L. RIBADEAU-DUMASs
554 PATHOLOGIE DU MÉDIASTIN.
La granulomatose, maladie de Hodjkin dans sa forme médiastinale, outre l'hypertrophie ganglionnaire est caractérisée par un développement très marqué d'un tissu fibreux très dense qui comme dans le cas de Boudet, avait envahi le médiastin en comprimant fortement la veine cave supérieure et les troncs trachéo-céphaliques.
L’actinomycose du médiastin succède ordinairement à la pénétration du parasite à travers les parois œsophagiennes ou trachéo-bronchiques. Elle peut
procéder d’une actinomycose d'un organe voisin du médiastin, notamment
d’une actinomycose cervico-faciale.
: Enfin dans quelques cas, on a pu incriminer l’anthracose, les pneumonies chroniques, le traumatisme où même une infection indéterminée non spécifique (Apert).
Anatomie pathologique. — La médiastinite syphilitique est diffuse ou
bien limitée. Gastou décrit ainsi : la médiastinite chronique totale ou syphilome médiastinal scléro-commeux, la médiastino-aortite localisée, l’'adénocellulite médiastinale périhilaire diffuse. Elle est toujours consécutive aux altérations spécifiques des bronches. et de la trachée, des poumons, de l'aorte, des ganglions, rappelant la cellulite pelvienne spécifique d'origine utéroovarienne décrite par Fournier. Elle est caractérisée par l'hyperplasie, l'infiltration lardacée, du tissu cellulaire. Le plus souvent, la masse fibroïde occupe la partie antéro-supérieure du médiastin et forme derrière le sternum un bloc fibro-adipeux, dans lequel cheminent de nombreuses veines dilatées. Le tissu fibreux reste localisé autour de l'organe primitivement infecté ou
bien enserre la totalité des organes dans « une sorte de gangue indurée où ils se trouvent immobilisées et comme incrustés. Dans les cas extrêmes, il.
faut véritablement sculpter le tissu médiastinal pour arriver à dégager la crosse de l'aorte, la veine cave supérieure et ses branches d’origine, la bifurcation de la trachée.. (Letulle et Nattan-Larrier) ». Les nerfs peuvent être comprimés ou envahis par le processus. IL y a des sténoses trachéo-bronchiques dues à la compression ou à des brides cicatricielles, reliquat des lésions scléro-gommeuses des bronches qui ont évolué en même temps que la médiastinite (Gingeot et Sergent). L’organe le plus atteint est la veine cave supé-
rieure qui est englobée dans la masse enflammée et devient le siège d’une
thrombo-phlébite envahissant les troncs brachio-céphaliques et même les jugulaires. L'un des troncs veineux brachio-céphaliques est pris parfois pour son propre compte, Il peut y avoir un anévrysme de l'aorte qui tantôt est la lésion dominante avec une réaction périaortique plus ou moins limitée et tantôt fait partie d’une masse sclérosée dans laquelle, sont inclus les veines et nerfs altérés. Quelquefois il y a une véritable adénopathie syphilitique tertiaire. Ces lésions ainsi décrites ne sont que l’aboutissant d’un syphilome
dont Thiroloix et Miginiac ont pu déceler les débuts sous la forme de:
gommes syphilitiques envahissant le tissu cellulaire, les bronches, les oreillettes, l'aorte.
LA MÉDIASTINITE TUBERCULEUSE se présente sous différents aspects : :
simple réaction périganglionnaire aiguë ou chronique suivant l’activité du processus tuberculeux, ou développement dans les tissus fibreux parties supé-