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de la partie superficielle du sol; ce mode étiologique n'explique guère la persistance de l'infection en certains points limités, car les germes devraient être tués par le soleil ou entraînés par les eaux et les vents.
Il faut enfin tenir compte de la façon dont se pratique l’enfouissement des moutons charbonneux; si on les enterrait aussitôt après la mort, en prenant grand soin de ne pas laisser couler au dehors les liquides virulents, peut-être verrait-on périr les bactéries. Feser a enfoui dans de la terre des cadavres d'animaux charbonneux; cette terre, inoculée au bout d’un temps qui a varié de # jours à | an, ne s'est pas montrée virulente. Les expérienees de Kitasato, confirmant et précisant les recherches antérieures de Feser et de Eismarch, ont donné les résultats suivants : des cultures sur gélatine ou agar, enfouies dans la terre à 1 mètre de profondeur, ne peuvent sporuler que pendant les mois de juin, juillet et août; encore fautil employer des cultures pures, car les microbes de la putréfaction détruisent rapidement les bactéridies; celles-ci ne se développent qu'avec difficulté aux profondeurs de 2? mètres, même pendant le mois de juillet: à 5 mètres, elles cessent de croître.
Dans la pratique journalière, les choses ne se passent pas aussi simplement. Le plus souvent les cadavres sont dépecés sur place; les chiens les mangent et en dispersent les débris; on attend plus ou moins longtemps avant de pratiquer l’enfouissement et on permet ainsi aux bâlonnets de donner naissance aux spores; c'est donc le plus souvent un cadavre sporulé qu'on enfouit. On conçoit dès lors le rôle des vers de terre, dont l’importance ressort encore des recherches de Bollinger; ce savant a opéré dans les Alpes bavaroises; il a recueilli des vers de terre dans des endroits où avaient été enfouis des animaux charbonneux et, dans quelques cas, il a pu démontrer dans ces vers la présence de spores virulentes.
Les vers de terre ne sont pas les seuls animaux capables de propager le charbon. D’après Karlinski les limaces et les escargots jouent le mème rôle; leur Intestin renferme des spores vivantes 11 jours après un repas charbonneux. Ces animaux, très migrateurs, transportent facilement l’infection.
Les insectes et particulièrement les mouches ont été aussi incriminés: on trouve des spores vivantes dans leurs excréments (Celli). Les moutons sont capables, par le: même moyen, de propager la maladie: quand ils ont avalé des spores et qu'ils ne succombent pas, leurs excréments n’en contiennent pas moins des germes et se trouvent d'autant plus dangereux qu'on n'en soupçonne pas la virulence. |
À ces causes de propagation du charbon, nous ajouterons les causes mécaniques et physiques, telles que le labour, les pluies qui entraînent les spores vers les ruisseaux et les mares, ce qui explique les épizooties observées à la suite des inondations.
1 ne faudrait pourtant pas exagérer le rôle de l’eau. Koch admet que la bactéridie est un saprophyte qui ne devient parasite qu'accidentellement ; elle vivrait dans les macérations végétales, les débris de plantes, près des
. marécages, et c'est là que les troupeaux viendraient puiser le germe de
l'infection. Cette théorie ne doit pas être acceptée dans ce qu'elle à
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d’absolu : il suffit de rappeler que la Beauce est un plateau parfaitement sec: au contraire, [a Sologne, pays marécageux, est à l'abri du charbon. Souvent même l'infection sévit à des altitudes assez élevées, comme en: Saxe ou en Auvergne.
Etiologie du charbon chez les animaux. - Avant d'étudier de ao facon l’homme est contaminé, il est indispensable de déterminer quelles sont les espèces animales capables de contracter el par CORSA de transmettre l'infection.
En première ligne se place le mouton, chez lequel la maladie charbonneuse est souvent désignée sous le nom de sang de rate. Toutes les races n'y sont pas également sensibles. Chauveau a montré que les moutons barbarins d'Algérie sont réfractaires au charbon; leur immunité tient bien à la race elle-même; car les moutons français, transportés en Algérie, restent capables de contracter la maladie. Mais, comme toujours, la résistance n’est pas absolue. Si les moutons algériens résistent au virus originaire de France, ils sont Lués par le virus-prélevé sur les bovidés au cours des épizooties algériennes (Lhéritier, Fleury, Tribout). |
Les cobayes et les souris sont particulièrement sensibles: une seule bactéridie, injectée sous leur peau, amène fatalement la mort (W. Cheyne). Les lapins sont déjà plus résistants; on en voit qui survivent à l’inoculation, 1 sur 40 environ. L’immunité des rats blancs est assez variable : les animaux jeunes succombent facilement; les vieux résistent davantage el souvent l’inoculation ne détermine chez eux qu’une lésion locale.
