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I. — LE PNEUMOTHORAX TRAUMATIQUE

Expérimentalement, l’incision du feuillet pariétal de la plèvre ne suffit pas à obtenir la rétraction du poumon. Il est encore nécessaire de déprimer cet organe avec un instrument mousse (Dolbeau).

La piqûre du poumon, accident dela thoracentèse, peut exceptionnellement déterminer un pneumothorax (Mongour).

La thoracotomie pour empyème ou toute autre intervention pulmonaire est fatalement suivie de pneumothorax, s’il n’existe pas d’adhérences antérieures.

Les plaies pénétrantes de poitrine, par armes blanches ou par armes à feu, créent non seulement un pneumothorax, mais encore un épanchement de sang (hémopneumothorax) et souvent s’accompagnent d'emphysème souscutané autour de la plaie.

Les fractures de côtes simples ou compliquées, dont les fragments acérés déchirent la plèvre et le poumon, déterminent aussi le pneumothorax associé à l'emphysème, sile poumon embroché est fixé à la paroi thoracique.

La contusion violente du thorax cause parfois la rupture du poumon sans plaie ni fractures. Si le feuillet viscéral de la plèvre cède, le pneumothorax s'ensuit. Dans un cas rapporté par Leclerc (1),une chute violente sur le thorax fut suivie d’un pneumothorax double, le premier apparu trois semaines et le second deux mois après le traumatisme.

Traitement.

Il comporte une thérapeutique d'urgence, pour combattre les accidents immédiats.

L'injection de morphine calme la douleur et la dyspnée.

En cas d’asphyxie, la ponction simple est insuffisante. La thoracentèse avec le trocart ordinaire est à déconseiller, parce qu'elle peut être suivie d’emphysème sous-cutané du thorax, parfois très étendu. Le procédé le plus sûr, recommandé par tous, est la thoracentèse au moyen d’une aiguille à injections hypodermiques, montée sur un tube de caoutchouc, plongeant dans une éprouvette remplie d’eau, suivant la technique de Béclère. Les effets de la ponction peuvent être complétés par des inhalations d'oxygène et, au besoin, par une saignée de 2 à 300 grammes, si la cyanose est

(1) Leccerc, Lyon médical, n° 1, 4 janvier 1914.

HARVIER et M. PINARD

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extrême. La médication toni-cardiaque : huile camphrée, caféine, SDarièines est également indiquée.

Les accidents du début conjurés, toute inlartention devient inutile. Dès que le \pneumothorax est toléré, il y a lieu de temporiser pour permettre la cicatrisation de la fistule pleuro-bronchique.

Plusieurs éventualités sont possibles :

1° Le pneumothorax reste pur. L'air ayant tendance à se résorber spontanément, il est inutile d'intervenir. On recommandera le traitement général de la tuberculose, en insistant sur le traitement hygiénique, pour prévenir toute infection pulmonaire.

2° Il existe un hydropneumothorax. Là encore, la ponction hâtive est à rejeter, pour ne pas favoriser l'ouverture de l'orifice de communication en voie d’oblitération et pour ne pas mobiliser le poumon. On ne doit pas oublier que l'hydropneumothorax a une tendance spontanée à se transformer en hydrothorax, La radioscopie permet de juger de l'opportunité de la ponction. Il y a avantage à n’évacuer qu’une partie de l’épanchement liquide, qu'on remplacera par une égale quantité d’air stérilisé, suivant la technique proposée par Potain en 1888. L’injection d’air ou d'azote peut d’ailleurs être renouvelée, pour maintenir l'effet curateur du pneumothorax.

3° Il existe un pyopneumothorax.

Le pyopneumothorax tuberculeux n'est pas justiciable de la thoracotomie

(sauf dans des cas exceptionnels, où l’épanchement a subi la transformation

putride), car l'intervention est suivie de résultats déplorables. Le mieux est encore de s’abstenir et, si l’épanchement est trop abondant, de recourir aux ponctions évacuatrices, suivies d’injections d'air stérilisé.

Le pyopneumothorax non tuberculeux impose, au contraire, la pleurotomie d'urgence, suivie, s’il y a lieu, de lavages antiseptiques de la cavité pleurale.

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