TUMEURS GANGLIONNAIRES
Les tumeurs développées aux dépens des ganglions du médiastin sont primitives où secondaires.
Tumeurs secondaires. — Elles procèdent de l'envahissement des gan= glions sécondairement à un cancer ou à un épithéliome du poumon. El s’agit
dans ces cäs d’üne propagation lymphatique de là tumeur du poumon et des
plèvres aux ganglions correspondants. On trouvera au chapitre du cancer
pleuro-pulmonaire les caractèrés anatomiques de celte adénite secondaire. Lorsque les signes ganglionnaires prédonrinent, le cancer pleuro-pulmonaire
se constitue sous les traits d’une tumeur maligne du médiastin. La cacliexie
rapide, l'apparition de ganglions caractéristiques dans la région sus-clavicu-
laire permettent de reconnaître le caractère malin de la tumeur. D'autres. cancers peuvent également provoquer une adénopathie cancéreusé médiasti-
nale. Celle-ci a été constatée au cours d’un cancer de F ŒSOpPHAES du sein, de la paroi thoracique et même de l'estomac.
Tumeurs primitives. — Ce sont des lymphadénomes et dés lynipho- sar=
comes.
Il est assez difficile d'établir la fréquence exacte de ces tumeurs. Les bHéer: ;
vations en sont relativement nombreuses, mais elles ne tiennent pas toujours compte des caractères différentiels qui séparent les granulomatoses des
tumeurs ganglionnaires proprement dites. Les granulomaloses répondentà ce que l’on appelle encore les adénies infectieuses dont les caraetères histo-
bactériologiques sont parfois assez tranchés pour qu’on puisse les rattacher x la syphilis ou À la tuberculose. Un grand nombre de lÿmphadénomes dé 2 4
one À
TUMEURS. DÜ MÉDIASTIN. Fasc. XII. — 593
médiastin dits métatÿpiqués âppartiennént à la maladie de Hogdkin: I n'y à pas lieu dé révenir suf ce sujet. Il est certain que les notions histologiques recueillies sur cette maladie réduisent le nombre des tumeurs ganglionnaires du médiastin. Celles-ci sont décrites comme dés néoplasies développées de préféréhce dans lé médiastin antérieur ét au hile du poumon, formant des tumeurs généralement irrégulières et bosselées, prenant l'aspect d'une pyra: mide quadranguläire dont 14 basé se moulerait sur le péricarde. Lorsque lé . néopläsme sé développe äux dépens des ganglions hilaires, äl se présente comme une masse lardacéé ayant la forme d'un cône, dont la base est au hile, dont le sommet situé en plein tissu pulmonaire regarder là périphérie et dont l'axe est représenté par une grosse bronche. Ce rniéoplasme du hilée en forme de côné a été regardé par erreur commêé un carcinomée épithélial du poumon ; en réalité, il $'agit à d’une tuiieur ganglionnaire (Marfan):
À la séction, la tumeur est homogène, de teinte blanche ou gris rosâtre, Sa consistance est assez variable : Souvent elle prend l'aspect encéplialoïde et est alors molle, succulenté, donnant äâu râclage un suc lactescent abondant, Les foyers hémorragiques; les nécroses partielles ne sont pas rares.
Ces tuméurs arrivent à prendre un gros volumé. Elles cothprinient les oïgaänes du médiastin et les détruisent. Assez rarement on observe: des inétastases viscérales éloignées,
Histologiquement on peut en décrire deux types : {ÿmphadénomié typique, composé de lÿmphocytes à noyau foncé ou coloré ét d'un réticulüum (Iymphocytome typique de Ménétrier), et lymphosarcome, constitué par de petites cellules rondes où des cellules plus volumineuses (sarcome globo-celhilaire) et même polymorphes, sans réticulum,
Adénopathies médiastinales dans les leucémies.
La leucémie aiguë ne donne pas en général dès hyperplasies ganglionnaires marquées. Cependant quelques observations (Bezançon et Clerc, Gilbert et Weil, Oulmont et Ramond) relatent des cas’ de leucémie aiguë avec hypertrophie marquée des ganglions du médiastin.
La leucémie lymphoïde est caractérisée par le développement d'hyperplasies ganglionnaires qui à un stade avancé acquièrent un volume considérable et provoquent dans le médiastin des compressions extrêmement graves : il n'y a guère de propagations, ni adhérences des ganglions tuméfiés aux organes voisins. L'évolution de la maladie ést lente: Boinet rapporte quelques cas de sujets qui, opérés de masses ganglionnaires cérvicales, présentaient plusieurs mois, et même trois ans après l'opération un état leucémique du sang, et des signes graves de compression médiastinale.
La leucémie myéloïde ne donne guère naissance au syndrome médiastinal, parce que l'hypertrophie ganglionnaire est nulle ou péu marquée.
Kystes dermoïdes du médiastin.
Les kystes dermoïdes du médiastin sont des tumeurs rares. Nandrot en 1907 n’en réunissait que 57 cas et Hertzler en 1916, 72 observations. Ils occupent généralement le tiers supérieur du médiastin et se présentent sous