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. diarrhée, fs

PHYSIOLOGIE PA THOLOGIQUE. Fasc. II. — 587

dans les ganglions correspondant au point inoculé et peut y rester vivante pendant 72 jours.

Réciproquement, en inoculant du charbon virulent à un animal peu

sensible, comme le rat, Ménétrier a vu les spores charbonneuses persister

dans l'organisme pendant deux mois.

L'inoculation des virus atténués a permis à Phisalix de créer un véritable

charbon chronique. Parmi les faits intéressants que l'étude de cette forme

nouvelle lui a révélés, nous signalerons le suivant : si on laisse jéûner pendant un jour les animaux qui ont reçu les virus affaiblis et qui paraissent bien portants, ou si on les soumet à l'influence du froid, leur résistance se trouve diminuée et ils succombent en 24 heures, soit à une infection du sang, soit, ce qui est plus rare, à une broncho-pneumonie charbonneuse. Phisalix a constaté encore que, par son séjour dans les ganglions Ivmphatiques, la bactéridie charbonneuse se modifie profondément; elle se fragmente et prend l'aspect de microcoques ; en même temps sa virulence diminue dans des proportions considérables. Un virus atlénué qui fait encore périr le cobaye en 48 heures ne luera plus les animaux de cetle espèce qu'au bout d’un temps fort long, quand il aura séjourné de 20 à 50 jours dans les ganglions Iymphatiques d’un lapin vivant.

Action des produits solubles. — Dans les cas où l'infection charbonneuse fait périr l'individu atteint, on ne trouve pas dans les viscères d’altérations capables d'expliquer la terminaison funeste ; on constate seulement Fenvahissement du système circulatoire par les bactéridies. Comment celles-ci amènent-elles la mort? On ne peut plus invoquer, avec Toussaint, une obstruction mécanique des capillaires. Fautl incriminer la soustraction de l'oxygène ou, comme l'avait pensé Bollinger, lexcès d'acide carbonique? Mais les expériences de Nencki ont démontré que, chez lanimal charbonneux, la puissance respiratoire du sang est normale. Reste la théorie de l’intoxication : Chauveau lui a donné un appui expérimental, en montrant que l'injection de 100 grammes de sang, provenant d’un mouton charbonneux, délermine chez un mouton algérien vacciné la mort rapide avec

On a cherché à préciser les caractères de la toxine el, comme toujours, on a commencé par chercher des alcaloïdes. Hoffa (‘) obtint une ptomaïne, d’ailleurs peu toxique, qui a été retrouvée par Sidney Martin et par Lando Landi. A la suite des travaux de Brieger et Frænkel, les recherches furent orientées dans une autre voie. S. Martin prépara une proto- et une deutéroalbumose, dont 085 tuaient une souris de 22 grammes. Mais Petermann déclare que l’anthrax-albumose n’est pas toxique et, d’un autre côté, Hankin et Werbrook soutiennent que, contrairement aux autres poisons microbiens, elle n’agit que sur les animaux réfractaires à l’infection.

Les travaux les plus récents tendent à démontrer que les poisons charbonneux rentrent dans le groupe des endo- et périloxines. Ces dernières ont été isolées par Boidin(?) au moyen du chloroforme et de l’éther. Marmier a

1. Horra. Ueber die Natur des Milzbrandgiftes. Wiesbaden, 1886. 9. Borpin. Recherches sur les poisons de la Bactéridie charbonneusé. Archives «de Méd. exp., 1905, p. 695.

G.-H. Roger.

AY

constaté la formation d’un poison endogène qui reste inclus dans le protoplasma bactérien si la culture est faite dans des conditions eugénésiques ; 1l diffuse dans le milieu si le microbe est placé dans des conditions défavorables. Injecté aux animaux, ce poison provoque de la fièvre, puis de la diarrhée, de l’hypothermie et entraîne la mort dans le collapsus. Le cobaye est beaucoup plus résistant que le lapin, résultat fortintéressant qui explique pourquoi le lapin est si sensible au charbon, malgré le haut pouvoir bactéricide de son sang.

Le protoplasma renferme encore une substance pyogène (Buchner) et, comme nous l’avons constaté, il y a une trentaine d’années(!), une matière vaccinante qui peut diffuser dans le milieu de culture. |

D'après Hankin la bactéridie sécrète une diastase transformant les albumines en albumoses. Celles-ci, à petite dose, confèrent l'immumité aux lapins et aux-souris, et, à haute dose, augmentent la réceptivité de’ces ammaux. |

Nous avons déjà dit qu'à l’'autopsie des hommes et des animaux ayant succombé au charbon, on constate un état laqué du sang, c'est-à-dire une dissolution des globules rouges. Cette altération est due à l’action d'une hémolysine qu'on obtient en abondance en pratiquant des cultures dans du bouillon additionné de 5 pour 100 de nutrose. Cette hémolysine est thermolabile: elle est neutralisée par la cholestérine. Elle agit énergiquement sur les globules rouges de l’homme et du lapin et, plus difficilement, sur ceux du cobaye et de la souris (Heyrovsky et Landsteiner).