Les bœufs et les veaux prennent le charbon spontanément; d'après la statistique allemande, ils seraient plus souvent atteints que les moutons; Mais ils sont peu sensibles à l’inoculation sous-cutanée. La commission d'Eure-et-Loir ayant inoculé 20 vaches, une seule succomba Pasteur en a. vu périr 2 sur 7. En Algérie, les bovidés sont plus résistants qu'en Europe, mais 1ls le sont moins que les moutons; aussi le charbon, dans ces contrées, ne fait-1l guère de victimes que parmi Le bovidés.
La résistance des chevaux est bien plus grande que celle des moutons; pourtant, en Russie, on a souvent observé des épizooties qui ont tué ces animaux par milliers.
Les chevreuils, les daims et les cerfs sont assez souvent atteints. Le charbon n'est pas rare chez les porcs. Il y a quelques années, il avait augmenté notablement en Allemagne, parce qu’on utilisait pour la nourriture de ces animaux des graines provenant de Russie et d'Amérique, des farines et des préparations d’origine animale insuffisamment stérilisées.
Tout le monde connaît l’immunité relative des carnassiers : très souvent les chiens, les chats, les renards ont impunément mangé la viande des amimaux charbonneux; mais leurs excréments, renfermant des bacilles pendant un certain temps (de 4 à 29 jours), peuvent servir à la propagation du mal (1).
Comme l’a montré Phisalix, les fauves des ménageries consomment sans inconvénient les viandes charbonneuses, mais contractent l'infection
1. KerCELLY. Contribution à l’étude de la propagation du charbon par le chien, Soc. de biologie, 4 juillet 1914.
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s'ils en mangent de trop grandes quantités ou s'ils sont déjà malades. L'immunité des chiens est encore moins solide; on peut leur communiquer le charbon quand ils sont jeunes ou quand on a recours à l’inoculation intra-veineuse; par ce dernier procédé, Toussaint a tué ? jeunes chiens: 4 chiens adultes, auxquels nous avons injecté dans les veines 1 demicentimètre cube de culture charbonneuse, ont succombé après un laps de temps qui a varié de 5 à © Jours. Le chat, considéré généralement comme plus sensible que le chien, nous a semblé, au contraire, plus résistant. Sur 2 animaux auxquels nous avons introduit dans les veines 1 centimètre cube d’une culture charbonneuse, capable de tuer le chien à dose moitié moindre, un seul a succombé au bout de 5 jours.
Parmi les autres animaux qui peuvent être atteints de charbon, nous signalerons le cerf, le daim, le chevreuil, et, en Asie, le chameau. On en a cité quelques cas chez des carnassiers sauvages, et, en Russie, on a observé le charbon chez les ours; la peau de ces animaux a pu transmettre l'infection à l’homme.
Les oiseaux, surtout les poules, ne contractent guère le charbon; pourtant on réussit assez souvent à tuer les moineaux et les pigeons, et on a cité un cas chez une autruche (Robertson). Les oiseaux carnassiers y sont réfractaires, mais peuvent servir à propager le mal. On a trouvé des bacilles virulents dans les excréments des vautours.
Les animaux à température variable, tortue, lézard, grenouille, possèdent aussi une immunité remarquable. D’après Fischel, les crapauds font exception à la règle : 22 animaux inoculés par cet expérimentateur, succombèrent tous. Mais Galli Valerio et Vourloud prétendent que les crapauds sont aussi résistants que les grenouilles.
OEmler a réussi à transmettre le charbon aux poissons, Sabrazes el Colombet à l'hippocampe.
Dans les conditions habituelles de leur existence, les limaces ingèrent impunément le bacille charbonneux, dont elles transportent et disséminent les spores. En les maintenant à une température de 32° on les rend sensibles à la maladie, au moins quand le virus est introduit dans la cavité générale (Lode).
