SR CU CHARBON
l’existence fréquente d'adénopathies rétro-pharyngiennes et sous-maxillaires donnait un certain poids à cette conception.
Koch, Gaffky et Léœffler, en opérant sur des moutons, reconnurent qu'avec de petites doses-d’éléments sporulés, on peut tuer quatre animaux sur dix; avec de hautes doses, tous succombent. Les altérations portent sur le quatrième estomac et l'intestin, particulièrement sur les plaques de Peyer et les follicules clos de l'intestin grêle. Les bœufs sont également très sensibles à l'infection par les voies digestives, tandis qu'ils résistent généralement à l’inoculation sous-cutanée. Au contraire les petits ronœeurs, lapins, cobayes, souris, peuvent le plus souvent ingérer sans inconvénient des cultures charbonneuses. Les résultats varient donc considérablement suivant les espèces animales,
La résistance à l'infection par le tube digestif fut attribuée à l’action des sucs qui s’y déversent et particulièrement du suc gastrique. Mais de nombreuses expériences, surtout celles de Falk et de Perroncito, établissent que les spores supportent, sans succomber, la sécrétion acide n l'estomac. D'après Hamburger, elles seraient encore vivantes au bout de 6 heures. Il est vrai que dans leurs expériences de digestion artificielle, Straus et Wurtz les ont vu périr en 530 minutes. En admettant ce chiffre, on doit se rappeler, suivant la remarque de ces expérimentateurs, qu'à l’état naturel, le suc gastrique est dilué par les aliments et les boissons et ne doit pas agir aussi énergiquement. Ce liquide n’en exerce pas moins une protection réelle; aussi conçoit-on que l'infection soit plus facile quand'on fait avaler le charbon à jeun, dans de l’eau ou du lait, que lorsqu'on le fait ingérer avec des aliments (Mac Fadyan). L
Tous ces faits conduisent à rechercher si les viandes charbonneuses sont dangereuses. D’après Johne, elles ne renfezment pas de spores; aussi leur virulence serait-elle rapidement détruite. Mais Schmidt-Mubhlheim a montré que Johne n'avait examiné que l’intérieur des viandes, tandis qu'à la surface, au contact de l'air, la sporulation est posinie Cette. remarque a une grande importance et permet d'affirmer qu'on doit absolument rejeter de la consommation les viandes charbonneuses. Il nous semble inutile de discuter plus longtemps l'opinion contraire, soutenue par Thomassin, Reynal, Colin, Decrois et Sanson. Du reste, comme le disait très justement Boutet, ces viandes doivent être proscrites, ne serail-ce que pour le danger auquel elles exposent ceux qui les manipulent. L'observation clinique vient aussi à l'appui de cette thèse; nous trouvons, dans la statistique allemande de 1887, que douze fois le charbon s’est développé par l’usage de viandes contaminées. Hutyra a rapporté 12 observations d'infections charbonneuses consécutives à l’ingestion de saucissons infectés.
La salaison, d’après Puech, détruirait la virulence. Les expériences de Forster et Freytag infirment cette conclusion; en semant le charbon sur de l’agar contenant un excès de sel, ces auteurs ont vu que, si les bâtonnets succombent en 24 heures,les spores persistent plusieurs mois.
La fumée de bois ne stérilise les viandes que d’une façon fort incomplète (Serafino et Ungaro). . < |
Il sera bon de se rappeler encore que le lait des animaux charbon
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peut contenir des bactéridies virulentes, comme l'ont établi les recherches de Chambrelent et Moussous(!). Karlinski a rapporté l’histoire d’un typhique qui succomba au charbon intestinal pour avoir été nourri avec du lait provénant d'une vache contaminée. En inoculant le charbon dans le conduit galactophore d'une chèvre en lactation, Nocard a vu le bacille se développer rapidement et infecter l'organisme; en répétant l'expérience sur une chèvre vaccinée, il a constaté que pendant plus d’un mois, le lait, de parfaite qualité en apparence, renfermait de grandes quantités de bactéridies virulentes.
Straus et Sanchez-Toledo(?) ont montré que l'injection du virus charbonneux dans l’utérus d’une femelle de cobaye, qui vient de mettre bas, ne détermine pas de troubles. Malgré la plaie, la muqueuse résiste à l'infection.
Les expérimentateurs ont encore injecté le virus dans la chambre antérieure de l'œil, où l’inoculation provoque une maladie rapidement mortelle, et dans la cornée, où elle détermine une kératite (Eberth) suivie parfois d'une infection générale (Straus). |
D’après Martinotti et Tedeschi (5), les animaux relativement réfractaires au charbon, comme le chien ou le rat blanc, succombent à cette infection quand linoculation est pratiquée dans les centres nerveux : les microbes s'y développent et y sécrètent des substances qui abolissent l’immunité. Si on prend le cerveau d’un animal ayant succombé au charbon, qu'on le broye avec de l’eau, et qu'on filtre le mélange sur une bougie de porcelaine, le liquide obtenu n’est pas toxique; mais, injeclé sous la peau des animaux, il abolit l’immunité et permet le développement de l'infection.