors, surtout dans la région axillaire, une zone de submatité avec augmentation des vibrations locales, des frottements plus intenses, des râles sous-crépitants secs, parfois avec léger souffle accompagné de pectoriloquie aphone. Une expectoration gommeuse, ambrée, ou legerement teintée de sang, apparaît. La température s'élève entre 38 et 39°. Tous ces symptômes rétrocèdent en quelques semaines.

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