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L. RIBADEAU-DUMASs

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568 | PATHOLOGIE DU MÉDIASTIN. ee

la pathogénie des cas observés ne répond probablement pas toujours à un processus uniforme. |

Symptômes et diagnostic de ladénopathie tuberculeuse du médiastin. — La tuberculose ganglio-pulmonaire est extrêmement fréquente dans le jeune âge et il est commun de trouver dans le médiastin de l'enfant un ou plusieurs ganglions caséeux. Mais, si l'analyse est poussée plus loin, on est

Fig. 2. — Adénopathie trachéo-bronchique (Ribaudeau-Dumas).

surpris de constater combien peu se superposent les résultats objectifs et les signes cliniquement constatés. C'est ainsi qu’il n’est pas rare d'observer des tuméfactions ganglionnaires énormes qui n'ont pas déterminé la moindre compression des bronches, des nerfs ou des vaisseaux du médiastin, décelable mêmes sur les pièces anatomiques, et inversement, il peut arriver qu'à de petites adénites ait répondu une riche séméiologie physique et fonctionnelle. Mieux encore, alors que tous les éléments du diagnostic semblent concourir pour affirmer son existence, la vérification reste impossible parce qu'aucune tuberculose des poumons ou des ganglions n’est visible à une autopsie longuement et consciencieusement faite. On peut dire avec Comby que le diagnostic d’adénopathie est fait là où elle n’existe pas et qu’il est ignoré quand

ADÉNOPATHIE TRACHÉO-BRONCHIQUE. Fasc. XII. — 569

elle existe. Il n’y a d’ailleurs aucun rapport entre le volume des ganglions et le pronostic à tirer de l’évolution tuberculeuse. C’est ainsi par exemple, que les petites adéuites sont extrêmement fréquentes et que ce sont elles que l'on rencontre plus souvent à l’autopsie d'enfants morts d'une tuberculose virulente, de méningite tuberculeuse par exemple. Les adénopathies médiastines quel que soit leur volume, jouent un rôle considérable dans l’histoire de la tuberculose infantile dont elles représentent, suivant l'expression d'Hutinel, le point dominant, le point nodal de la question.

Dans quelques cas le diagnostic est relativement facile, ce sont ceux où la séméiologie est celle d’une tumeur du médiastin. Mais il n’en est pas de même pour les petites adénites qui ne se révèlent pas ou n’offrent à l'examen qu'un minimum de symptômes qui en dehors de l'examen radiologique, ne sont pas toujours facilement rapportés à leur cause réelle. IL existe donc plusieurs formes d'adénopathie médiastine.

1° Forme latente. — Les formes latentes, ou mieux les adénopathies méconnues sont les plus communes. L'aspect grave que prend si souvent la tuberculose chez l'enfant a frappé tous les observateurs : ilest bien certain qu'on observe très fréquemment à cet âge les formes aiguës et les généralisalions mortelles. Toutefois, si l’on pense au nombre considérable d'enfants, la très grande majorité, qui sont atteints de tuberculose ganglio-pulmonaire, on cst:autorisé à admettre que la tuberculose guérit plus souvent qu'elle ne tue. Au reste nous en avons la preuve anatomique, ainsi que le montre la statistique suivante empruntée à Ghon :

Tuberculose Guérisons progressive avec signes de guérisons p. 100 “p. 100 p. 100 { an 94 2 0 9 à 3 ans 70 16 14 4 à Tans 30 93) 35 8 à 14 ans 20 10 10

Si l'observation porte non pas sur des enfants malades, mais sur une col- . lectivité non surveillée, on constate d’une part que la tuberculose clinique est moins fréquente qu'on pourrait le penser et, d'autre part, que les tuberculoses ouvertes sont encore plus rares. C’est ce qui ressort de l'enquête menée dans les écoles de Paris par Grancher et ses élèves : la morbidité tuberculeuse était de 15 p. 100 et sur 4.226 enfants examinés, 3 avaient une tuberculose ouverte. Ces chiffres sont évidemment très loin des résultats que donnent les autopsies : en effet, l'exploration stéthoscopique reste très souvent négative, et ne peut déceler les signes d’une tuberculose très particulière dans son évolution anatomique. La lésion pulmonaire initiale est rarement constatée à l’auscultation et l’adénite concomitante reste latente.

Il n’est qu'un moyen de la mettre en évidence, c’est l'exploration radioscopique qui décèle des adénopathies non pas dans tous les cas, mais infiniment plus souvent que les signes classiques auxquels on donne tant d’importance. Roux et Josserand, examinant les enfants des écoles de Cannes, non seu-

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