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HYDROTHORAX ET PLEURÉSIES DES CARDIAQUES

A. — HYDROTHORAX.

Définition. — L'hydrothorax, que Laënnec appelait hydropisie deplèvres, est un épanchement d’origine mécanique, transsudative, sans cas ractère inflammatoire, sans altération histologique de la plèvre.

Étiologie.

L'hydrothorax s’observe dans les néphrites aiguës ou chroniques, au stade ultime des cachexies, dans l’asystolie générale, quelle qu’en soit la cause (pulmonaire, pleurale, valvulaire, rénale ou cardio-rénale). Dans ces cas, il est bilatéral, précédé d’anasarque, d’ascite, accompagné parfois d'hydro-péricarde.

Il peut encore avoir pour origine une compression de la veine cave supérieure et des azygos, par une fumeur du poumon, de la plèvre et du médiastin.

Symptômes.

L'hydrothorax n’est qu’un symptôme, qui survient à titre de complication, au cours des affections précédentes.

Il s'installe insidieusement, sans fièvre, sans point de côté, ni dyspnée Lorsque celle-ci existe, elle est due à la maladie originelle et n’est exagérée par la présence du liquide que si celui-ci est abondant.

Les signes physiques sont seuls caractéristiques. Ils indiquent un épanchement presque toujours bilatéral, quoique inégal des deux côtés, plus abondant en général du côté droit.

On constate, au niveau des deux bases, une matilé avec résistance au doigt, remontant plus ou moins haut, une diminution ou ‘une abolition des vibralions, et une diminution de la respiration. Ce sont là les seuls signes d’un épanchement mécanique.

Le souffle pleurétique, l’égophonie font défaut, tout au moins lorsque le poumon sous-jacent est sain. Toutefois, le signe du sou est positif.

Un hydrothorax très abondant peut s'accompagner d’un déplacement des organes, comme la pleurésie.

La radioscopie montre une ombre bilatérale, plus ou moins opaque suivant la quantité de liquide, qui diffère de celle de la pleurésie par sa ligne de niveau supérieur, en général plus nette, et plus mobile avec les positions du malade.

HARVIER et M. PINARD.

Renseignements fournis par l'étude du liquide.

La ponction exploratrice retire un liquide clair ou citrin, parfois légèrement verdàtre. |

On crut pendant longtemps que le liquide d'hydrothorax ne contenait pas de fibrine (Bucquoy) et que l'absence de fibrine permettait de diflérencier les épanchements mécaniques des épanchements inflammatoires. En réalité, la fibrine existe dans les hydrothorax, mais en quantité minime.

Fig. 21. — Cytologie d’un hydrothorax.

Cellules endothéliales isolées ou en placards ; globules rouges ; deux éosinophiles ; quelques rares polynucléaires en karyolyse.

Aussi la coagulation est-elle toujours légère et plus tardive que dans les épanchements aigus. s

La réaction de Rivalta est négative, alors qu'elle est positive dans les exsudats pleurétiques (Picot, Lautier). |

La viscosité et l'indice réfractométrique sont inférieurs à ceux des épanchements inflammatoires (E. May).

Le dosage de l’albumine (Mosny, Javal, et Dumont) donne un chiffre inférieur à 25 grammes par litre, autre signe permettant de différencier un transsudat d’un exsudat. ; | |

La formule cytologique, nettement précisée par Widal et Ravaut, montre la présence exclusive de cellules endothéliales, provenant de la desquamation, ou « décapage » de la plèvre.

MA à

HYDROTHORAX ET PLEURÉSIES DES CARDIAQUES. Fasc. XII. — 59

La réaction cellulaire endothéliale est caractéristique des épanchements mécaniques. :

Elle est constituée par des cellules assez régulièrement circulaires, à noyau rond ou ovoïde, bien coloré, et à protoplasma légèrement basophile. Ces cellules sont rarement isolées. Ordinairement, elles sont groupées par placards de 2, 3, et même 8 ou 10 éléments, auxquels se mêlent de rares globules rouges. Les polynucléaires n'existent pas au début, du moins

quand l’hydrothorax n'est pas accompagné de congestion pulmonaire; ils n'apparaissent, en même temps que les macrophages, qu'à une période tar- dive, au moment où s’'ébauche une réaction pleurale secondaire.

À mesure que l’hydrothorax vieillit, des lymphocytes se mêlent aux cellules endothéliales. Celles-ci ne sont plus soudées, mais isolées et présentent des figures de dégénérescence : décoloration du noyau, aspect vacuolaire ou fenêtré du protoplasma.

Évolution. Traitement.

L'évolution et le traitement sont subordonnés à la maladie causale.

L'hydrothorax, manifestation d’anasarque, est justiciable de la médication drastique et diurétique, dans les néphrites.

Dans l’asystolie, il réclame la thoracentèse, au même titre que l'ascite réclame la paracentèse, avant l'institution du traitement digilalique.

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