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TDR ER ON ET mers

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ltures ne réussissent pas toujours, car elles sont souvent envahies par des germes d'infections secondaires. L'inoculation aux animaux est peu pratique et d’ailleurs incertaine.

La méthode de l’agglutinement est infidèle, car le sérum de l’homme normal agglutine le bacille charbonneux. La recherche de la déviation du complément n’a pas donné de bons résultats. C’est donc à l'examen direct el à la culture qu'il faut le plus souvent avoir recours.

Lorsqu'on fait l’autopsie d’un homme ou d’un animal soupconné charbonneux, il est un procédé qui peut rendre service, surtout si l’on veut transporter dans un laboratoire éloigné les produits suspects : c’est de faire sporuler rapidement les bâtonnets. IT suffit d'imprégner de sang des baœueltes de plâtre humide, ou, si l’on n’en a pas à sa disposition, un simple fragment de pot à fleur, préalablement stérilisé.

Arcoli a fait connaître une méthode qui permet de reconnaître le charbon dans les organes putréfiés ou conservés depuis plusieurs mois dans l'alcool. Un fragment de Uissu est mis dans un tube qu'on maintient pendant quelques minutes dans de l’eau bouillante. Après refroidissement, on ajoute du sérum anticharbonneux. Au contact du tissu se produit un anneau caractéristique. La méthode, qui donne de bons résultats, exige seulement la préparation, assez difficile, d’un sérum précipitant.

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Comme dans beaucoup de maladies infectieuses, les cadavres des individus qui ont succombé au charbon se putréfient rapidement ; souvent, après la mort, des gaz se développent, qui infiltrent plus ou moins le tissu cellulaire sous-cutané.

A l’autopsie, on trouve diverses allérations,dont les unes sont constantes, les autres en rapport avec les formes morbides ou les localisations charbonneuses,. |

Le système veineux est lurgide; les organes sont fortement congestionnés. La rate est noire et diffluente ; son volume est considérablement accru chez les animaux; chez l'homme, l'hypertrophie peut faire défaut; elle est, en tout cas, bien moins marquée que chez les rongeurs.

Le sang est noir et poisseux. Il ne se coagule pas ou se coagule mal. Lorsqu'on en prend une goutte et qu’on l’examine au microscope, on constate que les globules rouges sont frangés et crénelés ; ils ne sont pas isolés ou réunis en pile, comme dans le sang normal; ils s’agglutinent en masses irrégulières, ainsi que l'avaient bien vu Rayer, Davaine, Pollender. L’hémoglobine, mise en liberté par suite de la destruction d'un grand nombre d'hématies, imbibe le plasma, les tissus, les séreuses et la tunique interne des vaisseaux. Ces différentes altérations sanguines, qui peuvent être reproduites en ajoutant à du sang normal le liquide obtenu en filtrant du sang charbonneux (Pasteur), sont attribuées à un ferment sécrété par la bactéridie.

L'examen microscopique montre que le nombre des leucocytes est consi-

G.-H. Rocer.

dérablement augmenté et fait voir, au milieu des éléments figurés du sang, une quantité plus ou moins grande de bâtonnets, facilement reconnaissables à leur forme et à leur réfringence.

Les analyses chimiques du sang ont établi que le glycose augmente dans des proportions notables (Roger) et, contrairement à ce qu'on aurait pu supposer, que la capacité respiratoire n’est pas modifiée.

Histologie de la pustule maligne. — Davaine, le premier, pratiqua l'exa-

men microscopique de deux pustules malignes; elles avaient été excisées l’une au deuxième, l’autre au troisième jour. En traitant les coupes par la potasse, Davaine reconnut que les bactéridies forment un feutrage compact qui, sous forme d'îlots, occupe la couche de Malpighi. |

Plus tard, Koch insista sur la coexistence d’autres microbes, siégeant dans les parties superficielles de la lésion et tendant à refouler les bactéridies vers la profondeur. Ce sont des agents pyogènes ou des saprophytes capables, dans quelques cas, de venir en aide à l'organisme et d’entraver le développement du charbon. Mais cette infection secondaire peut créer un nouveau danger èt amener tardivement la mort du sujet ; dans ce cas, on ne trouve la bactéridie ni dans la pustule, ni dans.le sang ou les viscères : on y découvre d’autres microbes et particulièrement des streptocoques.

