‹ Nouveau traité de médicine (volume 4)Chapitre 170 sur 197 · F PE · texte numérisé non relu

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SYNDROME MÉDIASTINAL. Fasc. XII. — 551

périaortique. Dans ce dernier cas, l'ombre est homogène floue, l’espace médian en position oblique est plus ou moins rétréci, assombri, les battements de l'aorte sont parfois complètement masqués. Les grosses médiastinites peuvent donner l'aspect de la tumeur ganglionnaire. Dans quelques cas, l’inflammation crée des zones d'opacité inégale et Radoconicie a pu décrire une ombre renforcée de traits scalariformes dans la médiastinite bacillaire. La pleurésie médiastine se traduit en position frontale par un agrandissement et une déformation de l'ombre médiane cardio-aortique. Tantôt allongée verticalement, elle élargit l'ombre vertébrale, tantôt, triangulaire à base inférieure, elle déborde l’ombre cardiaque à gauche ou à droite. Dans certains cas, une différence d’opacité permet de dissocier les deux ombres. Les mouvements du diaphragme sont normaux. Les grands épanchements du médiastin antérieur peuvent simuler complètement la péricardite avec épanchement. L'absence de battements permet, suivant Destot, de diagnostiquer la pleurésie, mais Béclère a montré que les battements peuvent ne pas être perceptibles dans les péricardites à épanchement très abondant. D'ailleurs, l’association des deux lésions est fréquente. L'examen de profil ou en oblique est d'un grand secours pour le diagnostic. Il permet de localiser l’épanchement dans le médiastin antérieur ou dans le médiastin postérieur (Cottenot). » L'association de la pleurésie médiastine et de la pleurésie diaphragmatique avec épanchement se manifeste par une ombre en équerre (Chauffard).

Plus généralement, surtout chez l’enfant, on devra distinguer les ombres ganglionnaires des ombres dues au thymus hypertrophié et aux abcès froids médiastinaux. L'hypertrophie du thymus-se rencontre avec des symptômes graves surtout chez le nourrisson. Le thorax normal d'un nourrisson présente une ombre médiane qui a la forme d’une bouteille à long col (Marfan): le col s'étend de la première vertèbre dorsale ou deuxième vertèbre dorsale à la quatrième ou cinquième. Il répond aux gros vaisseaux de la base du cœur et au thymus. Le corps de la bouteille correspond à l'ombre cardiaque. En cas d'hypertrophie du thymus, l'ombre médio-thoracique supérieure s'élargit et déborde largement l’ombre sterno-vertébrale. Elle prédomine à gauche ; ses limites latérales sont nettes, elle est homogène (d'OElsnitz) et fait corps avec l'ombre cardiaque (Ferrand et Chatelin). Lorsque les deux lobes thymiques sont bien développés, elle prend l'aspect d’un papillon aux ailes déployées. Parfois adénopathie et hypertrophie du thymus coexistent: tout est alors confondu et le diagnostic devient impossible. Cette association est d’ailleurs exceptionnelle (Olivier).

Les abcès froids symptomatiques d’un mal de Pott dorsal, rares dans le premier âge et fréquents ‘chez l'enfant déjà grand, puisqu'on aurait pu les constater dans 85 p. 100 des cas de carie dorsale, ne donnent pas toujours des ombres caractéristiques. Toutefois d’après C. Rœderer et Albert Weil, on les voit souvent tranchant sur l'ombre cardiaque ou superposées à elle sous la forme d’une simple gaine périvertébrale ou bien d'une image plus nette, affectant l’aspect d’un entonnoir renversé, d’une grosse olive allongée, ou d’une masse plus ou moins circulaire, L'ombre est de densité le plus souvent très accentuée. Le foyer vertébral est parfois ancien; il peut s'agir aussi de spondylites près de leur début apparent et parfois de maux de Pott

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