Plusieurs expérimentateurs ont combattu l'infection charbonneuse en injectant simultanément un autre microbe (exp. de Emmerich, Pawlowski, Bouchard, W. Silberschmidt et E. Schoch), ou en introduisant un mélange de charbon et de lymphe vaccinale (Fürst). Aussi Baumgarten suppose-t-il que l’évolution favorable de la pustule maligne tient en parte à la présence de microbes pyogènes qui entravent la végétation de la bactéridie; on comprend ainsi pourquoi l’œdème malin est toujours plus grave. Cette

conception trouve un appui dans les expériences de Bergonzini (?) qui, en opérant sur des lapins, a reconnu que,les lésions produites par des inoculations sous-cutanées de staphylocoques entravent la pénétration de la bactéridie dans le sang et empêchent la généralisation de l'infection. I} faut remarquer cependant que, dans certains cas, l'association microbienne est défavorable. Parfois, en inoculant la bactéridie en même temps qu'un autre microbe, on obtient des résultats qui diffèrent suivant l'espèce amimale: c’est ainsi que les cultures stérilisées du B. prodigiosus entravent et empêchent le développement du charbon chez le lapin et le favorisent chez le cobaye (°).

On a pu aussi conférer l'immunité contre le charbon ou guérir la maladie, en inoculant au préalable un microbe vivant, comme le streptocoque de

1. Exp. rapportées dans le livre de Boucnarr. Thérapeutique des maladies infec- Ueuses. Paris, 1889, p. 131.

2. BERGONZINI. Contributo sperimentale allo studio dei mezzi che FOOT oppone all infezione. La Rassequa di Sc. med., 1890.

3. ROGER. Influence des produits solubles de B. prodigiosus sur l'infection charbonneuse. Soc. de biol., 18 mai 1895.

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l’'érysipèle (Emmerich), en se servant de matières solubles, cultures stérilisées du bacille de Friedländer (Buchner) ou toxines de la putréfaction (Kostjurin et Kraïnsky). Cependant d’après Silberchmidt et Schoch, le bacille de Friedlander n’a d'action que lorsqu'on en injecte une culture vivante; après stérilisation l'effet antagoniste est supprimé.

Il est intéressant de rapprocher de ces faits les recherches de Hüppe et Wood qui ont trouvé dans l'air et dans l’eau un saprophyte analogue au charbon, maïs n’ayant aucune action pathogène; ce microbe possédait pourtant la propriété de vacciner contre l'infection charbonneuse.

Passage de la bactéridie dans les sécrétions; transmission intra-placentaire. — Quand elles ont envahi l'organisme, les bactéridies passent dans la salive, le lait, la bile, la sueur, les matières fécales. Dans l'urine elles sont peu nombreuses, sauf en cas d’hémorragies rénales. Boccardi prétend même que, s'il n’est pas altéré, le rein constitue une barrière infranchissable ; après ligature des vaisseaux, des hémorragies se produisent qui permettent aux microbes de sortir du système vasculaire: mais le passage dans les tubes urinifères n'est possible que si leur paroi s’est rompue.

Ces faits nous amènent à chercher si l'agent du charbon traverse les vaisseaux du placenta et passe de la mère au fœtus. Les premiers expérimentateurs qui abordèrent ce problème, Brauell, Davaine, Bollinger n’obtinrent que des résultats négatifs, et regardèrent le placenta comme un filtre parfait (Loi de Brauell-Davaine).

En 1882, Straus et Chamberland publièrent quelques faits qui semblaient confirmer les observations! anciennes; mais continuant leurs études, ils reconnurent que, dans quelques cas, la transmission est possible. Si ce fait avait échappé à l’attention des premiers observateurs, c’est que les bacilles ne passent au fœtus qu'en nombre minime, aussi ne réussit-on pas à les déceler lorsqu'on pratique un simple examen microscopique ;: il faut avoir recours à la culture ou à l’inoculation, ensemencer ou inoculer de grandes quantités de sang ou de gros fragments d'organes. En opérant ainsi avec vingt-six fœtus, Straus et Chamberland (‘) démontrèrent chez quatorze la présence de bactéridies. Ils reconnurent, comme l'avait déjà noté Brauell, que les fœtus n’ont aucune altération et que le sang n'a pas l’aspect agglu- Uünatif qu'on observe chez les animaux charbonneux. :

Ces expériences eurent un grand retentissement el suscitèrent de nombreux travaux qui vinrent les confirmer ; tels sont ceux de Perroncito, de Koubassoff, de Birsh-Hirschfeld, de Latis, etc.

Il existe enfin quelques observations intéressantes, parce qu’elles ont été recueillies chez l’homme. Une des premières est due à Marchand (?) : une femme mourut du charbon peu d'heures après l'accouchement ; 4 ;ours plus tard l'enfant succomba à la même maladie: il y avait de nombreuses bactéridies dans le placenta et on trouva des ulcérations dans les villosités choriales. Pallauf rapporte un cas où l’on découvrit des bacilles dans le

1. STRAUS et CHAMBERLAND. Transmission de quelques maladies virulentes, en partieulier du charbon, de la mère au fœtus. Arch. de physiologie, 1883. 2. Marcnann. Ueber einen merkwürdige Fall von Milzbrand beï einer Schwangeren mit tôüdtlicher Infection des Kindés. Virchow’'s Archiv., Bd CIV, 1887.

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