F : LE
par les recherches de nombreux auteurs et en particulier en France par cel'es de G. Vitry et Mladenoff (1). Cette réaction n'est d’ailleurs pas spxciale à la tuberculose et s’observe dans toutes les maladies graves, Dansla tuberculose, elle est l'indice d’un mauvais pronostic (2). Les résultats qu’elle fournit con cordent le plus souvent avec ceux de la diazo-réaction d'Ebhriich ct de la cutiréaction.
De la réaction de Moritz Weiss, il faut rapprocher l’iodo-réaction de Petzetakis (3) qui consiste à faire agir sur l'urine l'iode en solution aqueuse additionnée d'iodure de potassium. À 15 ou 20 centimètres d'urines filtrées, on ajoute 2 à 3 gouttes de la solution iodée (iode 1 gr., KI 2 gr., eau 200 gr.). En cas de réaction positive, la partie supérieure du tube prend une teinte jaune d’or. Toujours négative à l’état normal, l’iodo-réaction serait positive dans les formes graves de tuberculose, et sa constatation serait d'un mauvais pronostic (4). .
Fièvre. -- La fièvre est un des symptômes les plus constants de la période de début de la tuberculose, telle que nous l'avons définie; elle existe dans la presque totalité des cas et son importance diagnostique et pronostique est considérable. Elle permet de précis:r la valeur des autres signes physiques et fonctionnels, souvent peu nets, constatés chez le malade et d'affirmer le caractère évolutif de la tuberculose. Aussi, ne peut-on conserver la distinction de Pidoux, Peter et Jaccoud entre les tuberculeux fébricitants et ceux qui ne le sont pas. Ces divisions caractérisent plutôt des périodes successives chez un même malade, que des formes cliniques uniformes du commencement à la fin.
Si on excepte certaines formes rares, que nous étudierons ultérieurement, on peut dire que loule tuberculose qui évolue s'accompagne de fièvre. Elle devra donc être recherchée et dépistée avec soin et avec certaines précautions. La mesure de la température du tuberculeux demande à être soumise à certaines règles : le thermomètre devra être placé dans le rectum ou le vagin, la température axillaire étant trop souvent inexacte (5).
Dans les sanatoriums, on prend souvent la température buccale, le thermomètre étant placé sous la langue, la bouche fermée, et conservé au moins dix minutes. Cette température est de 0,2 à 0,4 inférieure à la température rectale. Küss la considère comme commode, mais infidèle. Elle serait en particulier inexacte, donnant une température trop faible quand on cherche l'action du travail musculaire ou du mouvement sur la température du tuberculeux.
(1) G. Vrrry et Mcapexorr, C. R. Soc. biologie, t. LXXIIT, 16 nov. 1912, p. 462.
(2) P. Courmowr, Le pronostic de la tuberculose par la réaction de Moritz Weiss. Soc. méd. hôp. Lyon, 2 déc. 1913.
(3) Perzeraris, L’iodo-réaction. Une nouvelle réaction urinaire pour le pronostic de la tuberculose et le diagnostic de la fièvre typhoïde. Bull. Acad. méd., t. LXXVI, n° 32, 8 août 1916, p. 110.
(4) Jaxsow, Thèse de Lyon, 1917.
(5) Cependant, signalons que Peter, Vogel, Zalessky, Schrôüder ont constaté une température plus élevée dans l’aisselie du côté malade que dans celle du côté sain, et attachent à à ce signe une certaine valeur diagnostique.
M. LETULLE et P. HALBRON
HT D Ch. Mantoux, Engländer préconisent les
> Jnme températures urinaires, le malade urinant sur la cuvette de son thermomètre. .
Il est également nécessaire, pour apprécier exactement l’état de la température, de ne pas se contenter de prendre la tem- pérature du malade matin et soir, selon :
l'habitude courante. Ainsi que l'a justement fait remarquer H. Barbier, des élévations thermiques peuvent ainsi échapper à l'observation. me.
Il faut prendre la température toutes les trois heures, jour et nuit, dans les cas | où la fièvre est douteuse, se présente avec des caractères anormaux ou quand on veut instituer un traitement spécial eo. de la fièvre. Avec ces précautions, on s’assurera que la fièvre est un des phénomènes les plus précoces et les plus constants de la tuberculose pulmonaire en évolution.
‘Dans un grand nombre de cas, elle ne se manifeste par aucun autre SYmptôme, le malade continuant une Vie active. C’est le médecin, prenant la température, qui constate l'existence d’une fièvre, parfois déjà élevée, au voisinage de 38,5 ou de 39°. Dans d'autres cas, les malades ont la sensalion de fièvre, qui s'accompagne d’un certain nombre de symp- = tômes concomitants : au moment de l’'accès, ils accusent une certaine sensibilité au froid, parfois très grande ; on les voit s’entourer de châles, de couvertures, ils frissonnent. Puis au bout d'un certain temps, une ou deux heures, ils ont la sensation de malaise, de fatigue, une impression de chaleur à la paume des mains, de rougeur à la face; les yeux Prillent d'un éclat particulier; ils s’agitent, se plaignent d’avoir trop chaud, et rejettent leurs couvertures. Enfin, plus tard, leurs.
mains deviennent moites et des sueurs plus”ou moins abondantes se produisent sur la poitrine.
Parfois, c'est la nuit que le malade est incommodé, réveillé par l'accès de fièvre