La résistance des oiseaux, des batraciens et des reptiles a soulevé une question théorique assez intéressante. On a pensé que leur immunité tenait à leur température organique, trop élevée chez les uns, trop basse chez les autres. Cette idée sembla trouver une confirmation dans l'expérience célèbre de Pasteur qui réussit à abolir limmunité de la poule, en lui maintenant les pattes dans l’eau, de façon à abaisser sa température. Réciproquement, Gibier, en plaçant des grenouilles dans de l’eau à 35°, a vu ces animaux contracer la maladie. Ces expériences, dont l'intérêt est considérable, ne comportent peut-être pas la conclusion qu'on a voulu en tirer. Le pigeon et le moineau, dont la température organique ne diffère guère de celle de la poule, prennent assez facilement le charbon; d’un autre côté, les animaux à sang froid ont une température organique plus élevée que celle du milieu ambiant; or, du charbon, semé dans un bouillon qu'on laisse à la tempéra- Lure extérieure, pousse facilement, du moins pendant l'été. D'ailleurs, lim-
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munité de la grenouille n’est pas absolue : sur 27 grenouilles inoculées, OEmler en a vu périr 6. Il nous semble que le chauffage ou le, refroidissement prédispose au charbon, non pas tant en modifiant la température qu’en troublant l’état général des animaux et diminuant ainsi leur résistance à la bactéridie. Nous avons vu périr plusieurs grenouilles que nous avions soumises pendant 24 heures à une température de 50° et que nous avions inoculées après les avoir replacées dans l’aquarium.
Dans d’autres cas, l'élévation de la température organique peut créer des modifications qui augmentent la résistance. Jolyet et de Nabias ont constaté que les lapins, hyperthermisés par le séjour dans une étuve, supportent l'inoculation du virus charbonneux, tandis que les cobayes traités de la même facon succombent aussi rapidement que les témoins maintenus à la température ambiante.
Parmi les conditions qui prédisposent au charbon, nous citerons en première ligne l'influence de l’âge. Les êtres résistent d'autant moins qu'ils sont plus jeunes : ainsi, les chiens nouveau-nés sont plus sensibles que les cobayes adultes (Straus).
De même que pour les autres maladies infectieuses, toutes les causes qui affaiblissent l'individu diminuent sa résistance et augmentent la gravité de l'infection. C’est ce qu’on observe en soumettant les animaux au jeûne (Canalis et Morpurgo), en les privant d’eau (Pernisse et Alessi), en léur pratiquant des saignées abondantes (Serafini, Arloing, Rodet), en leur extirpant le pancréas (Canalis et Morpurgo), le rein (Pernice et Pollaci), la rate, au moins chez le chien (Bardach). La section des nerfs sensitifs se rendant au point inoculé précipite l’évolution de la maladie, tandis que la section du sympathique la retarde légèrement (Frenkel). On peut encore activer la marche de l’infection ou triompher de la résistance de certains animaux, en leur faisant prendre diverses substances toxiques, chloral, alcool. curare, antipyrine, phloridzine ou en les soumettant à l’inhalation de gaz délétères.
De toutes les causes adjuvantes, la plus importante est sans contredit le surmenage. Chez les bœufs la maladie sévit surtout pendant l'été, au retour des foires, à la suite des longues courses imposées à ces animaux. Solowieff a rapporté plusieurs faits semblables, recueillis chez l’homme et chez le cheval. Nous avons montré que le surmenage imposé aux rats blancs diminue notablement leur résistance : sur 13 rats inoculés et soumis à un exercice fatigant, 2 seulement résistèrent, tandis que sur 8 témoins laissés au Tee 6 survécurent.
Etiologie du charbon chez l'homme. — C'est au contact des animaux que l'homme contracte le plus souvent le charbon. Sans être aussi résistant que les carnassiers, l’homme n’est pas très sensible à l’inféction charbonneuse; aussi la bactéridie reste-t-elle, généralement, cantonnée au point d'inoculalion, déterminant une lésion locale, souvent curable, la pustule maligne.
Dans la plupart des cas, l'infection a été transmise par les moutons, plus rarement par les bœufs ou les chevaux; exceptionnellement, on a pu incriminer des animaux sauvages. Chaussier parle d’un lièvre. Thomassin l'aurait vue survenir à la suite d’une morsure de loup; ce fait, s'il est réel, rappelle
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les cas où dans les troupeaux, les chiens ont propagé, par les morsures qu'ils faisaient, l'infection à laquelle ils étaient eux-mêmes réfractaires.
Nous ne discuterons plus aujourd’hui la question de savoir si le charbon peut se transmettre de l’homme à l’homme : les faits de Thomassin, Hufeland, Maucourt, Raimbert l'ont depuis longtemps démontré. Nous rappellerons seulement pour mémoire que Bonnet et Basedow n’ont éprouvé aucun accident en s’inoculant de la sérosité de pustule maligne. La commission d’Eure-et-Loir, ainsi que Raimbert, a échoué également en voulant réinoculer des malades avec leur propre pustule. Ces faits négatifs ne tiennent pas devant quelques observations qui nous montrent que des garçons d’amphithéâtre ont pu s’infecter en recousant des cadavres d'individus charbonneux (Neydig, Frænkel et Orth).Jacobi a rapporté quatre observations où le charbon s'était développé à la suite d’injections sous-cutanées d’une solution arsenicale; l'aiguille de la seringue avait servi à traiter un malade atteint de cette infection. Il ne faut pas s'étonner, du reste, que le liquide de la pustule maligne ait été souvent inoffensif, la sérosité des vésicules qui entourent l’eschare centrale ne renferme que peu de bactéridies ; aussi son inoculation peut-elle rester négative, même chez le cobaye; il faut souvent mettre plusieurs animaux en expérience pour en voir périr un.