Les recherches de Menétrier et Clunet (!) ont établi que la lésion essentelle de la pustule maligne est une hémorragie.à deux foyers principaux : l'un sous l’épiderme, l’autre sous le derme. Le sang se répand dans les points les moins résistants des tissus cutanés, décollant l'épiderme sur toute la surface de Ja lésion et séparant le derme de l'hypoderme, tandis que le derme lui-même, plus résistant, est relativement respecté.

Cette constatation, fort intéressante, permet de rapprocher la pustule maligne des diverses lésions hémorragiques que l’autopsie révèle dans les organes et les tissus.

Ce qui avait empêché les premiers observateurs de reconnaître la nature

du processus, c'est que les globules sont en partie hémolysés, en partie précipités sous forme de grains pigmentaires. Il faut employer une bonne.

technique pour retrouver le stroma globulaire, HURAUE seulement par un fin contour.

Les foyers hémorragiques semblent les aboutissants ‘4 la distension extrême des vaisseaux sanguins, surtout des capillaires, qu sont dilatés et, en certains points, sont obstrués par des caillots.

De nombreux leucocytes sont répandus dans la couche superficielle du derme autour des glandes ou des follicules pileux. Ge sont, pour la plupart, des polynucléaires, dont les noyaux sont souvent en picnose ou ont subi un morcellement complet de la chromatine. Chez les moins atteints, le protoplasma est bourré de pigment sanguin. Enfin, sur les parties périphériques, on peut suivre le développement des vésicules, qui sont dues à la fusion des vacuoles développées dans les cellules du corps muqueux.

Les bactéridies sont abondamment répandues sous l'épiderme et dans

4. MExETRIER et CLUNET. Étude bactériologique et anatomo-pathologique d’un cas mortel de charbon. Soc. méd. des Hôpitaux, 41 janvier 1907, p. 93.

3 bé, -

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l’épiderme ; elles sont encore nombreuses dans l’œdème périphérique, où elles affectent une forme filamenteuse.

La pustule était considérée, jusque dans ces derniers lemps, comme une lésion spéciale à l’homme. Ménétrier et Clunet ont réussi à la reproduire chez les animaux les plus sensibles au charbon, le cobaye ou la souris. Il suffit d'épiler à la pince la peau du dos et de déposer une parcelle d’une culture développée sur gélose. Trente à quarante heures plus tard, on voit une ecchymose qui devient noire, puis s’entoure d’un cercle œdémateux, recouvert parfois de vésicules. L'examen histologique révèle les mêmes lésions que chez l'homme et confirme la nature du processus, qui commence par une hémorragie pour aboutir à une escharification centrale.

Altérations viscérales. — Les altérations du tube digestif sont extrêmement fréquentes. Les parties supérieures sont généralement intactes ; les lésions portent sur l'estomac et l’intestin. Tantôt elles surviennent à la suite d’une pustule externe et, dans ce cas, leur nature avait été reconnue par les anciens observateurs (Fournier, Chaussier, Rayer); tantôt elles sont primitives et n’ont pas élé tout d’abord rattachées à leur véritable cause.

Wah! en 1861 et Recklinghausen en 1864, qui en donnèrent la première descripüon, y virent une affection particulière. Buhl en rapporta un cas en 1868, et, 5 ans plus tard, Waldeyer discuta l’origine charbonneuse de ces mycoses intestinales. C’est à Münch (de Moscou) que revient le mérite d’avoir établi définitivement leur véritable nature ; sur 28 sujets morts du charbon, 11 fois il trouva des lésions semblables à celles qu'avaient décrites Bubhl-et Waldeyer. À partir de ce moment, l’histoire du charbon intestinal s'enrichit de nombreux travaux parmi lesquels nous citerons ceux de Wagner, Leube et Müller, Albrecht, Bouisson (!). aYE”

