‹ Nouveau traité de médicine (volume 4)Chapitre 180 sur 197 · PATHOLOGIE DU MÉDIASTIN · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE DU MÉDIASTIN

lement par l'exploration stéthacoustique, maisencore par les rayons X ont ainsi trouvé que plus d’un tiers des enfants de 5 à 8 ans étaient porteurs d'une adénopathie médiastine et qu'a-un âge plus avancé, à la puberté, on obtenait plus de deux tiers d'examens positifs.

Les réactions à la tuberculine donneraient encore un chiffre plus ne

mais ne sauraient fournir qu'une preuve indirecte. Toutefois la comparaison .

des cas positifs avec les constatations nécropsiques, montrent que très habituellement lorsque l'enfant a réagi à la tuberculine, il est porteur d’un IE ganglio-pulmonaire. -

L'adénopathie trachéo-bronchique peut se comporter comme une tuberculose occulte, c'est-à-dire ne se révéler par aucune manifestation morbide apparente. Mais à vrai dire lorsqu'elle est constituée elle donne lieu à quelques signes, clle n’est ni occulte, ni latente, simplement ignorée : de là l'intérêt qu'il y a à examiner systématiquement les enfants à l'écran fluorescent et à noter l’état du médiastin dans l’état dit de bonne santé. C’est qu’en effet la

latence de ces formes ne permet pas de conclure à l’innocuité de la lésion.

tuberculeuse. Celle-ci peut être en effet active ou inactive. Bezançon résérve le nom de tuberculose latente, aux tuberculoses actives et celui de cicatrices aux tuberculoses inactives. Les tuberculoses actives comprennent les tuberculoses enkystées et immobilisées quoique actives, et les tuberculoses en voie de germination contenant des bacilles vivants et virulents Cette classification doit faire l'objet de réserves sérieuses : une caséification récente dans un foyer

enkysté n’est pas regardé par Nœgeli comme une tuberculose active. Cepen-

dant, dans ce cas il existe des bacilles virulents. La présence de ceux-ci à même été démontrée dans les foyers fibreux et calcifiés, et il n’est pas prouvé que dans certaines circonstances, les foyers anciens ne peuvent pas entrer en reviviscence ou n'être pas le point de départ d’une réinfection endogène sus-

ceptible de compromettre la vie du malade. Chez l’enfant, la tuberculose ana-

tomiquement guérie est rare. Le fait peut cependant se rencontrer et a été signalé chez des enfants de 6 mois, de 11 mois, d’un an. À mesure que les

années s'écoulent et que l’époque de la contamination initiale s'éloigne, les

processus de guérison s’accentuent et chez le grand enfant, l'adolescent, l'adulte et surtout le vieillard on peut trouver des tubercules pulmonaires ou ganglionnaires, complètement guéris, constatables du vivant du malade sous

forme de petites taches noir-encre de Chine à l'examen radiologique et à l'autopsie sous forme de dépôts calcifiés, de cicatrices plus ou moins étendues, et siégeant en un point quelconque des poumons, le tubercule prend alors la

signification d’un tubercule de vaccination.

2° Formes frustes et atténuées. — Certaines adénopathies ne se manifes-

tent que par des symptômes généraux, notamment par une fièvre dont l'ori-

gine peut être singulièrement obscure en l'absence de tout autre symptôme. Or la fièvre dans les cas de ce genre adopte les types les plus divers : fièvre

de courte durée, fièvre continue, prolongée avec des rémissions variables. Un

ganglion caséeux peut, comme l'ont signalé Aviragnet et Tixier, créer le type typho-bacillose, sans indiquer son existence autrement que par l'élévation thermique. Ces fièvres sont, on le conçoit, difficiles À rattacher à leur véritable cause. Elle représentent quelques-uns de ces états fébriles et subfébriles

ADÉNOPATHIE TRACHÉO-BRONCHIQUE. Fasc. XII. — 571

de l'enfance sans substratum organique apparent; qui ne laissent pas de poser des problèmes pathogéniques dont la solution reste souvent incertaine. Ces états peuvent être dus à une tuberculose ignorée, mais aussi à une rhinopharyngite, à une appendicite chronique, causes fréquentes, d’après Comby, de fièvres prolongées et indéterminées, et même, pour Léopold Lévi, à des troubles de la fonction thyroïdienne. Pour établir la valeur séméiologique de ces températures anormales, Guinon insiste sur l'importance des heures où elles doivent être prises : la fièvre des non-tuberculeux tombe très vite. Il y a des enfants qui ont une poussée thermique pour une cause insignifiante. Cette poussée est brusque et éphémère, elle survient à propos d’une excitation quelconque surtout chez les enfants de névropathes. En présence des cas de ce genre, il importe d'étudier avec soin les circonstances au milieu desquelles surviennent ces températures anormales. A côté de la simple hyperthermie, réaction à la fatigue, il y a l’état fébrile qui s'accompagne de troubles généraux morbides et dont le déterminisme dépend d’une lésion organique en évolution (J. Renault). On devra alors porter son attention sur l’état du cæcum, du tube digestif et de ses annexes. On examinera le médiastin à l'écran fluorescent. L'enquête est d'importance; si quelquefois la fièvre disparaît après un temps plus ou moins long, sans laisser de séquelles graves, il peut se produire des localisations bacillaires nouvelles, apparentes dont l’origine sera déterminée par des accidents préalablement observés. La fièvre elle-même s'accompagne en d’autres circonstances de quelques symptômes généraux qui feront penser à la tuberculose : l'aspect pâle, anémique, l’asthénie sans cause, la cyanose, la tachycardie, traduisent un état suspect. Quelquefois s’il s’y adjoint des symptômes ‘plus menaçants, toux, amaigrissement, cachexie progressive, signes thoraciques indiquant une lésion tuberculeuse du poumon, venant occuper une place prépondérante dans la séméiologie.

À côté de ces formes qui ne se caractérisent que par des symptômes généraux, il en est d’autres où les symptômes fonctionnels attirent l’attention du côté de l’adénopathie. Il s’agit souvent d’enfants convalescents de rougeole ou de coqueluche, qui présentent à nouveau une fièvre de type variable, accompagnée de toux catarrhale et d’amaigrissement. À l’examen du thorax on trouve des signes de bronchite diffuse, quelquefois de congestion pulmonaire. « Les signes persistent 8, 10, 15 jours au plus puis diminuent. En même temps la fièvre, si elle existait disparaît; la toux est moins fréquente, moins grasse, l’état général redevient meilleur, l'enfant semble guéri. Cependant, la toux persiste, de catarrhale qu'elle était, elle prend parfois un caractère de sécheresse, de raucité particulière, ou bien par moment, elle éclate quinteuse, spasmodique. En observant attentivement le petit malade, on voit qu’au cours de la journée, parfois sa face se cyanose, à l’occasion d’un effort, d’une petite contrariété, d’une émotion, et ce léger accès d’étouffement ne dure qu'un instant. L'examen physique montre alors que les signes d’auscultation observés précédemment ont fait place à de la matité au niveau du manubrium sternal et dans l’espace interscapulaire, soit des deux côtés, soit d’un seul côté en général et à un souffle expiratoire, au même niveau, parfois accompagné d'un gros rouchus fixe. La matité est persistante pendant long-

Page 1