Mlle DEcHaux, Presse Médicale, 24 février
PJ. Trissrer et M. Duvcrr.
Ces notions confirment l'opinion de Trousseau pour qui « de toutes les pyrexies exanthémateuses et contagieuses, la Scarlatine est celle dont les dangers peuvent être le moins prévus, celle qui trompe davantage le médecin dans ses prévisions ». C’est ce qu'exprimait aussi Duclos (de Tours) lorsqu'il écrivait : « Il est peu de maladies aiguës ayant causé autant de : déceptions, autant de douloureux imprévus; on y voit des morts survenant sans aucun signe prémonitoire et en dehors de toute explication. possible ». ù |
La pathogénie de ces accidents est comme celle de la malignité l’objet de controverses qui ne sont pas prêtes de s’éteindre : faute de renseignements anatomo-pathologiques précis, on en est réduit aux hypothèses. La plupart des auteurs y voient l’expression d’une toxémie extrêmement intense qui, suivant les cas, exerce son action sur les centres nerveux ou sur les centres vaso-moteurs; pour d’autres les accidents seraient de l’ordre de ceux que . l'on à signalés dans la Diphtérie et dont la cause paraît tenir soit à une myocardite, soit à des accidents bulbaires. Pour Gouget, il conviendrait de distinguer les cas initiaux où l’on ne peut guère songer qu'à une intoxication massive de tout le système nerveux central, des cas tardifs, pour lesquels il paraît logique de songer avec Roger, soit à une modification latente de l’état des cellules nerveuses, soit à des lésions du myocarde, soit encore à des lésions de surrénalite s’accompagnant d'insuffisance capsulaire. Une lésion de ce genre permettrait d'expliquer l’asthénie subite, la tachycardie, la petitesse du pouls et de la pression artérielle, la tendance au collapsus ou à la syncope, l'intensité des troubles digestifs ou des troubles nerveux. Cette hypothèse qué semblerait confirmer l’action parfois heureuse du traitement par l’adrénaline ou mieux par lextrait surrénal, ne repose guère Jusqu'ici sur une base anatomique précise. Malgré l'assertion de Loeper et Oppenheim que la Scarlatine, comme la Diphtérie, la fièvre Typhoïde et la Variole, agit de façon élective sur les surrénales, 11 semble bien qu'on ne trouve pas le plus ordinairement de lésions capsulaires importantes. |
III. — FORMES A PRÉDOMINANCES LÉSIONNELLES ET COMPLICATIONS DE LA SCARLATINE
A côté des formes malignes de la Scarlatine doivent prendre place les formes compliquées, distinctes des premières et qui s’affirment par des troubles ou lésions relevant d'une cause associée. C’est dire que toutes les prédominances lésionnelles ne sont pas des complications, bien qu'ier encore l'ignorance du virus scarlatin rende toute précision impossible.
Tous les tissus, tous les viscères de l’économie sont atteints aû cours de. la Scarlatine la plus régulière; certaines de ces atteintes peuvent présenter une intensité et une gravité spéciales et procèdent vraisemblablement du virus scarlatin. Bien qu'elles soient capables de mettre en danger la vie du scarlatineux, et puissent laisser à leur suite des reliquats lésionnels qui, la Scarlatine guérie, compromettront l'avenir du scarlatineux, ce ne sont pas à proprement parler des complications. Les complications vraies de la Scar-
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APPAREIL DIGESTIF. Fasc. II. — 11
latine répondent en réalité et surtout aux manifestalions déterminées par un germe microbien associé. Parmi ces germes d'infection seconde, le plus important de beaucoup est le streptocoque, que certains veulent encore considérer comme l'agent spécifique de la maladie.
Les complications peuvent survenir à toutes les périodes de la maladie : mais elles sont particulièrement fréquentes au début, à la phase d’invasion; plus tardivement à la phase post-éruptive ; ou encore en pleine convalescence, à la phase de décours, entre le 18° et le 25e jour.
On peut donc distinguer des complications précoces et des complications lardives, parmi lesquelles il existe, à un degré égal, des complications habituelles, ou exceptionnelles. Nous allons les passer en revue, appareil par appareil ou région par région, et nous commencerons par les complications les plus importantes et les plus fréquentes : les complications naso-pharyngées.