Portes d'entrée de l'infection charbonneuse. — Énaux et Chaussier ont pensé que la contagion peut s’opérer à travers le fégument intact; la matière virulente resterait sur les plis de la peau et traverserait lentement l’épiderme. La contamination se produirait surtout quand la peau est humide et légèrement macérée.
Le plus souvent l'infection se fait par une solution de continuité. Une . écorchure, une piqüre accidentelle, l'introduction sous la peau d’un petit fragment osseux, telles sont les causes les plus fréquentes de contamination. ù :
L'inoculation peut être produite par des matières fraîches, ne contenant pas de spores. C’est ce qui a lieu chez les hommes que leur profession met en rapport avec des animaux susceptibles de contracter le charbon; les bergers, les équarrisseurs, les maréchaux, les vétérinaires sont particulièrement atteints. On en a relaté aussi quelques cas chez des hommes adonnés aux études bactériologiques. Kaloff a rapporté sa propre observation; il s'était piqué le 21 octobre 1888, en faisant l’autopsie d’un lapin charbonneux, au laboratoire d'hygiène de Munich. Huber a relaté l’histoire d'un Jeune docteur qui succomba à une gastro-entérite charbonneuse, au cours de recherches poursuivies au laboratoire de Zurich.
On observe assez souvent le charbon chez les hommes, qui, aux halles, sont chargés de transporter les viandes : la pustule siège sur le cou, c'est-àdire sur les points où frotte le fardeau placé sur l'épaule; le nombre de ces cas a diminué depuis que ces hommes ont le soin de se garantir par un couvrenuque. Mais si le quartier de viande est volumineux, il peut glisser le long de la joue ét déterminer la contamination, comme nous l'avons observé dans un cas.
Plus rarement, le virus frais est transmis par morsure, les animaux qui contractent le charbon ne mordant guère. Nous avons rapporté plus haut le
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fait publié par Thomassin; nous pouvons citer encore une observation de Badaloni, où un porc infecta un homme.
La résistance des spores explique la fré équence de la pustule mation chez les ouvriers qui préparent les peaux, mégissiers et tanneurs; aussi la maladie sévissait-elle autrefois dans certains quartiers de Paris, particulièrement autour de la Bièvre, où se trouvent, comme on sait, un grand nombre de tanneries.
Aujourd'hui encore elle n’est pas absolument rare dans quelques villes, par exemple à Mazamet (Tarn), où se fait en grand le délainage des peaux de mouton; en sept ans, Cavaillé y a observé 64 cas de pustule maligne.
Même après le lannage, la virulence n'a pas toujours disparu; la maladie pourra frapper les selliers, les cordonniers, les pelletiers, les gantiers et les cardeurs de matelas, les fabricants de colle-forte. W. Koch (!) en a observé plusieurs cas dans l’armée russe, chez des soldats dans l'habillement desquels entraient des peaux de moutons.
Parmi les hommes que leur profession prédispose aux infections charbonneuses, nous signalerons encore les porteurs à la halle aux cuirs (Broca), les. ouvriers br le crin de.cheval de Buenos-Ayres ou de Chine, les ouvriers brossiers (Chauveau, Surmont et Arnould), les aplatisseurs de cornes de bœufs, qui débitent les cornes de bœufs d'Amérique pour en faire des baleines de corsets (Straus); dans un cas rapporté par Girode, l'infection fut transmise par une brosse à cheveux. Depuis la généralisation des vaccinations pastoriennes le charbon a beaucoup diminué en Europe; la plupart des cas qu'on observe aujourd’hui sont dus à des produits d'importation.
Seymour Jones conseille de faire tremper les peaux exotiques suspectes dans une solution d'acide formique à 9 pour 1000; le tissu gonfle et se laisse facilement pénétrer ensuite par le sublimé, qu'on fera agir pendant 24heures à la dose de 1 pour 5000.