L'estomac est rarement atteint, 1 fois sur 7, d’après Wagner. Les lésions sont d’ailleurs variables ; tantôt ce sont de simples ecchymoses, tantôt des éschares, tantôt des plaques saïllantes, rouge foncé, ecchymotiques, ou formées d’un centre noir entouré d’une zone hyperémiée et ecchymotique. Quelquefois, enfin, la muqueuse est infiltrée d’une sérosité tremblotante et gélatiniforme (Frænkel). D’après Cornil et Babes, l’épithélium tombe dans les régions ecchymotiques; les glandes tubulées sont dilatées, remplies de filaments très larges et entourées de cellules rondes, surtout abondantes dans les parties sous-jacentes. |

Dans l'intestin, les lésions sont semblables; elles occupent surtout l’intestin grêle, particulièrement la partie supérieure du Jéjunum, envahissant quelquefois le côlon, et siégeant de préférence au bord opposé à l'insertion du mésentère.

De même que dans l’estomac, on trouve tantôt des ecchymoses, tantôt des plaques gangreneuses, tantôt une infiltration gélatiniforme, pouvant envahir également le tissu cellulaire rétro-péritonéal.

Les lésions gangreneuses rappellent quelquefois l'aspect de la pustule maligne. Souvent les parties superficielles sont ulcérées. Quelquefois même le sphacèle s'étend en profondeur et peut amener une perforation, comme

4. Bouisson: Charbon intestinal chez l’homme. Arch. de méd. expér., 1889.

G.-H. Rocer.

dans une observation, déjà ancienne, de Gaujot. L'intestin est épaissi par places, présentant parfois de grandes plaques rouges qui peuvent avoir jusqu’à 20 centimètres de long (Bouisson); souvent les plaques de Peyer, au milieu de l'infiltration te paraissent déprimées.

Au microscope, on constate que l’épithélium est tombé; il ne persiste dans les glandes que sur quelques points et particulièrement au fond des culs-de-sac. Les villosités sont élargies; la muqueuse et la sous-muqueuse sont infiltrées d’un exsudat Sséro-purulent el sanguinolent; la musculeuse est altérée et dissociée par les extravasals; les capillaires sont gorgés de sang. Notons enfin que les parties superficielles sont infiltrées de microcoques.

Les ganglions mésentériques sont injectés, volumineux, d’un rouge noiïrâtre; ils sont remplis de parasites. Souvent les branches d’origine de la veine porte contiennent une quantité énorme de bactéridies.

Le péritoine est hyperémié ; par places il peut renfermer de la sérosité tremblotante. Dans un cas rapporté par Marchand, l'intestin paraissait sain, mais il existait une énorme infiltration œdémateuse et chyleuse du mésentère et:des tissus rétro-péritonéaux ; le péritoine contenait une certaine quantité de liquide chyliforme ; les gros vaisseaux lymphatiques et le canal thoracique renfermaient un liquide sanguinolo-purulent. Les bactéridies, fort nombreuses dans le système lymphatique, étaient assez rares dans le sang. [l s'agissait donc d’un cas de charbon dans lequel les spores ingérées avaient traversé la muqueuse intestinale sans déterminer d’altération appréciable et s'étaient développées dans le système lymphatique.

Lorsque l'infection s'est faite par les votes respiratoires, on trouve souvent des altérations de la muqueuse trachéo-bronchique. Le poumon peut être hépatisé et son tissu infiltré d'œdème. La plèvre peut contenir un ou deux litres de liquide (Eppinger). Mais les lésions sont généralement moins marquées : tout se borne à des ecchymoses et à des extravasats sanguins. Au microscope, on voit les espaces lymphatiques péri-vasculaires remplis de bactéridies ; l’épithélium de la muqueuse résiste d’abord, puis il est soulevé par l'infiltration sanguine, se nécrose et se détruit.

Dans quelques cas, l'appareil respiratoire paraît normal, aussi la porte d'entrée passe-t-elle facilement inaperçue. Par contre, les ganglions bronchiques sont altérés : ils sont tuméfiés, montrant sur les coupes de nombreux points hémorragiques ; on peut encore trouver une infiltration gélaüniforme du tissu cellulaire médiastin ou sous-pleural.

