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L. RIBADEAU-DUMASs

369 PATHOLOGIE DU MÉDIASTIN.

ÉTIOLOGIE ET ANATOMIE PATHOLOGIQUE DES ADÉNOPATHIES TRACHÉO-BRONCHIQUES

Lymphadénites aiguës simples. — Elles succèdent en premier lieu aux inflammations non tuberculeuses des bronches et du poumon, plus particulièrement aux broncho-pneumonies et pneumonies aiguës et chroniques de la rougeole, de la coqueluche, de la dipthérie, de la dothiénentérie, les altérations pleurales, péricardiaques peuvent leur donner naissance. Enfin, les lésions de la muqueuse naso-pharyngée (N. Guéneau de Mussy, Peter) même l’érysipèle de la face sont également susceptibles de créer ces adénopathies.

Anatomiquement, l'adénopathie aiguë présente les caractères des inflammations ganglionnaires en général. Les ganglions rouges, hépatisés atteignent les dimensions d’une amande ou même davantage Ils suppurent rarement. Souvent, dans les infections graves, ils s’accompagnent de périadénite avec œdème inflammatoire, étendu dans quelques cas à tout le médiastin. Lorsque l’adénite passe à l'état chronique, le ganglion devient pâle, dur et subit la transformation scléreuse. fl s’entoure d’une zone de périadénite qui. suit, dans ses réactions, l’évolution de la lésion ganglionnaire, et suivant les cas, détermine des irritations légères, durables ou éphémères des nerfs englo-. bés dans le tissu cellulaire enflammé. |

Les examens bactériologiques dus à Marfan et Nanu, Barbier, Netter, Tollemer, Sevestre, Méry, ont décelé tant chez le nourrisson que chez les grands enfants des microbes divers. On a même constaté la présence constante de microbes dans les ganglions trachéo-bronchiques de sujets morts d’affections les plus diverses. Mais il s'agissait de recherches faites sur le cadavre et par conséquent critiquables. De même notamment dans les formes chroniques on ne saurait accepter la nature banale de ces adénites que si des inoculations en série faites au cobaye ne viennent à démontrer l’absence vraisemblable du bacille de Koch. On est en droit de suspecter ces adénites décrites comme simples dans la rougeole et la coqueluche et qui se compliqueraient ultérieu=. rement de tuberculose. ae

Tuberculose des ganglions bronchiques.

La tuberculose des ganglions bronchiques accompagne la tuberculose pulmonaire. Mais alors qu’elle est peu apparente et joue un rôle très effacé dans la tuberculose pulmonaire de l'adulte, elle est au contraire prédominante chez le jeuneenfant. Cette opposition sur laquelle Rist a insisté, était bien marquée par les anciens auteurs qui ont décrit la phtisie bronchique de l'enfant, et aussi par Rülliet et Barthez auxquels on doit l'expression de « tuberculose ganglio-pulmonaire » désignant certains faits de tuberculose infantile qui dans la suite ont paru appartenir à l'observation courante. D’après Hutinel l’'adénopathie médiastine représente le point dominant, le point nodal de la tuberculose thoracique de l'enfant. Leroux a montré d’après une enquête portant sur 500 enfants tuberculeux que les lésions ganglionnaires l’emportent de beaucoup sur les lésions pulmonaires, dans la première enfance. Mais à mesure que l'enfant avance en âge la proportion tend à se renverser, de telle

ADÉNOPATHIE TRACHÉO-BRONCHIQUE. Fasc. XII. — 563

sorte que chez l'adolescent et l'adulte, on voit se dérouler le tableau clinique de la phtisie pulmonaire, tel qu’il a été décrit par Laënnec. Ces différences tiennent peut-être aux caractères histologiques des ganglions lymphatiques, plus denses et plus actifs chez l'enfant que chez l'adulte, et aussi aux différences de terrain sur lequel évolue la tuberculose dont les manifestations varieront suivant qu'elle germera sur un organisme jusque-là indemne de toute infection bacillaire ou sur un organisme en état d'allergie.

On peut avec Ch. Leroux schématiser l’évolution de la tuberculose pulmonaire de la façon suivante :

1° Phase d'inoculation en un point quelconque du poumon, base ou partie moyenne, plus rarement sommet, puis adénopathie similaire, unilatérale d'abord, puis rapidement bilatérale.

2° Phase d’adénopathie trachéo-bronchique, plus ou moins longue, parfois bruyante, parfois latente, durant de quelques semaines à plusieurs années.

3° Phase de réinfection du sommet et évolution classique de la tuberculose pulmonaire chronique, cette phase s'observant chez les grands enfants de 10 à 15 ans et pouvons-nous ajouter, chez l'adolescent et l'adulte.

Anatomie pathologique. — Conformément à la loi de Parrot, qui établit que toutes les fois qu'un ganglion bronchique est le siège d’une lésion tuberculeuse, il y a une lésion analogue dans les poumons, on trouve constamment en cas d'adénopathie médiastine tuberculeuse, un tubercule pulmonaire plus ou moins apparent. Ce tubercule est la lésion d’inoculation primitive du .bacille dé Koch dans le poumon. Connue à l'étranger sous le nom de lésion de Ghox, il semble plus juste de la décrire comme lésion de Parrot-Küss du nom des auteurs qui les premiers l'ont nettement définie. Au tubercule pulmonaire initial répond une adénopathie régionale similaire. De la constatation de celleci on peut inférer qu'il existe un tubercule intra-pulmonaire: L'altération ganglionnaire siège du côté où se trouve le nodule initial. Au début elle est unilatérale et cette unilatéralité peut être persistante, mais plus tard aussi, ou s’il y a plusieurs nodules à localisations différentes, l’adénopathie devient bilatérale. Le ganglion le plus atteint ou le plus anciennement altéré répond à la lésion ganglionnaire du début. Dans bon nombre de cas, les groupes ganglionnaires envahis par la tuberculose ont une topographie en rapport avec le siège du tubercule primitif. D'abord intra-pulmonaire, l’adénopathie devient ‘ensuite hilaire et péritrachéo-bronchique infectant les ganglions dont sont tributaires les lymphatiques des différents lobes du poumon. Ges adénites représentent la deuxième étape de l'infection bacillaire, le tubercule pulmonaire en étant la manifestation iniliale. En raison des anastomoses l'infection du groupe inférieur droit peut infecter le groupe inférieur gauche, mais il est exceptionnel de voir la propagation atteindre le groupe, broucho-pulmonaire du côté opposé. Le nombre des ganglions pris et l'intensité de la lésion tuberculeuse n’est pas en rapport avec l'étendue du tubercule pulmonaire mais bien * avec son degré d'activité, de telle sorte que si celui-ci est caséeux ou purulent les ganglions peuvent être pris d'une manière massive et présenter l'aspect marron-cru, ou même des lésions de ramollissement. Certaines adénopathies occupent pour ainsi dire tout le médiastin, provoquant une périadénite diffuse

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