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V. — Pleurites du sommet

La réaction inflammatoire sèche de la plèvre apicale se traduit par un ensemble de signes cliniques et radiologiques, que Sergent (1) et son élève Mile German ont réuni sous le nom de syndrome de pleurite apicale.

Ces signes varient avec le degré de l'inflammation de la séreuse, qui va

(1) Sercewr, Presse méd., 24 août 1916; Mile GErMmAN, Thèse Paris, 1917.

HARVIER et M. PINARD.

y y VA,

de la simple irritation avec épaississement et brides plus ou moïns lâches, jusqu’à la symphyse pleurale, qui coiffe le sommet en forme de casque (symphyse en dôme). |

La première phase d'irritation pleurale se traduit cliniquement :

1° Par une douleur localisée « entre les deux épaules », à la partie interne des fosses sus et sous-épineuses, au-dessus et au-dessous de la clavicule, douleur fixe, continue, exagérée par les grandes inspirations et la toux :

2° Par des frottements, limités à la partie interne de la fosse sus-épineuse. Ces frottements, souvent confondus avec des craquements secs, persistent quelques jours, disparaissent, puis réapparaissent au même endroit ou dans le voisinage, lors d’une nouvelle poussée inflammatoire;

3° Par une mydriase du même côté, tantôt très apparente, tantôt très légère, ne se manifestant qu'avec un éclairage peu intense.

Les signes radioscopiques sont nuls : le sommet reste transparent, malgré l'existence des frottements. ;

La seconde phase, lorsque l’inflammation pleurale poursuit son évolution ou récidive, correspond à l’épaississement de feuillets pleuraux. Elle est caractérisée :

1° Par des signes physiques plus nets : submatité, diminution des vibra- : tions vocales, diminution du murmure vésiculaire.

2° Par une adénite sus-claviculaire, du même côté, située derrière la clavicule, contre le bord externe du sterno-cléido-masloïdien. Cette adénite est constituée par un ganglion unique, allongé, dont le grand axe est parallèle à la clavicule. Son volume est celui d’un petit haricot ou d’une grosse fève, et sa consistance est molle, tant que la pleurite est en évolution.

À mesure que le processus s'éteint, le volume du ganglion diminue et sa consistance devient plus dure.

Quelquefois, on constate, à la place du ganglion, un petit troncule lymphatique, semé de points nodulaires le long du bord postérieur de la clavicule ;

3° Par lapersistance des troubles pupillaires. La mydriase, observée à la première période, subsiste ou est remplacée par le myosis. “.

Ces modifications de la pupille sont en rapport, la première avec une excitation, la seconde avec une paralysie des filets du sympathique englobés dans les adhérences pleurales; ;

4° Par des signes radiologiques : le sommet du poumon est couvert par un voile léger, homogène, descendant au-dessous de la clavicule en s’étalant vers le hile, mais le phénomène de l’illumination pulmonaire à la toux persiste.

La troisième phase correspond à la symphyse complète. On constate alors:

19 La disparition des douleurs et des frottements ;

2° La persistance de l'inégalité pupillaire (myosis du côté atteint) et de ladénite sus-claviculaire, de consistance dure :

30 Un affaissement des parties molles sus-claviculaires et sus-épineuses ;

40 Une matité complète et l'abolition des vibrations vocales :

5° Une respiration rude et rugueuse ou l'obscurité du murmure vésiculaire ;

60 A la radioscopie, une opacilé absolue du sommet, qui ne se modifie pas sous l’action de la toux.

PLEURÉSIES SÈCHES. Fasc. XII. — 501

Ainsi que l’a fait remarquer Sergent, le syndrome de pleurite apicale n’est qu'un syndrome de localisation, qui traduit une inflammation de la plèvre, sans préjuger de la cause qui la détermine.

S'il est vrai que la tuberculose est le facteur étiologique le plus fréquent, des lésions pleuro-pulmonaires, consécutives à des plaies pénétrantes ou des corps étrangers inclus dans le poumon, peuvent être aussi des causes déterminantes de ce syndrome.

La pleurite tuberculeuse du sommet doit être considérée comme une lésion cicatricielle, révélatrice d’une tuberculose éteinte, de date ancienne, et différenciée de l’infiltration tuberculeuse du sommet, qui comporte un pronostic tout différent. Sergent a nettement mis en relief la valeur diagnostique de ces deux signes : l'inégalité pupillaire et l’adénite sus-claviculaire, qui ne s’observent pas dans les lésions purement parenchymateuses.

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