Comme dans la plupart des maladies infectieuses, on observe dans le charbon des hémorragies multiples. En dehors de celles que nous avons déjà fait connaître, nous signalerons la possibilité d'hémorragies cérébrales et méningées. Lucas a vu une hémorragie du noyau lenticulaire. Dans un cas, nous avons trouvé un vaste épanchement occupant toute la pie-mère encéphalique et une partie de la pie-mère spinale: le liquide renfermait d'innombrables bactéridies. H. Roger (de Marseille) a rapporté un cas. d'hémorragie surrénale; cette lésion pouvant expliquer certaines manifesta- Hons rattachées au callapsus cardiaque.

Sur la coupe de tous les tissus vasculaires, on observe généralement un

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très grand nombre de bactéridies. Elles sont abondantes, non dans les gros vaisseaux, mais dans les capillaires, surtout dans ceux du foie (fig. 7), de la rate et des reins; on en trouve aussi en grande quantité dans ceux du poumon, ce qui s'explique par leur avidité pour l'oxygène. Dans les capillaires, la plupart des bactéridies ont leur grand axe parallèle aux parois, c’est-à-dire qu'elles suivent la direction du courant sanguin.

D’après Pavone ('), les cellules hépatiques seraient fréquemment altérées (dégénérescence graisseuse, hyaline, foyers de nécrose), ainsi que les endothéliums des capillaires et des veines. Toutes ces cellules renfermeraient des bactéridies modifiées et de forme bizarre.

Bezançon a décrit dans la rate des foyers nécrotiques, les lymphocytes

‘des corpuscules de Malpighi tendant

à se transformer en leucocytes mononucléaires, dont plusieurs sont désintégrés.

Dans un cas à évolution assez lente, Cornil a trouvé une néphrite aiguë avec glomérulite et exsudats intracanaliculaires.

La moelle des os est le siège d’une abondante prolifération cellulaire, portant surtout sur les leucocytes mononucléés, dont plusieurs subissent diverses variétés de dégénéres- CeEnOEr Ce

Les ganglions lymphatiques de la région envahie sont volumineux, d'une coloration rouge brun, quelquefois tachetés d’ecchymoses et entourés d’une infiltration œdémateuse. Fig: 7- — Coupe du foie, dans l'infection

qe À k ER charbonneuse; disposition des bactéri- L'étude microscopique en a été faite dies suivant la direction du courant sanavec beaucoup de soin par Bezançon guin. — Gr. 70 D. et Labbé (5). Des bactéridies se voient , dans tous les ganglions ; elles sont surtout abondantes dans ceux qui correspondent au point d'entrée du virus. Ce caractèrè peut servir à retrouver la région où l'infection s’est produite.

Outre les lésions cellulaires que le microscope révèle, il se produit dans l'infection charbonneuse divers troubles qu’on peut mettre en évidence par l'analyse chimique.

En étudiant les hydrates de carbone, nous avons constaté que, pendant la

4. PAvoNE. Studio istologico e batteriologico del fegato nella infezione earbonchioso umana e sperimentale, accompagnata da nuove studi sulla morfologia del B. Anthracis. — Taranto. 1889.

2. RoGER et Josué. Des modifications de la moelle osseuse dans l'infection char- ER Soc. de biol., 17 juillet 1897.

. BEZANÇON et L ABBÉ. Étude sur le mode 1 réaction et le rôle des ganglions lymphatiques dans les infections expérimentales. Archives de médecine expérimentale.

G.-H. RoGEr.

période fébrile, le glycogène hépatique oscille dans des limites normales : le sang renferme un peu moins de sucre que chez les animaux sains, mais les différences sont légères; on trouve 0,7 à 1 gramme, au lieu de 1,95 à 1,50 pour 1000. A la deuxième période, quand apparaissent les symptômes graves et surtout quand l’hypothermie vient remplacer l’hyperthermie, tandis que le glycogène hépatique diminue et disparaît, le sucre augmente dans le sang et atteint 2,2 à 5 grammes pour 1000.

Ces résultats peuvent avoir un certain ‘intérêt; car, l’action du foie sur les poisons et les microbes variant parallèlement à sa richesse en glycogène, on voit que le rôle antitoxique et bactéricide dévolu à cet organe persiste jusqu’à une période avancée de l’infection charbonneuse.

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