TRAITEMENT — PROPHYLAXIE
Le traitement, en l'absence de toute notion étiologique précise, ne peut être que symptomatique.
Les émissions sanguines abondantes du siècle passé sont responsables de désastres innombrables. La méthode émétho-cathartique, dirigée contre les troubles gastriques, n’est guère recommandable. La méthode antipyrétique, par l'administration des + de quinine, peut être indiquée, mais non d’une manière constante. Il faut lutter contre les symptômes et trois surtout appelleront l'attention du médecin.
L'un, le moins grave, est la constipation, contre laquelle les lavements, les purgatifs répétés seront dirigés. Les deux autres, l’hyperthermie et les symptômes nerveux, seraient très favorablement influencés par la balnéation tiède ou froide si l’obstination hostile des campagnards et la difficulté de l'installation ne s’y opposaient dans presque tous les cas. Les toniques cardiaques, spartéine, huile camphrée sont indiqués dans les périodes d’angoisse si pénibles et si dangereuses. -
Le médecin devra s’efforcer de maintenir le malade dans les règles d’une . hygiène raisonnable, obtenir qu'on ne le surcharge pas d'édredons ni de couvertures malpropres, tâcher qu'on change la literie le plus souvent possible et qu’on aère la chambre, prescriplions qu'il paraît puéril de répéter et qui ne sont cependant Jamais observées, pas plus que celles de l'isolement et de la désinfection. Nous insérons ici les mesures prophylactiques que nous avons conseillées, Chantemesse el nous, au cours de” notre mission dans les Charentes lors de l'épidémie dernière.
La suette miliaire est contagieuse. Elle commence souvent avec l'apparence de la rougeole, mais les symptômes essentiels sont : la brusquerie du début, l'angoisse thoracique et la faiblesse, ensuite les sueurs el, en dernier lieu, les éruptions. Elle se transmet par les malades, leur “linge, leurs ne Elle se transmet aussi par les convalescents, par les personnes incomplètement rétablies et par leurs vêtements non désinfectés.
Donc, ne laisser pénétrer auprès des malades que Les DAS siriciement nécessaires ‘ pour les soigner.
Les linges de corps et les draps, couvertures, elc., des malades ou des morts devront toujours être ébouillantés avant de sortir de la maison.
Il est dangereux d'aller aux enterrements el à toute réunion nombreuse telle que les foires, parce qu'une seule personne qui porte le germe dans elle ou duns ses vêtements peut transmettre la maladie à beaucoup de personnes saines.
Tout convalescent, pour éviter de transmettre la maladie, doit se lavèr vigoureusement tout le corps avec de l'eau chaude et du savon, puis avec une solution chaude de sublimé. Les vêtements qu'il portait au moment où il est lombé cour seront toujours désinfec-
tés avant d'être remis.
Pendant la maladie il est dangereux de se couvrir trop.
Par G.-H. ROGER
Doyen de la Faculté de Médecine de Paris.
Membre de {’ Académie de Médecine. Médecin de {’Hôtel-Dieu.
La dénomination de charbon s'applique aux différentes manifestations morbides qui surviennent chez l’homme et les animaux à la suite de l’introduction et du développement d’un microbe spécial, la bactéridie charbonneuse. |
Chez les animaux, la maladie se traduit le plus souvent par une infection de toute l’économie. Chez l'homme, ce qu’on observe, en général, c’est une lésion locale, la pustule maligne; plus rarement, l'infection envahit les organes internes, l'intestin ou les poumons. Ce qui donne à l’étude des affections charbonneuses un intérêt considérable, ce sont les recherches bactériologiques qu’elles ont suscitées et qui ont si puissamment contribué à établir la nature parasitaire des maladies infectieuses. À ce titre, il n’est pas de sujet qui présente plus d'importance. .
Historique. — Les anciens auteurs considéraient comme charbonneuses toutes les tumeurs inflarñnmatoires et gangréneuses de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané. On confondait sous une même dénomination la pustule maligne, les anthrax, les furoncles (petit charbon). Il semble cependant que la maladie a été connue à Rome, où elle fut décrite par Lucrèce et par Virgile, qui signale la transmission du mouton à l’homme. Elle est indiquée par les médecins arabes qui la désignaient sous le nom de feu perse. A la fin du xvi* siècle, on prit à Venise des mesures pour en empêcher la propagation. Une loi édieta la peine de mort contre ceux qui vendaient les viandes charbonneuses.
Aux xvirt et xvint siècles, la maladie s’étendit et fit de nombreux ravages. C'est alors qu'elle commença à s’individualiser plus nettement sous le nom de charbon malin et que Morand (!) et Fournier (?) insistèrent sur la transmission à l’homme d’un principe provenant des animaux charbonneux.
Quelques années plus tard, l'Académie de Dijon mettait au concours l’étude du charbon malin, connu en Bourgogne sous le nom de pustule maligne et couronnait les mémoires de Thomassin, Chambon, Saucerôtte et l'important travail d'Enaux et Chaussier ().
Chabert (‘), le premier, mit de l’ordre dans l’histoire des maladies char-