L’inoculation sous-cutanée peut être produite d’une façon indirecte. Depuis longtemps on a admis la contamination par les mouches; ce fait, sur lequel ont beaucoup insisté Davaine et Raimbert, est réel : seulement, suivant la remarque de Mégnin (?), ce n’est pas la mouche vulgaire qui sert de véhicule; cet insecte ne va guère sur les corps inertes et ne pique pas l’homme; les mouches qui transmettent le charbon possèdent une trompe rigide et pénétrante (stomaxes, simulies, glossines); une d'elles, Stomoxys calcitrans, est assez commune à Paris pendant l’été. Rigabert cite encore un ixode de la classe des arachnides.
L'appareil respiratoire peut également servir de porte d'entrée au virus. C’est ce qu’on observe surtout en Angleterre, chez les trieurs de laine et, en Allemagne, chez les chiffonniers.
Pendant longtemps, la maladie des trieurs de laine (Woolsorter's disease) fut considérée comme un mal mystérieux, à localisations étranges ; il frappait les ouvriers travaillant les laines d’Asie et particulièrement les poils de chèvre alpaca et mohair, et les poils de chameau; l'infection était favorisée
1. Kocu. Milzbrand und Rauschbrand. Deutsche Chir. von Billroth und Liücke, 1886. 2. MÉGnIN. Du transport et de l’inoculation des virus charbonneux et autres par les mouches. Comptes rendus, 1874.
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par la présence, dans les ateliers, de poussières de chaux qui exercent sur les voies respiratoires une action nocive prédisposante. C'était surtout à Bradfort que la maladie faisait des ravages souvent considérables ; ainsi, de novembre 1879 à septembre 1880, on observa 9 cas de pustule maligne dont deux mortels et 25 cas de charbon interne dont 19 également suivis de mort. L'origine bactéridienne de la maladie, admise déjà par Eddison el par Bell, fut définitivement établie, en 1880, par la commission gouvernementale que dirigeaient Spear- et Greenfield. Aujourd'hui qu'on prend les précaulions voulues et qu'on a soin d’ébouillanter la laine, le fléau a considérablement diminué (!),
Sous le nom de maladie des chiffonniers (Hadernkrankheit) on a englobé diverses affections microbiennes, parmi lesquelles figure le charbon. Décrite en 1875 par Schlemmer, Klob, Heschl et Frisch, cette maladie est surtout fréquente à Vienne et s'observe sur les hommes maniant les chiffons et les papiers provenant de Russie et de Pologne.
De ces faits chiniques nous rapprocherons les recherches des auteurs qui ont étudié expérimentalement la pénétration du charbon par les voies respiratoires. Flugge et Wyssokowiez ont soutenu que la bactéridie ne passe pas quand il n'y a pas d’altération pulmonaire. Buchner(?) arriva à une tout autre conclusion; en injectant le virus directement dans la trachée ou en le faisant inhaler après l'avoir desséché et pulvérisé, il vit succomber la plupart des animaux en expérience, souris et cobayes. IT constata que les spores tuent les animaux sans déterminer d’allération pulmonaire; les bâtonnets produisent parfois une hépatisation rouge et, dans ce cas. l'animal résiste. Il semble que les bactéridies non sporulées meurent après avoir laissé échapper une substance 1rritante, tandis que les spores donnent des bacilles fermes et résistants; la lésion locale du poumon entraverail donc l'infection. Ces résultats, confirmés par Muskabluth et par Enderlen, ont été attaqués par Gramatschikoff (5), quiintroduisitles bacilles directement par la trachée ; les animaux, lapins et cobayes, survécurent ; au bout de #4 à 10 heures, les bacilles étaient dégénérés; ils avaient disparu au bout de 12 heures. Les faits contraires publiés par Buchner, devraient s'expliquer par une contamination des voies supérieures.
L'appareil respiratoire serait donc bien défendu contre l'infection. Il en est de même du tube digestif.
Souvent, en effet, l'ingestion de matière charbonneuse ne détermine aucun accident. IL y a sans doute bien des exceptions à cette règle et, dès le commencement du xix° siècle, Barthélemy avait vu succomber un cheval auquel il avait fait boire du sang charbonneux. C'est par l'ingestion de spores charbonneuses que les moutons s’infectent dans les champs maudits. Pasteur et Toussaint avaient pensé que le virus pénétrait par les excoriations que les animaux, en broutant, se faisaient dans la bouche et le pharynx:
1. S. LopGEe. La maladie des trieurs de laine. Arch. de Méd. expér., 1890.
2. BucunEr. Versuche über die Entstehung des Milzbrandes durch Einathmung. Nœgelis Untersuchungen über niedere Pilze, Munich, 1882. 3. GRAMATSCHIKOFF. Zur Frage über die Bedeutung der Lungen als Eingangspforte von Infectionkrankheiten. Hyg. Rundsch., 1894.
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